‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 203 sur 465 · Idem, 2 et 9 octobre · texte numérisé non relu

Idem, 2 et 9 octobre

Tandis que l’on travaillait ainsi à relier la ville à toute sa banlieue, la question du déclassement des fortifications s’imposait de plus en plus aux édiles d'Alger, et, dans leur esprit, elle était forcément liée à celle de la réannexion de Mustapha ; car ils entendaient bien ne favoriser la liaison des deux villes que pour en rendre la fusion inévitable. À défaut et dans l’attente de cette solution, ils se préoccupaient d'obtenir de l’autorité militaire le plus de terrains possibles intra muros et de maintenir la population aisée dans les quartiers de la vieille ville en procédant à sa réfection.

Il y avait longtemps que le Conseil municipal d’Alger multipliait les vœux pour la suppression, au moins partielle, de l’enceinte. Déjà, en 1860 t il avait demandé l’abolition des servitudes militaires qui rendaient improductive une énorme superficie de 300 hectares et donnaient aux environs immédiats des murs « l’aspect d’un désert ». Dans l’adresse qu’il

f. Idem, 16 février 1860. Les trois zônes de servitudes s’étendaient en profondeur aux distances respectives de 250, 487 et 974 mètres ; en surface elles représentaient 77 hect. 50, 73, 47 et 150, 97. On se plaint dans le Conseil de n’apercevoir « à plusieurs centaines de mètres autour de la muraille... pas un arbre, pas une maison, pas un signe de végétation ». Ce reproche invite sans doute l’autorité militaire à multiplier les plantations. Elle avait d’ailleurs déjà depuis longtemps pris des mesures de conservation et d’extension (Arch. D. F., carte 7. Projets pour 1842. Apostille du chef du Génie, carte 15. Projets pour 1853-54. Mémoire du chef du Génie, cart. 16. Demande de crédits pour de nouvelles plantations, 16 mai 1857. « Celles entreprises depuis trois années ont parfaitement réussi ». Cart. 18. Projets pour 1861-62. Nouvelle demande de crédits). Dans cette œuvre de plantation se distingua particulièrement le futur général Farre, dont le nom figure déjà dans les archives du Génie en 1855, alors qu’il était capitaine attaché à la chefferie d’Alger. Il mulüplia sur les terrains militaires les plantations d’eucalyptus et de pins, quand il devint en 1874 commandant supérieur.

présenta à l'Empereur t, il invoquait l’exemple de Lille, du Hâvre et de Toulon. Il était d’ailleurs prêt à restreindre sa demande au côté Sud, celui de Mustapha. Le silence se fit sur cette question jusqu’à 1871, peut-être à cause des crises qui sévirent de 1864 à 1867, peut-être aussi parce qu’on attendait, après le voyage de Napoléon III en 1865 et la publication de sa lettre à Mac-Mahon?, des satisfactions qui d’ailleurs ne vinrent pas. Le 24 février 1871%, l’assemblée municipale d'Alger reprenait le vœu de 1860, mais d’une manière plus radicale, en demandant la démolition pure et simple de l’enceinte d’Alger, dans sa partie Sud. Bien que les arguments invoqués fussent parfaitement fondés — resserrement de la population dans l’enceinte, tendance de la ville à se développer du côté de Mustapha, déplacement du centre que les projets d’extension du port permettaient d’entrevoir — il semble que le Conseil ait cédé, en cette occasion, au désir de répondre au décret du 26 janvier qui venait de séparer la ville de son faubourg du Sud“. En tous cas, toutes les Municipalités qui se succédèrent depuis cette époque renouvelèrent ce vœu, en même temps qu’elles réclamaient

4. Arch. M., 13 septembre 1860. On sacrifiait d’ailleurs volontiers le côté de Bab-el-Oued, qui était, selon le Maire, « pour ainsi dire sans issue » et dont les fortifications pouvaient subsister « sans inconvénient ».

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