Idem, p
Quant aux ressources que les environs d’Alger pouvaient fournir pour le ravitaillement de la ville en vivres, elles devalent évidemment dépendre de l’activité des populations et de la mise en valeur du sol ; elles se sont révélées considérables, lorsque la colonisation européenne a débroussaillé le Sahel et asséché la Mitidja, substitué la culture au pacage et aménagé ses exploitations en vue de la meilleure utilisation du sol. La facilité et la sécurité des communications devaient être en outre les conditions indispensables d’un approvisionnement régulier et abondant, qui ferait appel, dans un rayon de plus en plus étendu, à toutes Les ressources que réclamerait une population nombreuse et de plus en plus exigeante. Ces conditions n’ont été réalisées complètement qu'après notre occupation 1.
1. Suivant les auteurs et suivant les époques, Alger, avant notre arrivée, apparaît comme une ville bien approvisionnée ou comme une ville menacée de la disette. Lanfreducci et Bosio (0. c., p. 539) déclarent en 1587 que «tout le pays environnant est rempli en abondance de ce qui est nécessaire à la nourriture humaine. » Or ils ajoutent que la ville est «pleine d’habitants et d'habitations comme un œuf » et lui donnent plus de 130.000 âmes. La campagne de Bab-el-Oued est, selon eux, « remplie de bœufs, d’ânes et de chameaux » (p. 541). Boutin (o. c.) estime que l’approvisionnement d’Alger en grains est précaire : en 1805, on a dû importer du blé de la mer Noire. En dehors des jardins du voisinage, les environs sont couverts de brousse. On peut y faire pâturer, mais il faudra emporter la paille et l’orge pour les chevaux. Quant aux disettes, elles sont la conséquence ordinaire de la mauvaise culture, de l’absence d’approvisionnements, des révoltes des tribus (Voir H. D. de Grammont. Histoire d'Alger sous la domination turque. Paris, 1887,