‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 196 sur 465 · On retrouve ici une des préoccupations du moment · texte numérisé non relu

On retrouve ici une des préoccupations du moment

3. Le transfert de l'Hôpital civil à Mustapha avait été décidé en 1852 (Arch. M., 25 juin) : mais le projet ne fut réalisé qu’en 1858.

4. Un décret du 4 août 1857 créait en effet à Alger une École secondaire de médecine et de pharmacie. Le Conseil municipal avait émis des vœux en faveur de cette institution, (Arch. M., 5 janvier 1850).

5. La Bibliothèque-Musée de la rue des Lotophages était menacée dès 1850 par le projet de la rue du Rempart du Nord.

le camp de Mustapha pour s'installer à côté et à l'Est du Champ de manœuvre. Conception regrettable, puisqu'elle maintenait une véritable ville militaire sur les emplacements qui, par leur nivellement, offraient assurément les conditions les plus favorables à la construction privée !. Il est vrai que l’on envisageait l'extension future de la nouvelle cité sur la plaine de Hussein-Dey, de manière à englober, avec le Jardin d’Essai, le plus beau des jardins publics que l’on püt rêver.

Le projet O. Mac Carthy et Genevay était une variante du plan Vigouroux-Caillat ; le cœur d’Alger se trouvait transporté sur les terre-pleins conquis entre le coude de la jetée Sud du port et le hameau Charles-Quint. Là s’élevaient tous les établissements principaux, l'Hôtel de Ville, la Cathédrale, la Bourse, les marchés. Les auteurs paraissaient avoir concentré leur nouvelle cité sur les espaces plans, que dominaient seuls le Palais Impérial, ses jardins et ses dépendances et la Bibliothèque-Musée ?.

Le projet de Frédéric Chassériau était celui d’un architecte doublé d’un artiste, désireux de réaliser l’hygiène, le confort et la beauté, par de larges percées, beaucoup de jardins et des fontaines, des constructions peu élevées # et dotées

1. On ne doit pas oublier que le projet était présenté à un Gouverneur Général militaire, le Maréchal Randon.

2. Aucune rue n’avait moins de 10 mètres de largeur, les principales atteignant 22 mètres. Le Palais Impérial et son pare couvraient 150.000 mètres carrés, l’Hôtel-de-Ville 6.000 mètres carrés, les marchés 14.400. Comme Vigouroux et Caillat, ils avaient prévu la reconstruction de la cathédrale.

3. L'auteur était hanté, comme plusieurs de ses contemporains, par la crainte des tremblements de terre. Les Maures se souvenaient encore de celui de Blida en 1825, et depuis notre occupation, Feydeau, en 1860, critiquait la hauteur exagérée des maisons d’Alger (0. c., p. 271).

de galeries, enfin par une harmonieuse distribution des rues, des places, des monuments et de la verdure sur le vaste amphithéâtre étagé du Jardin d’Essai au Fort Bab-Azoun. La voirie tenait une place importante, occupant 102 hectares environ sur 282, dont 72 seraient conquis sur la mer !. Les boulevards s’ouvraient de 32 mètres, les rues de 19 et de 14. Entre les 8 boulevards, les 30 rues et les 12 places, les maisons se groupaient autour de jardins ; 131 hectares leur étaient réservés. L’ensemble se distribuait de part et d’autre d’un rayon principal, un boulevard large de 45 mètres, dont 7 pour des galeries, ombragé de quatre rangées d’arbres, qui conduisait du Palais Impérial, de ses jardins et de son château d’eau, à la mer et au nouveau port. Le Champ de manœuvre disparaissait et le quartier militaire de Mustapha était transporté sur l’emplacement de Belcourt actuel, en bordure d’un hippodrome destiné aussi à servir de terrain d’exercices. « Que l'imagination, écrivait l’auteur, se représente cette ville bâtie en amphithéâtre en vue de la rade, dans le magnifique bassin formé par les collines de Mustapha, se développant de l’Agha au Jardin d’Essai, avec ses remparts de verdure, ses palais, ses édifices publics, ses rues abritées et ses eaux jaillissantes disparaissant pour se reproduire au milieu des bosquets de verdure en répandant partout la fraîcheur. » Cette conception était assurément très-large et très-artistique ; mais l’auteur, prodigue de l’espace, ne prévoyait que 60.000 habitants ?,

4. La notice donne les chiffres suivants : 111 hect. 50 pour les dégagements, 33 hect. 76 pour les places, 40 hect. 88 pour les boulevards, 28 hect. 61 pour les rues, 8 hect. 25 pour les quais, 39 hect. 50 pour les établissements publics et 131 hect. 50 pour les constructions privées.

2. En 1921, la population de Mustapha a dépassé ce chiffre (68.000 hab.).

auxquels il construisait du resté une cité enchanteresse, où la verdure aurait certainement tenu trop de place aux yeux des propriétaires de terrains. Chassériau songeait peut-être trop à l’effet à produire sur les étrangers !.

Ces trois projets reçurent un accueil favorable du public ; la presse en parla avec éloges ? ; mais les pouvoirs publics ne songèrent jamais à en réaliser la moindre partie. Le programme de 1845 et les discussions sur l’affectation à donner aux réserves absorbaient évidemment toute leur attention. En outre ils reposaient sur une conception trop hardie pour l’époque, celle d’un arrière-port ; enfin ils supposaient un afflux énorme de capitaux et des dépenses publiques hors de proportion avec la pauvreté des ressources affectées jusqu'alors aux œuvres d'urbanisme. Les auteurs n’apportaient d’ailleurs aucune solution du problème financier, et ce’était là évidemment le principal défaut de ces projets. Ils ne furent pas cependant inutiles, et d’abord par les leçons que l’on pouvait tirer de la lecture des notices et de l’examen des plans. L’un d’entre eux, celui de O. Mac-Carthy fut cependant repris et remanié dans la suite. En 1863, le Gouverneur Général

1. Il regrette dans sa notice que les étrangers quittent la ville pour s’en aller à Nice ou à Naples où ils trouvent le confort et l’agrément.

2. Surtout du projet Chassériau (Akhbar, 23 septembre 1858). La question d’une nouvelle ville à Mustapha était à l’ordre du jour depuis qu’on agitait celle des chemins de fer algériens (Akhbar, 1€ janvier et 2 mars 1858). Il semble bien qu’elle ait été oubliée en 1859 et que le projet de la rue du Rempart l’ait reléguée à l’arrière plan. On n’en parle plus dans la presse : seul de Baudicour parle des plans Vigouroux-Caillat et Chassériau en 1860.

3. Arch. M., 18 juin 1867. Le rapporteur en fit alors l'historique. En 1870 (23 juin), après l'enquête poursuivie auprès des autorités compétentes, le Conseil l’approuva de nouveau, malgré l’objection que l’exécution du plan

estima qu'il était « conçu en vue de besoins qui n’existent pas, écrivait-il, ou n’existeront pas d’ici à de longues années ». La Commission des alignements le rejeta. Il fut soumis par les auteurs à l'Empereur, en 1865. L’ingénieur en chef voulut bien reconnaître que les terrains manquaient dans Alger et que l’avenir commercial de la ville était au Sud du port ; mais ce fut la seule satisfaction donnée aux auteurs. En 1867 enfin, sous le nom de projet O. Mac-Carthy, Lebatteux et Compagnie, on le retrouve dans les délibérations du Conseil municipal qui voulut bien émettre un avis favorable, mais sous la réserve qu'il n’en résulterait aucune charge pour la Commune. On entendit à cette occasion un contradicteur exprimer une opinion bien commune alors entre les murs de l’enceinte d'Alger : la construction d’une nouvelle ville porterait « une atteinte sérieuse aux intérêts des habitants de l’ancienne ; les besoins d’avenir étaient plus ou moins problématiques », le développement de la prospérité, à l’intérieur de la province, serait lent ; Alger et son port actuel suffiraient d'ici longtemps. Il valait mieux s’occuper du quartier de la Préfecture déchu de sa première importance, malsain et mal habitét.

conçu en vue « d’une pure spéculation », avilirait le prix des terrains de la ville d’Alger. La guerre et la crise qui suivirent firent oublier ce projet, qui n’aurait d’ailleurs pas rencontré le même accueil après la séparation de Mustapha. 1. Idem. Les termes du rapport montrent que déjà ce quartier était complètement abandonné par la population aisée « à la population pauvre qui, disait-on, trouverait mieux sa place dans les quartiers libres de la haute ville ». Ce n’était pas chose récente ; car en 1851 (28 mai) le quartier Bab-el- Oued — et il s’agissait bien des parages de la rue du même nom — était mentionné comme « exclusivement fréquenté par les Espagnols et les Italiens ». Cependant en 1848 encore, des membres du Conseil municipal habitaient dans

Le Conseil de la Ville était vers la même époque sollicité par d’autres auteurs de projets, qui ceux-là concernaient la vieille ville. Le plan de Vigouroux et Caillat ne l’avait pas négligée ; il faut ajouter d’ailleurs que les créations prévues n'étaient guère heureuses et qu’elles avaient le suprême défaut de traverser la ville indigène dans tous les sens !. Plus modestes furent les propositions de l’entrepreneur Picon et de l’ingénieur civil J. de Redon. Tous les deux visaient le quartier de la Préfecture, dont l’insalubrité apparaissait comme un danger permanent, au lendemain de l’épidémie de 1865. Le premier se contentait d’y percer trois rues de 8 mètres, rayonnant de la petite place de la Préfecture ? ; l’autre modifiait tout le quartier d’une manière beaucoup plus sensible ?. Seul ce dernier projet, adopté le 3 juin 1870, donna lieu à une convention qui devint d’ailleurs caduque en

Il était d’ailleurs une autre préoccupation, déjà ancienne, qui orientait de plus en plus les esprits vers d’autres perspectives, et détournait peu à peu l'attention du centre de la ville pour la fixer sur la périphérie. Alger, comme la colonie toute entière, remise de la crise de 1871, reprenait sa marche en avant ; l'accroissement de sa population en était la preuve indiscutable. De 1860 à 1872, elle s'était maintenue dans les

les rues d'Orléans, de la Licorne, Bélisaire et Doria (séance d'installation du Conseil du 27 mars 1848).

4. On ÿ voyait une rue tracée derrière la cathédrale et le Palais d’hiver et trois autres au-dessus, une grande place avec une église au centre de la

Casbah.

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