Ce fut en effet le Maire Bru qui fit aboutir le projet
2. On ne prit en effet aucune mesure pour en faire une véritable promenade et on laissa masquer les plus belles perspectives par les constructions les plus disparates et les plus médiocres.
3. Arch. M. M., 21 août 1893. Le Conseil s’associa à la protestation de M. Cherfils qui s’exprimait justement en ces termes : « Ce serait une faute d’aliéner une superficie de terrain d’une grande valeur, destinée avant peu à être couverte d'habitations, au profit d’un établissement militaire qui sera, comme tous les établissements militaires, un arrêt de mort pour le développement du quartier où il se trouve, et surtout pour Belcourt qui sera privé de voie de dégagement et restera séparé de Mustapha-Centre par une « rnuraille de Chine. Il est indéniable que l’obstination des services de la Guerre à maintenir ou à installer des établissements aux alentours immédiats du Champ de manœuvre a porté un sérieux préjudice aux quartiers qu’ils ont littéralement aveuglés. » (23 avril et 24 septembre 1898).
développement vers le Champ de manœuvre de Mustapha Inférieur t.
Si d’autres arguments n’avaient pas plaidé en faveur de la réannexion de Mustapha à Alger, il aurait suffi d’invoquer la situation financière de la commune suburbaine, et l’impossibilité pour elle de trouver les ressources qu’exigent les grandes entreprises d’édilité des cités modernes ?. Les deux villes, dont les Municipalités se rejetaient mutuellement l’une sur l’autre la responsabilité de cet état de choses, étaient, depuis 1871, en conflit perpétuel ÿ. Alger ne cessait pas de renouveler ses
4. Idem, 20 mai 1895). La Commune le réclamait depuis 1879 : elle avait offert à plusieurs reprises le transfert du Parc sur des terrains proches du Jardin d’Essai.
2. Les procès-verbaux du Conseil de Mustapha témoignent des réclamations incessantes de la population qui demande de l'éclairage, des trottoirs, des caniveaux, des fontaines, des égouts. (Voir particulièrement les années 1894, 1896, 1897). La Commune manque d’argent. Un rapport au Conseil du 7 mars 1885 constate la nécessité d’un emprunt de 750.000 francs. Le passif est de 1.158.453 francs et pour l’exercice courant, le budget est en déficit de 11.701 francs. On l’autorise (Arch. M. M., 7 janvier) à contracter un emprunt de 1.200.000 francs. Dans une lettre du 9 septembre 1895, le Préfet estime que la Ville de Mustapha est « dans l’impossibilité de faire face aux charges multiples qui grèvent son budget » (23 septembre ). La commission des travaux est obligée de reconnaître, en 1898 (20 juin) que les facultés financières de la Commune sont insuffisantes. Cette année même, la Chambre adopte un projet d'emprunt de 3 millions pour ses travaux d’édilité (21 novembre). À la veille de la réannexion de 1904, la situation n’était pas meilleure. Le 10 juillet 1902, on signalait dans le Conseil que 52 rues manquaient totalement ou partiellement de trottoirs.
3. À propos de l’abattoir et de ses revenus, de l’équarrissage, des eaux. Mustapha s’opposait à l’établissement de constructions légères sur les terrains du Champ de manœuvre livrés à la ville d'Alger qui ripostait en résiliant les baux de la commune ennemie sur ces terrains (Arch. M., 15 décembre 1893). Le Conseil d’Alger interdisait de construire sur cet emplacement
protestations, et ses vœux pour la réannexion étaient de plus en plus liés à la question des fortifications ; les candidats aux élections municipales n’avaient garde de les oublier dans leurs programmes !. Resserrée entre ses murs, la ville-mère se plaignait de n’avoir pas de banlieue; ses établissements hospitaliers, ses aqueducs, son abattoir, son équarrissage, son usine à gaz, ses Écoles Supérieures étaient situées sur le territoire de Mustapha. Le dérasement partiel des fortifications, donnant une plus-value aux immeubles voisins, cette commune serait la première à en profiter. Les conditions de la vie économique étaient les mêmes pour les deux villes ; une proportion considérable d'habitants de Mustapha étaient de par leurs occupations et l’origine de leurs ressources des « habitants naturels » d'Alger. Alger faisait vivre la voisine, lui abandonnait une partie de ses revenus légitimes, lui donnait son eau ; les projets d'extension du port et de déplacement de la gare profiteraient surtout à l’ancien faubourg ; quantité de questions d’édilité ne pourraient être résolues sans l’unité administrative ?. « La séparation des deux communes, disait en 1892 une voix autorisée, est une monstruosité, un non-sens géographique. Alger s’étend en effet dans la partie basse $ ». Musta-
pendant huit ans pour empêcher l’exode de la population vers Mustapha (17 novembre). Mustapha accusait Alger de déverser ses immondices sur son voisin (44 avril 1871 et 13 août 1884). À propos des eaux, il prétendait être exploité par Alger (8 mai 1883).