Arch. M., 11 avril
2. Arch. M., 11 avril 4890. Le rapport du Maire contient un historique de la question et l’ordre du jour voté résume les arguments d’Alger en vingt considérants.
3. Idem, 17 juin 1892. Il s’agit d’Edouard Cat, professeur à l’École Supérieure des Lettres.
pha ripostait en prétendant que son voisin voulait, par le rétablissement de l’association léonine du passé, l’exploiter, le charger de contributions et lui faire payer les frais du dérasement des fortifications . À deux reprises, des enquêtes prescrites par le Préfet furent favorables à la cause d’Alger, en 1891 ? et en 1894 3. Le Conseil général et le Conseil du Gouvernement étaient d'accord pour demander la réannexion ; mais le Conseil d'État et le Ministre de l'Intérieur ajournèrent la décision. La situation politique créée par les troubles antisémites con-
4. Idem, 30 janvier 1891 et 8 juillet 1898. On objecte que Mustapha est ruiné, obligé de quémander un emprunt de 3 millions, que cette commune a fait preuve de la pire imprévoyance pour sa voirie et son alimentation en eau. Indépendamment des textes déjà cités sur le dénuement dans lequel Mustapha accusait Alger de l’avoir laissé pendant 22 ans, de 1848 à 1871, on formerait un long dossier avec les protestations multipliées par le Conseil de cette commune contre les tentatives de réannexion : celles de 1874 (Arch. M. M., 11 juin : procès-verbal censuré par le Préfet, le 27 juin), de 1875 (idem, 2 décembre), de 1884 (13 août), 1885 (16 février et 16 avril), de 1890 (18 octobre), de 1891 (23 février et 10 octobre), de 1894 (9 avril, 28 mai, 27 août, 12 novembre), celle-ci appuyée par la démission et la réélection du Conseil, de 1896 (6 janvier), de 1897 (22 novembre) accompagnée d’un pourvoi au Conseil d’État, de 1898 (127 juillet), de 1901 (6 septembre), de 1903 (3 janvier) et enfin la dernière protestation, du 11 avril 1904, contre le décret de réannexion.
2. Idem, 11 août 1884, Le Conseil général avait alors voté contre la réannexion, de peur de sacrifier Mustapha à Alger. Le Gouverneur Général Tirman se rangea à cet avis (11 avril 1890), une enquête publique, du 18 janvier au 17 février 1891, aboutit à un avis favorable (16 février 1891). Le Conseik général appuya cette fois dans ce sens (24 avril), la Chambre de commerce également (26 octobre). Un pourvoi au Conseil d'État de la Commune de Mustapha fut rejeté (24 novembre 1893).
3. Idem, 19 janvier, 31 juillet, 16 novembre 1894, 11 avril et 24 juillet 1895. Avis favorable du Conseil général du 26 octobre 1894 (3 juillet, 22 août, 30 octobre 1896, 14 mai, 2 juillet, 5 novembre 1897),
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tribua à prolonger ce retard auquel devait mettre fin le décret Présidentiel du 10 avril 1904 prononçant la réunion des deux communes.
Les échecs successifs essuyés par la Municipalité d’Alger dans ses nombreuses démarches expliquent les caractères essentiels des projets d’extension et d’embellissement qui furent soumis à son examen, durant la période qui nous occupe. Car 1l se produisit alors toute une floraison de plans, analogue à celle qu’avait provoquée l'institution de la Commission de 1854. La nécessité de gagner du terrain à bâtir, sans dépasser les limites de la commune, d’arrêter l’exode de la population aisée vers Mustapha, de la retenir par des améliorations et des reconstructions opérées dans la vieille ville, par des conquêtes faites sur la mer, de maintenir envers et contre tout le centre de la vie et des affaires là où 1l était encore en 1880, enfin les belles perspectives offertes à la spéculation par l’abohtion des servitudes militaires et la vacance de nombreux terrains livrés à la Ville : telles furent les considérations qui inspirèrent la plupart de ces plans, et les circonstances qui firent naître, parmi les auteurs de projets, une émulation telle qu’on n’en avait pas encore vue. Il eût été évidemment désirable que le problème fût posé d’une manière plus large, et que la solution embrassât toute l’agglomération d’Alger-Mustapha. Sans doute, il ne pouvait plus être question désormais de créer de toutes pièces, comme on y songeait en 1860, une ville nouvelle sur un site où l’on en avait laissé grandir une, sans programme et par suite sans ordre et sans cohésion. Mais il était encore possible de remédier à cette situation vers 1880, époque à laquelle les espaces libres ne manquaient certes pas à Mustapha : la densité de ses constructions ne pouvait être raisonna-
blement comparée à celle d'Alger. Il ne serait venu à personne l’idée de mettre en parallèle, au point de vue des difficultés techniques et financières, l'ouverture d’une voirie confortable, coordonnée et esthétique à travers les quartiers de la ville du Sud, et l’éventration, pour ne pas dire la destruction, puis la réfection de toute une partie de l’ancienne. Pourquoi revenir en outre obstinément à l’erreur des hommes qui avaient conçu le plan d’alignement de 1846, à cette lutte inégale contre les destinées naturelles d'Alger, qui tournait à l’absurde, quand on prétendait s’enfermer dans de nouvelles murailles, au moment même où l’on travaillait à faire tomber les anciennes et quand on rêvait d’un plan d’extension d’une partie d’un tout, sans toucher au reste ? De là découlait cette solution tant de fois répétée, l'emprise sur la mer. On invitait la ville à s’en aller vers Bab-el-Oued ou vers la mer, au moment où l’on apercevait en toute évidence que le port projeté en 1848 et réalisé depuis ne suflirait plus dans un avenir très prochain. Ce port avait en effet à satisfaire à de nouvelles exigences : en 1886 commençaient réellement le mouvement des navires relâcheurs et les fructueuses opérations du charbonnage ! ; en 1892 triomphait d’une manière définitive l’idée qu’il ne pouvait se développer que d’un seul côté, celui du Sud ; à cette date était adopté le programme qui devait doter notre ville maritime de l’arrièreport de l’Agha ?. Dans ces conditions, comment séparer, dans n'importe quel plan d’agrandissement, dans n'importe quelle décision sur ce sujet, la ville dont la principale signification était d’être une place de commerce, du port qui était l'organe