Alph. Daudet (0. c., coll. Guillaume, p
4. Voir p. 534, note 3, 12.219 habitants contre 7.161 en 1872.
5. Mustapha avait été érigé en commune indépendante en 1835, puis rattaché de nouveau à Alger par une ordonnance de 1848, Au lendemain de cette réannexion, l’adjoint de ce faubourg déclarait dans le Conseil municipal (Arch. M., 28 mars 1848) que la population de Mustapha (5.200 habitants) et la divergence de ses intérêts justifiaient son ancienne autonomie. Le 13 août 1850, le vœu de séparation est renouvelé et un moment pris en considération (6 avril 1852). Les habitants de Mustapha reviennent à la charge (13 juillet 1852), mais en vain. On n’en parle plus jusqu’en 1865; mais alors leurs griefs se précisent. Alger n’aurait cherché à Mustapha que des recettes et n'aurait rien fait en échange. Le Conseil général repousse leur demande, le 14 février 1866, et le Conseil municipal applaudit à cette décision (9 avril).
police, livrés à l’insalubrité et à l’insécurité ; à quoi le Conseil de ville répondait qu’il avait établi à Mustapha un cimetière, un marché aux bestiaux, un abattoir, plusieurs fontaines, deux égouts et qu'il avait restauré une église et projeté une autre. Il est certain que, du moins dans ses débuts, la nouvelle commune de Mustapha n’eut pas à se plaindre de son autonomie. De 1871 à 1874, plus de 300 maisons y furent élevées !, quelques usines s’installèrent dans le quartier de l’Agha, Mustapha Inférieur se peupla de constructions ; la villa Clauzel et le Plateau Saulière, où l’on ne voyait guère, en 1868, que des terrains vagues et des chèvres ?, commencèrent à être allotis, le petit hameau du Pâté grandit entre la rue Michelet et l'Hôpital civil nouvellement créé, le petit village d’Isly se garnit de villas sur les pentes dominant l’ancien camp d’Isly, le quartier Julienne s’allongea en bordure du Champ de manœuvre et de la route de Kouba, et plus loin, à cheval sur l’oued Kniss se forma celui du Ruis-
4. Arch. M. M., 11 juin 1874 où fut lu un long rapport sur la situation de la commune en 1871 et sur l’œuvre de relèvement accomplie depuis lors. On trouvera également une description assez précise de Mustapha en 1871 dans un rapport lu au Conseil municipal en 1889 (Arch. M. M., 7 janvier 1889) par le Maire Kling. On y apprend qu’en 1871 la rue de la Liberté (rue Richelieu actuelle) et la rue Michelet n’étaient que « deux routes à travers champs ; quelques bâtiments épars composaient la villa Saulière ». Le hameau du Pâté «était né de la proximité du Camp des chasseurs et du commerce avec la garnison de ce camp. L’espace immense compris entre le Champ de manœuvre et le Ruisseau, limite de la commune, sauf de rares exceptions, telles que la villa Roux, la brasserie Kling, la brasserie Marschal, la maison Deyme, le restaurant des Platanes et quelques maisons de jardiniers, était à l’état de terrain vague ».
2. Ch. Desprez. (Alger naguère, etc., 0. c., p. 260) se plaint de cet abandon en 1868.
seau. Entre le Jardin d’Essai et le Champ de manœuvre le terrain était encore occupé en 1880, par les jardins marafchers des Mahonnais !.
Malheureusement les enquêtes poursuivies dès la naissance de la nouvelle commune révélaient un état de choses déplorable ; on manquait de tout, mais surtout d’argent. La ville d'Alger, mécontente de la séparation, contre laquelle elle ne cessait de protester, refusait de procéder à la liquidation des biens et des comptes, et réclamait la propriété de l’abattoir ?. Les rues avaient été ouvertes sans plan d’alignement arrêté d'avance, les propriétaires avaient construit sur leurs terrains € à l’aventure, sans aucune donnée de régularité ni d'ensemble » °. D’où une voirie absolument insuffisante, des
1. Édouard Dalles (0. c., p. 182 et suivantes) donne une description précise de toute cette région. Un projet avait été soumis au Conseil municipal en 1862 (Arch. M., 2 juin) pour la création d’une avenue « Malakoff » ou du « Hamma » qui devait traverser le futur quartier de Belcourt, du Champ de manœuvre au Jardin d’Essai, avec une voie de 30 mètres de large, dont 2 allées de 5 mètres et 2 contre-alllées de 3 mètres ; deux rues transversales auraient uni la route de Hussein-Dey et celle de Constantine (par Kouba). Le proposition émanait de propriétaires qui abandonnaient des terrains. La Ville refusa, n'ayant que 25.000 francs à consacrer à l’exécution.
2. Arch. M. 14 février 1871. Le Conseil adresse une première protestation à l’Assemblée Nationale contre le décret du 26 janvier né, selon lui, de préoccupations exclusivement politiques, Le 22 juillet, il la réitère et refuse de se faire représenter dans la commission de liquidation. Le 13 avril 4874, nouvelle protestation ; le 13 octobre, présentation aux autorités d’un vœu pour la réannexion, le Conseil général ayant reconnu «la connexité des intérêts » des deux communes que les constructions tendent de plus en plus à souder. Le 13 septembre 1878, le Conseil municipal unit dans un même vœu la réannexion de Mustapha et la démolition des fortifications du Sud. Il le renouvelle le 25 octobre.