‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 230 sur 465 · Arch. M., 17 mars 1908 (Rapport Demontès · texte numérisé non relu

Arch. M., 17 mars 1908 (Rapport Demontès

2. Si les grandes villas de Mustapha et d'El Biar ont cessé de recevoir leurs hôtes d’autrefois, si l’hivernage continu a également diminué, du moins le nombre des passagers est toujours considérable et a certainement augmenté. La relâche à Alger des grands paquebots de tourisme, américains, anglais, allemands, français (depuis peu), et l’amélioration des conditions de circulation en Algérie permettent des voyages qui autrefois eussent été difficiles et très longs. Alger en profite évidemment, mais comme tête d'étapes.

3. Cette création fut annoncée officiellement au Conseil municipal d’Alger

le 19 mars 1897.

mais si les avis favorables et les adhésions de principe ne firent jamais défaut, le peu d'enthousiasme des Municipalités pour une participation financière et la rivalité d'Alger et de Mustapha en ajournèrent toujours l’exécution.

Cette dernière commune, particulièrement désignée cependant pour être le siège d’un établissement de ce genre, n’a reçu, jusqu’à la date de sa réannexion, que de très rares propositions ; de 1880 à 1904, on en compte à peine quatre !. Elles affluent au contraire à Alger : de 1880 à 1896, il y en a 7?; de 1897 à 19133, 28 projets ont été présentés au Conseil de

1. Arch. M. M., Propositions Trouette (23 juillet et 18 août 1890) ; Dupuy (casino de Fontaine Bleue) 24 novembre 1890, 23 mars 1891); Esprit (11 mai 1891) ; Samarcelli (29 mai 1902).

2. Arch. M. Propositions Caraman d’un casino à édifier au-dessus du boulevard du Centaure (11 décembre 1880) ; Desjardins (casino sur les terrains de l’Institut sanitaire Landowski (10 mai et 12 juillet 1880) ; de Redon (1884) ; Fumat (casino sur l’emplacement du fort Bab-Azoun) (13 octobre 1884) ; Faugier (casino sur le bastion central). Ce projet soulève les protestations des cafetiers du voisinage (5 octobre 1885) ; adopté cependant par le Conseil, il est rejeté sans discussion par le Génie (10 août 1886) ; Projet Seigle-Goujon-Mélé (casino au pare d’Isly (6 avril, 3 août 1894, 11 janvier 1895, 26 mars et 8 septembre 1897).

3. En 1897, le Conseil municipal décide d’ouvrir un concours, mais après avoir admis en principe que le casino sera construit au Pare d’Isly désormais affranchi des servitudes militaires (19 mars). Quatre projets sont présentés et renvoyés à leurs auteurs. L’un d’eux (projet Sartory) proposait assez judicieusement les terrains de l’Hôtel oriental, à Mustapha ; mais pour cette raison précisément, il était d'avance condamné (8 septembre). Il est assez étonnant que l’on se soit contenté de prendre acte d’une proposition de Casino et de Grand Hôtel émanant de la Compagnie Internationale des Grands Hôtels, alors qu’on se plaignait de ne pas trouver de garanties financières suffisantes (30 mai 1899) ; sans doute le projet favorisait-il Mustapha. En 1902, plusieurs propositions visant le boulevard de la République et même le Square (27 juin, 10, 16 et 31 octobre). En 1908, trois établissements

la Ville. Les auteurs de plans d’embellissement sont obligés d’en tenir compte. Eug. de Redon place le futur Casino à Bab-el-Oued, sur le bastion 23 prolongé par une emprise sur la mer ! ; la situation est vraiment excentrique et peu propre à attirer les hiverneurs, qui redoutent généralement l’exposition au Nord et à l'Ouest. Dans le projet Fumat ?, c’est le Fort Bab-Azoun qui en fournira l’emplacement. Il faut, en tous cas, pour avoir quelque chance de succès auprès du Conseil — et cela jusqu’à 1904, date de la réannexion de Mustapha — ne pas sortir des limites de la commune d’Alger. L’attraction offerte aux hiverneurs sera donc localisée en dehors de la « ville d’hiver », au-dessus du boulevard Gambetta par exemple, ou sur le boulevard de la République, ou sur le bastion central que domine le square Bresson, tout au plus au parc d’Isly, terrain neutre entre les deux communes parce qu’il fait partie de la zône militaire, excellent emplacement d’ailleurs. Depuis 1904, cet exclusivisme disparaît, ou cherche plutôt désormais une position centrale dans l’agglomération Alger-Mustapha, ce qui paraît assurément mieux justifiée. En même temps, la Municipalité poursuit le classement d'Alger comme station climatique:

de la ville obtiennent la concession des jeux ; 1l semble que dès lors l’opinion publique s’intéresse moins à la question du Casino. Cependant le Conseil fait appel au concours en 1910. Sur 18 projets présentés, deux seulement sont retenus (20 octobre 1911). La question est reposée en 1912 (19 avril). Elle sommeille ensuite pour ne se réveiller qu’en 1920, avec un vote de principe du Conseil (15 octobre). Un projet de convention est voté en 1921 (15 juillet) : mais le projet Baïlac présuppose la désaffectation des terrains de la Manutention. Quelques autres propositions ont été présentées depuis.

Page 1