‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 162 sur 465 · Voir p · texte numérisé non relu

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tifiée, dont l’enceinte devrait être continue et munie d’un front de mer, donna, dès 1840, à cette entreprise un caractère militaire. Si les services de la Guerre voulaient bien «concilier la défense militaire avec les intérêts du commerce et de la marine royale », ils se préoccupaient avant tout de créer une escarpe, des fossés et des ponts-levis, et considéraient comme une nécessité de défense et de police de « séparer la ville de l’enceinte d’un port ouvert au commerce de toutes les nations »1. On ne s’occupa d’ailleurs au début que des communications de la cité avec le nouveau port projeté, et l’on admit le principe de rampes et d’un escalier central amorcé à l’extrémité de l’ancien fossé Bab-Azoun?. En 1844, l’Administration civile et le Génie se mettaient d’accord sur le principe « d’une promenade formant rue militaire en arrière de l’enceinte du port d'Alger », depuis la place Royale jusqu’à la batterie 6 (ancien Fort Bab-Azounÿ. Le Ministre, adoptant

1. Arch. D. F., cart. 5. Mission de M. Raffeneau de Lisle, Procès-verbal de la conférence tenue à Alger le 25 septembre 1840. Le Conseil municipal protesta (Arch. M., 22 novembre 1851) contre le projet dressé par le Génie et approuvé par le Ministre, projet qui prévoyait sur le palier central du futur boulevard un mur s’élevant du parapet des rampes jusqu’à la hauteur du boulevard, muni de créneaux et longé par un chemin de ronde.

2. Idem., cart. 8. Mais le projet de l’ingénieur Bernard ayant réduit les dimensions du port et des quais, Poirel dut modifier le tracé des rampes. Or, comme le constatait et le prescrivait Charon, le 25 août 1843, ce tracé devait servir de base au projet de l’enceinte sur le port. On entrevoit ainsi toutes les complications que pouvait faire naître chaque correction apportée aux plans du nouveau port.

3. Arch. Nat., F80 814. Le Ministre au colonel commandant le Génie en Algérie. 30 janvier 1845. Il rappelle ses instructions de 1843 et de 18443 il accepte les propositions du maréchal de camp Morvan, chargé en 1844 de l’inspection générale des services du Génie en Algérie.

en 1845 les vues du Conseil d'administration, prescrivait qu’elle fût « assez vaste pour être plantée d’arbres », et qu’on aménageät sous le rempart (un aussi grand nombre de magasins voûtés que les intérêts de la défense le permettraient. » Comme les ressources du budget ne pourraient de longtemps subvenir aux frais de pareils travaux, on ferait appel à l’entreprise privée qui trouverait sa rémunération dans la concession à temps et la location de ces magasins !. Puis il se ravisa et décida que l’État construirait lui-même : les ressources paraissaient assurées ?. Il n’y avait, déclarait-il, aucun espoir de trouver des capitaux à Alger, on aurait tort enfin d’aliéner des locaux « indispensables aux services publics et notamment aux Douanes et à la Marine.» Il proclamait d’ailleurs l’urgence et pressait les divers services d’aboutir à un

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