Idem. 20 août
les poursuivre, à l’application à l’Algérie des lois et décrets de la métropole relatifs aux logements insalubres 1, et à deux emprunts successifs conclus en 1860 et en 1862°. Les adjudications de terrains n’aboutissaient pas #. Ce fut une société de propriétaires et de commerçants israëlites qui ouvrit et construisit les rues adjacentes de la partie inférieure, entre la nouvelle voie et la rue de Chartres ‘. En 1864, on démolissait le « bazar d'Orléans » occupé par le commerce indigène 5. En 1870 seulement, la rue pouvait être considérée comme achevée. Si elle était signalée dans les guides comme digne
1. I s’agissait de la loi du 13 avril 1850 et surtout du décret du 26 mars 1852, dont l’application avait permis de percer le prolongement de la rue de Rivoli et le boulevard Sébastopol, à Paris, la rue Impériale à Lyon. (Arch. G. G. N°? 7. Séance du Conseil du Gouvernement du 12 septembre 1857). Le Conseil municipal d'Alger demanda l’extension des mesures prescrites aux villes d'Algérie (séance du 25 mars 1859). Elles visaient particulièrement les maisons mauresques converties en maisons européennes. Le décret du 26 août 1859 lui donna satisfaction. (Arch. G. G. N?7. Lettre du Directeur des Affaires d'Algérie au Préfet. 25 juillet 1860).
2. Arch. M., 26 novembre 1860. On accepte une proposition d'emprunt du Crédit foncier (1 million). Séance du 2 juin 1862. Un nouvel emprunt est décidé pour terminer les expropriations et ouvrir d’autres voies, telles que la rue Bruce prolongée et la rue Randon.
3. Idem. 11 juin 1863. On considéra comme une bonne fortune d’avoir vendu les terrains de l’immeuble Scala (au débouché de la rue sur la place de l’Évêché) au prix de 250 francs le mètre.
4. Idem. 10 janvier, 11 juin, 6 juillet 1863 et du 25 août 1864. Il s’agissait des rues Juba, du Lézard et Porte Neuve inférieure (Arch. G. G. N? 33).
5. Ch. Desprez, Alger naguère et maintenant. Alger, 1868, p. 249, où l’on trouve une description précise de ce curieux « souk » et de sa population. Il est signalé par les de Goncourt comme un des coins les plus pittoresques d'Alger (Pages retrouvées. Paris, 1886 où se trouvent des notes de voyage parues en 1852 dans l’Eclair).
d’être comparée aux plus belles rues des villes de France, elle ne répondit pas toutefois à la destination qu’on lui avait primitivement donnée. Elle fut négligée par les grands hôtels, elle n’attira pas les étrangers hiverneurs, et peu à peu le commerce indigène musulman et israëlite s’en empara 2. Elle a remplacé en définitive et d’une manière moins pittoresque les anciens bazars orientaux du vieil Alger de 1840, vantés et regrettés par les écrivains et les artistes.
La rue du Centre, projetée en 1845, fut exécutée avec moins de difficulté. Le plan en fut approuvé en 1856: ; elle devait « porter la salubrité et la vie » dans une partie de la ville privée d’air, et mettre en communication le futur Palais de Justice et la rampe Valée où s'élevait déjà la Prison civile. Dénommée rue Randon en 1861, pour honorer le Gouverneur et le Ministre qui avait à plusieurs reprises défendu les intérêts de la ville, qu'il aimait profondément 5, elle ne fut ouverte
1. Victor Bérard f{o. c.) n’hésite pas à déclarer que diverses constructions de la rue Napoléon «seraient qualifiés à Rome et à Florence du titre de palais. » Elle était destinée à devenir une des principales et des plus belles artères de la ville, au dire d’un rapporteur du Conseil municipal (Arch. M., 26 nov. 1860).
2. Edouard Dalles (Alger, Boujarik, Blida et leurs environs. Alger, 1879) constate que la rue de la Lyre est « la rue Israëlite par excellence, par ses habitants et ses magasins » (p. 37). Outre le bazar d'Orléans, les bazars Salomon et du Divan furent atteints par le percement de la nouvelle voie.
3. Arch. M., 29 juin 1860. Le Conseil de gouvernement avait cependant écarté ce projet de rue, comme trop dispendieux ; il est vrai qu’il envisageait le percement d’une voie dans la partie supérieure de la ville indigène (rue Montpensier) (Arch. G. G. N? 6. Séances du Conseil de gouvernement du 11 et du 13 juillet 1846).