‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 229 sur 465 · Voir p · texte numérisé non relu

Voir p

2. Dès 1858, la création de ce jardin était considérée comme une nécessité, le Jardin Marengo étant « la seule promenade publique d’Alger », et se trouvant « dans le plus déplorable état » (20 août. Mémoire du Maire à S. A. I. le Prince Napoléon).

3. H. Rivière. Le Jardin du Hamma et la Société Générale Algérienne. Paris, 1872 ; et G. Castet. Le Jardin d'essai du Hamma (Revue technique Nord-Africaine Etna, novembre 1927. Sur la création du jardin, voir le

T'abl. de la sit. 1839 (p. 92-95) et 1840 (p. 151).

«Société générale Algérienne » (Compagnie Algérienne actuelle). La convention du 11 décembre lui imposait de conserver « sa triple destination de promenade publique, de pépinière pour la production et la diffusion des végétaux indigènes, enfin de jardin scientifique et d’acclimatation pour les végétaux exotiques ». Après avoir songé un moment, en 1906, à le reprendre pour en confier la gestion à la Ville t, le Gouvernement Général décida, en 1914, d’en assurer de nouveau la charge et d’y faire des embellissements importants et coûteux ?. Ces projets ont été déjà en partie réalisés. On applaudira toujours à toutes les mesures qui tendront à conserver et à présenter sous ses plus beaux aspects ce jardin merveilleux qui n’a pas son pareil en Europe et que des visiteurs étrangers n’ont pu comparer qu'aux célèbres jardins de Buitenzorg et de Kandy, à Java et à Ceylan. La Ville n’eût pas supporté aisément une pareille charge ; plus modeste dans ses entreprises d’embellissement, elle n’en a pas moins créé, de 1896 à 1914, les petits squares de Montpensier, du Champ de manœuvre, de Nelson, de Bab-Azoun et le joli parc de Galland, jardin du Musée de Mustapha, qui couvre de verdure un site accidenté et particulièrement pittoresque.

Le soin, digne d’éloges, que nos édiles apportaient à semer et à planter de la verdure dans les divers quartiers d'Alger était lié, dans leur pensée, à une autre préoccupation : celle d'attirer et de retenir les étrangers, dont la faveur se portait décidément vers d’autres résidences. En 1908, un rapporteur du Conseil municipal, concluant à l’adoption du Jardin d’Essai

4. Arch. M., 30 mars 1906, 27 mars 1908, 27 octobre et 8 novembre 1941, 2. Décret du 5 juin 1914.

par la Ville, déclarait, avec quelque exagération d’ailleurs, que l’avenir de la cité était « lié à sa transformation en ville d’hivernage ! ». On escomptait alors un magnifique essor de la capitale africaine, et jamais elle n’avait inspiré une pareille foi en des destinées brillantes. Cependant personne ne pouvait contester que les hiverneurs se faisaient de plus en plus rares. On rappelait les temps, tout proches, entre 1880 et 1890, où de splendides villas mauresques, construites par eux sur les coteaux de Mustapha et d’El Biar, étaient le rendez-vous saisonnier d’une riche colonie anglaise ; on citait les générosités dont avaient profité ces communes. Or Nice et la côte d'Azur, et surtout Le Caire, Biskra dans le Sud Algérien, plus secs et plus ensoleillés, avaient maintenant leurs préférences ; les somptueuses demeures de la banlieue algéroise étaient de plus en plus déserteés par leurs propriétaires ou par leurs héritiers. On crut pouvoir les ramener vers Alger par l'attraction d’un casino. Opinion aventurée, tout juste acceptable pour la clientèle des hôtels de la « ville d’hiver », ainsi qu’on se plaisait à désigner Mustapha Supérieur ?. En 1897 un Comité d’hivernage, devenu depuis Syndicat d'initiative, avait été constitué à Alger ; la date est à retenir. Les projets se multiplièrent ;

Page 1