‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 187 sur 465 · Idem., 10 juillet, 26 août 1856. Voir aussi 7 août · texte numérisé non relu

Idem., 10 juillet, 26 août 1856. Voir aussi 7 août

devenue la rue de Constantine, a elle aussi une longue histoire ; sa rivale, la rue d’Isly, l’a fait oublier. On hésite à lui donner sa largeur actuelle de 16 mètres et ses arcades; son nivellement et son alignement soulèvent des difficultés. Il faut faire disparaitre en effet des bâtiments militaires et construire un mur de soutènement à son origine ?. On ne l’imagine pas en outre comme une rue commerçante ?, et l’on y place une Gendarmerie et une caserne de Douanes, comme pour la condamner à rester une rue de faubourg‘. La construction du boulevard de l’Impératrice et l’abandon des réserves exagérées favorisèrent fort heureusement la création de tout un quartier nouveau, celui de

1. On discute en effet de 1862 à 1865 (Arch. M., 27 décembre 1865) (Arch. G. G., N°22 et 5) on se décide à en faire une rue à galeries en raison de « l’ardeur du soleil l’été et de l’abondance des pluies ».

2. La caserne du Caravansérail gêne en effet l’alignement. Le Génie estimait, en 4846, qu'il fallait même réserver autour de cette caserne « le terrain nécessaire pour le parc du Train logé en ville à proximité de l’administration centrale ». Arch. G. G. N? 22. Rapport sur le plan-projet d’alignement pour la ville d'Alger, 22 mars 1846. Sur les alignements et le nivellement, voir Arch. G. G. N?5. Nivellements projetés pour la rue de Constantine à Alger. Deux monuments avaient été successivement prévus à l’entrée de cette rue, le Palais Impérial et la gare du chemin de fer que l’on se décida en 1864 à placer sur les quais. Sur les décisions à prendre tous les services sont en désaccord. Les Ponts et Chaussées eux-mêmes se refusent à la faire classer dans la grande voirie.

3. Au Conseil municipal, on déclare que « le quartier est assez éloigné et peu recherché par les boutiques de luxe » (27 décembre 1865).

4. Sur la proposition de l’architecte des Bâtiments civils et malgré l’opposition de la Commission des alignements qui estime que l’on dépréciera «un des plus beaux quartiers de la ville » (Arch. G. G., L. ce.) Lettre du conseiller Président de la Commission des alignements au Directeur général chargé de l'administration du Département d’Alger, 5 juin 1862.

la rue de la Liberté et des rues perpendiculaires !, le mieux conçu, le mieux percé, le mieux aéré, et aussi le mieux bâti que l’on eût vu jusqu'alors à Alger. Les leçons du passé ne furent pas oubliées cette fois : on y traça des rues de 10 mètres de largeur ; la multiplication des constructions, les instances des propriétaires eurent raison de la lenteur proverbiale des divers services. C’est une des parties les mieux réussies de la ville moderne ?.

Le quartier qui lui faisait suite vers la porte de Constantine était encore, en 1880, purement militaire. Sans doute, dès 1870, il existait une rampe (rampe Bugeaud) du Palmier à la rue Tivoli et 14 voûtes s’ouvrant sur la rue de Constantine à. Mais le Génie détenait encore des terrains entre la rue d’Isly prolongée et cette dernière voie. C’est une des raisons qui expliquent les hésitations du Conseil municipal à prononcer le classement de la rampe Bugeaud prolongée jusqu’à la porte d’Isly 4. Et cependant, le quartier auquel cette rue était indis-

4. Arch. G. G. N? 22. Plan général à joindre au procès-verbal de la conférence du 17 novembre 1864.

2. Le plan d’alignement de ce quartier ne fut tout d’abord que partiel, pour permettre l’accès du nouvel Hôtel des Postes et du Trésor et le raccord du boulevard de l’Impératrice avec la rue de Constantine. On décida en 1866 de créer une rue de 20 mètres de largeur en bordure des magasins du Carmpement et de faire disparaître le marabout vénéré des Indigènes de Sidi Abd-el qader. Ce n’est qu’en 1878 que les alignements et le nivellement du reste du quartier furent entrepris pour répondre aux demandes des constructions. (Arch. M., 12 février, 23 novembre, 2, 6, 17 et 23 décembre 1878). Les propriétaires demandèrent de pouvoir élever des maisons de 20 mètres de hauteur avec un étage en retrait.

3. Arch. M., 11 août 1870, On y rejette le classement de la rue Bugeaud prolongée.

4. Idem., 19 janvier 1874 ; le 7 juin 1875, on se décide à revenir sur cette

pensable était un des plus susceptibles d’attirer les capitaux ; il ne fut créé que bien plus tard.

La région haute du quartier d’Isly est en revanche l’objet de nivellements, du moins dans sa partie Sud. On y construit de nombreux escaliers, on travaille à la percer jusqu’à la zône militaire !. Elle commence, vers 1875, à intéresser les propriétaires, en raison de sa situation pittoresque et de sa salubrité. C’est sur leurs instances que la Muncipalité se décide à ouvrir de nouvelles rues, telles que les rues Levacher, Dupuch et St-Augustin ?. C’est également l'initiative des particuliers qui a doté la haute ville moderne du quartier Gandillot % et de la cité Bisch #, édifiés d’ailleurs sans plan préconçu, sans ordre, avec une voirie improvisée et tellement défectueuse que la Ville, ménagère de ses ressources, hésita à en prendre possession.

Pendant que la ville d'Alger travaillait lentement à s’européaniser dans les limites de son ancienne enceinte, et plus péniblement encore à s’étendre jusqu'aux murs de la nou-

décision. Le 13 janvier 1876, on apprend que l’architecte de la Ville prépare un projet de voirie ; le 3 mars, on revient au déclassement de cette voie.

1. Idem., 4 août 1862, 25 août 1864, 7 août 1865, 20 novembre 1867 et 21 mars 1868. On abandonna le prolongement de la rue Mogador.

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