‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 195 sur 465 · Voir p. 246 et note · texte numérisé non relu

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En 18541, le Ministre instituait une commission chargée d'étudier les alignements et les réserves sur les terrains contigus aux fortifications, à l’Agha, à Mustapha et à Bab-el- Oued. Il est hors de doute que cette décision précipita l’éclosion d’une série de projets relatifs aux faubourgs du Sud ?. Dès 1855 le Conseil municipal examinait une proposition tendant à constituer un nouveau quartier à l’Agha au moyen de conquêtes sur la mer ÿ. En 1856, le Ministre soumettait à l'examen de la commission un projet Roux, dont l’auteur, propriétaire de terrains près du Champ de manœuvre, envisageait la création à Mustapha Inférieur, d’une nouvelle cité dénommée « Louis-Napoléon »4. Cet examen fut ajourné jusqu’à l’achèvement du plan général de la ville et jusqu’à la décision à intervenir sur le tracé du chemin de fer d’Alger à Blida © ; on n’en trouve plus trace après 1857. Vers la même date surgissaient trois projets qui méritent une place spéciale

4. Arch. G. G. N°? 6. 2 avril 1855. Lettre du Gouverneur Général au généralcommandant supérieur du Génie. La commission fut créée le 14 janvier 1854,

2. Il y est fait allusion dans les mémoires qui accompagnent les projets Chassériau, Vigouroux et Caillat dont il est question ci-dessous.

3. C’est le projet Fiévée qui paraît avoir été écarté comme insuffisamment étudié (Arch. M., 18 mars 1867).

4. Arch. Nat. F80 813. Proposition Roux relative à la création d’un nouveau quartier à Mustapha Inférieur. Lettres du Ministre au Gouverneur Général du 30 septembre et 16 novembre 1856, du 14 août 1857. C’est peut-être à ce projet que se rapporte un plan sans date ni signature qui se trouve à la Bibliothèque Nationale (Départements des cartes, GeCC. 273). On y voit dessinée une véritable ville s’étendant jusqu’au Jardin d’Essai, en bordure, dans sa partie Ouest, d’un nouveau bassin de 45 hectares. Le Champ de manœuvre devient un quartier de villas, avec un temple protestant, détail qui révèle la destination spéciale de cette cité d’hivernage.

5. Idem. Lettre du Gouverneur Général au Ministre, 22 août 1857.

par leur ampleur et par la confiance que témoignaient les auteurs en l’avenir de notre cité. Ils supposaient tous en effet un développement important de la vie économique et du port d'Alger, dont ils envisageaient l’extension vers le Sud ; nous ne nous occuperons pour le moment que de la partie continentale. Les considérants exposés à l’appui de ces plans (projets Vigouroux et Caillat, Mac-Carthy et Genevay, Frédéric Chassériau) ! peuvent se résumer en ces trois idées maîtresses : 1l ne reste plus ou presque plus de terrains disponibles, à l’intérieur de l’enceinte, pour les constructions privées, et ceux qui ne sont pas occupés sont trop accidentés ; or Alger est appelé à prendre une extension considérable, par suite de son commerce et de l’accroissement de sa population ; 1l faut donc préparer une ville neuve, mieux percée que la ville actuelle, assise sur des espaces moins déclives et aménagée d’après un plan mieux coordonné ?.

1. Alger. Projet d’une nouvelle ville dressé et présenté le 20 janvier 1858 à Son Excellence M. le Maréchal Randon, Gouverneur Général de l’Algérie, par Vigouroux et Caillat. Plan au 1/10.000. Alger. (Bibl. Nat., cartes GeD. 4137). La notice se trouve au Département des imprimés (LK8 642). — Projet d’agrandissement de la ville d'Alger étudié et proposé par Mac-Carthy et Genevay, 1856-58, manuscrit (Bibl. Nat., cartes GeD. 4086) plan et notice, — Etude pour l’avant-projet d’une cité Napoléon-ville à établir sur la plage de Mustapha à Alger par Frédéric Chassériau, ex-directeur des Travaux publics de Marseille, Alger, 1858, notice et plan. Voir aussi Arch. G. G. N? 29 et 30,

2. Selon Vigouroux et Caillat, l’ancien Alger occupe 50 hect. 1/2 dont 18 dans la partie basse, où 15 sont construits ; la partie haute est pour ainsi dire interdite aux voies carrossables. La nouvelle ville a ajouté à la superficie d'Alger 105 hectares ; mais 50 sont réservés pour la défense, 26 sont occupés par des bâtiments militaires et domaniaux, et sur les 29 qui restent pour la construction privée, L4 sont aussi accidentés, sinon plus, que l’ancienne ville, Il n’y a pas plus de 2000 mètres de rues carrossables possibles. Il faut « cesser cette lutte du génie humain contre la nature ». Suivant Mac-Carthy et Gene-

Le projet Vigouroux et Caillat créait une ville neuve à Mustapha, sur une superficie de 322 hectares environ, dont 106 à prendre sur la mer, entre le fort Bab-Azoun et le Champ de manœuvre’. L'emplacement en était limité en longueur par les fortifications d'Alger d’une part et le Jardin d’Essai de l’autre, en profondeur par les quais du nouveau port et les coteaux de Mustapha ; la courbe de niveau de 50 mètres n’était atteinte que dans la partie Ouest, où elle correspondait à l'emplacement d’un grand boulevard de ceinture planté

vay, l’Alger actuel qu'ils appellent « l’ancienne ville », a une superficie de 178 hectares sur lesquels 1l reste pour les constructions civiles, après défalcation du domaine militaire et des « terrains où l’on ne peut rien installer », 80 hectares, qui sont entièrement occupés par un peuplement dont la densité est triple de celle de Paris. L’affirmation qu'aucun espace n’était plus disponible pouvait d’ailleurs être contestée. Fréd. Chassériau ne donne pas de chiffres, mais rappelle le processus suivant lequel la population européenne «resserrée d’abord dans des limites trop étroites, a pris en hauteur ce qui lui manquait en surface *, puis, après 1840, a occupé les terrains plans trèsréduits, et enfin a franchi la zone militaire en se portant vers la banlieue. Sur l’avenir d'Alger, Vigouroux et Caillat font ressortir l'importance du décret du 8 mars 1857, qui, en dotant l’Algérie de chemins de fer, va en assurer la prospérité. Selon Mac-Carthy et Genevay, « la ville d'Alger doit incontestablement voir sa population, dans un avenir très rapproché, passer de 54.000 âmes à 120.000 ». Il est indispensable de songer à son agrandissement, ajoutent les auteurs du plan. Fréd. Chassériau insiste sur la nécessité de prévoir, et sur les malfaçons qui ont doté la ville maure de maisons bâties sans goût et élevées à des hauteurs téméraires « constructions vicieuses aussi contraires à l'hygiène publique qu’à la sûreté des habitants ».

1. La notice donne les chiffres suivants : 322 hect. 10 a. 50 e. dont 106 hect. 75 a. 50 c. à prendre sur la mer. Sur le continent, 70 hectares 40 a. appartiennent à l’État, 144 hect. 95 a. 50 c. aux particuliers. Trois quartiers principaux seront construits : 19 entre le Champ de manœuvre et le Jardin d’Essai (70 hect. 64 a. 50 c. ) 20 entre le Champ de manœuvre et les coteaux (44 hect, 55 a.) 30 à l’Agha (28 hect. 76 a. 50 c.) Il y aura 26.580 mètres de rues, 4.7

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d'arbres, magnifique voie large de 40 mètres. Comme on le voit, toutes les parties planes du site de la baie de l’Agha étaient utilisées et même agrandies par des emprises sur la nappe d’eau, et, dans son ascension, la ville s’arrêtait au niveau qui est la limite inférieure des fortes pentes. Les auteurs calculaient que les particuliers disposeraient pour leurs constructions de plus de 110 hectares tandis que, dans l’Alger d’alors, ils ne pouvaient en occuper que 58. Une large part était faite à la voirie, qui ne couvrait pas moins de 117 hectares dont 46 consacrés à des places, le plan prévoyant des rues larges de 20 mètres et des boulevards de 40 mètres. Les quais du nouveau port absorbaient 36 hectares et le reste était occupé par des établissements militaires, religieux, civils, communaux et particuliers. La partie la plus élégante, la plus somptueuse même de la nouvelle ville, était le quartier s’élevant au-dessus de l’Agha. Au plus haut point, dominant le fond de la baie étaient installés le Palais Impérial et ses Jardins ?, flanqué à droite et à gauche, des bâtiments réservés aux services civils et militaires ; en dehors et plus au Nord, des terrains devaient être affectés aux hôpitaux à l’École de médecine 4, au Jardin botanique, au Musée et à la Bibliothèque 5. Tous les quartiers militaires abandonnaient

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