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comme conséquence, un énorme travail d’escaliers et de voûtes remplacerait la batterie du Gouvernement et couvrirait l’origine de la rampe qui, depuis la domination turque, était la voie d’accès principale du port dans la ville. Quant à la rue du Rempart de la Marine, terminaison Nord-Est du boulevard, il faudrait la construire pour près de moitié en remblai et chercher les fondations à plus de 15 mètres de profondeur ; cette partie du front d'Alger serait d’ailleurs exécutée la dernière. On estimait que, décompte fait de la rue du Rempart du Sud, bordée en contrebas par les terrains adjacents aux bâtiments militaires du faubourg Bab-Azoun, où l’on n’imaginait pas de constructions privées, on gagnerait 17.036 mètres carrés livrables aux entreprises des particuliers, et que les voûtes fourniraient 48.051 mètres carrés de magasins s’ouvrant sur les quais! ; ces chiffres paraissaient énormes à l’époque. Ajoutons, pour terminer cette analyse rapide du projet, que tout le monde s’accordait à demander, pour la rue du Rempart Bab-Azoun, des constructions à arcades et des façades d’un type monumental ?.
Il fallut compter avec les lenteurs administratives pour que les plans définitifs fussent dressés, discutés et approuvés, et attendre près de dix ans pour que l’exécution en fût entreprise. Entre temps les divers services, auxquels vint s’ajouter
4. C’est le chiffre donné en 1865 par l'ingénieur en chef Lebiez (Arch. M., 18 mars 1867, où l’on discuta divers projets d'extension de la ville).
2. Arch. Nat. F80 814. Séance du Conseil d'administration du 15 mai 1846. Le conseiller Ballyet demandait des galeries de trois mètres de largeur et un modèle uniforme de façades. Dans la séance du 29 janvier 1848, il annonnonçait que l’architecte des Bâtiments civils avait dressé un projet de faça-
des pour la rue du Rempart.
la nouvelle municipalité d'Alger, eurent à se prononcer sur tous les détails, chacun apportant son esprit particulier. Il n’était plus question au Ministère de réaliser l’entreprise au moyen des ressources budgétaires. Enfin, à Paris, sinon à Alger, la question des fortifications et de l’enceinte en arrière du port apparaissait comme moins urgente, depuis que la politique impériale avait rapproché la France de l'Angleterre et assuré leur collaboration dans la guerre de Crimée t. En 1855 cependant, le général de Chabaud-Latour, commandant supérieur du Génie en Algérie, adressait au général Charon, président du Comité des fortifications, un long mémore et un important dossier ?, et réclamait l'achèvement de l’enceinte par la construction du boulevard projeté. Il allait même jusqu’à proposer l’entreprise directe par l’État, au moins de Ia partie Sud des travaux. Il lait en effet la question à celle de l’arsenal maritime dont 1l était un chaleureux partisan ; mais en même temps 1l faisait valoir l’utilté de la rue du Rempart pour les communications de la ville et celle des voûtes pour le eommerce « fort à l’étroit et très-gêné. »
Déjà d’ailleurs des propositions diverses étaient faites à la Ville et à l'État par des socitétés financières et des compagnies d'entrepreneurs. La banque Mirès et Compagnie de Paris, offrait de prêter à la Ville pour l'exécution de ses divers travaux la somme de 5 mullions ; le Conseil municipal acceptait et à son tour se déclarait prêt à verser à l’État 3 millions
1. Les cartons 14 et 15 des Arch. D. F. (1851-1852 et 1853-1854) ne renferment aucune pièce relative à la rue du Rempart.
2. Arch. D. F., cart. 16. Dossier adressé par le Général de brigade de Chabaud-Latour au Général Charon, Président du Comité des fortifications, 15 août 1855, avec plans.
comme part contributive, moyennant la concession des magasins voûtés !. Le Gouverneur Général Randon, tout en se déclarant favorable à la combinaison, se réservait cependant, dans l’espoir que des offres plus avantageuses seraient faites par la Compagnie des Messageries Impériales ?. Il est curieux de constater que dans le mémoire du 20 août 1858 « sur les besoins de la Ville »%, adressé par le Maire au Prince Napoléon, Ministre de l'Algérie, il n’est pas dit un mot du boulevard ; sans doute voulait-il signifier par ce silence que lentreprise était, à ses yeux, une affaire d’ordre militaire intéressant l’État encore plus que la Municipalité. Cependant le Conseil de la Ville manifestait une opinion contraire lorsque, le 7 mai 1859, il adopta en principe les propositions d’un entrepreneur, homme d’affaires bien connu à Alger, M. Sarlin 4 Celui-ci offrait un prêt d'environ 8 millions pour permettre à la Ville de construire le boulevard, de la porte de France (ou de la Marine) au fort Bab-Azoun, moyennant la concession des magasins voûtés pour 99 ans. La Ville se chargerait donc des travaux et demanderait à l’État la cession de 28.000 mètres carrés de terrains qu’il possédait en bordure du boulevard. Le rapporteur proposait que la nouvelle voie reçûüt le nom de « Cours de l’Impératrice ». Les édiles d'Alger avaient décidément pris à cœur la question. Le Maire
4. Arch. M., 24 avril 1855. La proposition écrite adressée au Gouverneur Général contient notamment ces mots : « Il paraîtrait que le manque de fonds a été la seule cause du retard qu’éprouve l’exécution de ce plan. »