Idem., 15 décembre
6. Idem., 8 juin 1865. On constate cependant que le quartier de la cité Bugeaud acquiert chaque année plus d'importance. Les habitants sont obligés d’acheter l’eau à l’ancienne blanchisserie Kolb. On ne considère même pas comme utile la démolition des remparts du côté de Bab-el-Oued, qui «est pour ainsi dire sans issue » et dont les fortifications peuvent subsister «sans incon-
vénient ». (Arch. M., 13 septembre 1860).
nivellement de la cité Bugeaud est tout entier à refaire 1 ; dix ans après, on reconnaît que « l’insalubrité du faubourg n’est plus contestée par personne », et on se préoccupe d’y faire des égouts et de couvrir complètement l’Oued M’Kacel, véritable foyer d'infection ?. L’état de délaissement de Babel-Oued est tel que, en 1880, de nombreux habitants demandent au Gouverneur Général leur séparation de la commune d'Alger ÿ.
Ce faubourg est d’ailleurs réellement isolé, depuis la construction de la nouvelle enceinte, par des espaces presque déserts et des servitudes, en deçà comme au-delà de la nouvelle porte . On l’a séparé de l’ancien faubourg de la ville turque, qui, plus heureux que lui, a subi des transformations importantes. [l est vrai que, à part quelques maisons voisines de la vieille porte Bab-el-Oued et quelques constructions
1. Arch. M., 22 septembre 1863. En 1865 (10 avril) on parle de l’utilisation d’anciens cimetières israëlites, au bas de la cité Bugeaud, pour y faire des constructions, une église, un presbytère, une école. Quelques membres estiment en 1873 (17 novembre) que la création d’un marché sur ces terrains est «illusoire ».
2. Idem., 17 novembre 1873. On y apprend que le terrain se vend 10 francs le mètre.
3. Idem., 15 juin 1881. « Le faubourg, disent-ils dans leur pétition du 6 juin, est délaissé, sans viabilité ; les chemins et les rues sont des cloaques, l’éclairage est presque nul, les égouts sont à peine commencés, la police est insuffisante, et par dessus tout on manque d’eau potable ». Or, au recensement de 1876, on comptait 4.167 habitants. Le conseil rejeta la demande de séparation, mais pour des raisons purements politiques.
4. Arch. M., 16 février 1860. « Le faubourg Bab-el-Oued ne commence qu’à une distance considérable de la porte et cette solution de continuité sans ombrage et sans abri est le foyer d’une poussière absorbante qui dévore toute végétation ». L'état des lieux n’avait guère changé en 1880.
à l’origine de la rampe Valéet, les bâtiments qui couvrent une partie de ce quartier sont des édifices publics civils, comme le Lycée ?, ou militaires comme la caserne du Fort- Neuf et l’arsenal d’artillerie #. Les artistes déplorent cette métamorphose d’un des sites les plus originaux de la banlieue d’Alger, et la disparition de ses cimetières, de ses marabouts, de ses fontaines, de sa végétation sauvage “.
Les faubourgs de l’Agha et de Mustapha ont exercé une attraction bien supérieure à celle de Bab-el-Oued, attraction que l’on peut justement qualifier de « naturelle ». En 1881, leur population est plus que double de celle du faubourg du Nord, alors qu’en 1854, elle ne la dépassait que de peu ©. Ce n’est pas que l’on puisse déjà parler d’une nouvelle ville bien groupée et coordonnée ; 1l n’y a, à vrai dire, que des faubourgs que l’on distingue encore les uns des autres : lAgha, étroit et allongé le long de la route de Constantine jusqu’au Champ de manœuvre, Mustapha Inférieur qui le touche et le domine, Mustapha Supérieur, beaucoup plus éparpillé, avec quelques maisons en bordure de la route de Laghouat, mais surtout des jardins et des villas nichées dans la sombre
4. On constate en 1865 (Arch. M., 15 mai) que ce quartier a beaucoup perdu, par suite de la tendance de la population à se porter du côté de Mustapha et qu’il est « presque déshérité ». L'Empereur projetait de le ranimer.