‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 232 sur 465 · L SE · texte numérisé non relu

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tion du Climat de France et de la Poudrière du Frais Vallon, limite qui ne peut guère être franchie ; d’autre part, arrêtée dans son expansion sur le versant Sud par les anciennes carrières du Génie et les escarpements d'El Kettar, elle s’est portée du côté du Nord vers les pentes de la Bouzaréa qui se garnissent de maisonnettes entre la route de Sidi-ben-Nour et celle de Notre-Dame d’Afrique t.

Si l’on examine un plan de la ville d'Alger dans son état actuel?, on ne peut manquer d’être frappé par un des traits essentiels de sa configuration. La ville s’allonge le long de la mer, de St-Eugène à Hussein-Dey, sur huit kilomètres environ, et vers l’intérieur, si l’on ne considère que les agglomérations formées par les constructions particulières, le dessin accuse nettement trois festons triangulaires dont les pointes sont dirigées vers le Frais Vallon et l’oued M’Kacel, vers la tête du ravin des Sept Sources, vers le col de la Redoute. On dirait qu’une vague, déferlant sur la terre, a été arrêtée dans son mouvement de translation par deux obstacles, deux môles de résistance dont elle a débordé les ailes. Or c’est précisément là que se trouvent les terrains les plus spacieux du domaine militaire : un vaste triangle, dont la base est la ligne unissant les casemates de la rue Berthézène (sommet du boulevard Laferrière) à celles de la rampe Valée (sommet du boulevard Guillemin), et dont les côtés sont les fortifications de 1840 et leurs zônes de servitude ; à elles seules elles couvrent une superficie de 69 hectares ; l’autre obstacle est révélé sur le plan par des taches complètement blanches ou rayées

4. Ce sont principalement les lotissements Dazey et Baldetti. 2. Voir le plan du Service Géographique de l’Armée au 1 : 10.000.

par le dessin de bâtiments dont l’ordonnance régulière annonce quelque chose de militaire ou quelque établissement d’utilité publique. C’est le pâté des quartiers militaires et de l'hôpital civil, auquel font suite au Sud-Est les terrains du Champ de manœuvre. Ce sont là des emplacements de choix, à peu près équivalents en superficie à l’agglomération de Bab-el-Oued occupée par 25.000 habitants. En présence d’une pareille démonstration, comment ne pas concevoir la désaffectation de ce dernier lot comme une nécessité et le maintien de parapets, de fossés, de glacis et de servitudes à l’intérieur d’une ville qui a déjà crevé l’enceinte de ses murs, comme une pure absurdité !

Plus impérieusement que jamais devait s'imposer la question du domaine militaire ; elle est en bonne voie de solution. Reprise en 1920 et de nouveau soumise à l’examen du Conseil Supérieur de la Guerre, elle n’a cessé de préoccuper le Conseil municipal d’Alger!. L'institution d’un « Office municipal d'habitations à bon marché »? l’a déterminé à disjoindre de la discussion générale les terrains du Champ de manœuvre qui pouvaient offrir des ressources immédiatement utilisables. L'affaire est définitivement réglée : une convention passée le 2 mars 1926 et approuvée, le 12 juin, par les Ministres de la guerre et de l’Intérieur a livré à la Ville 16 hect. 07 a.

1. Arch. M., 15 octobre 1920, 9 août et 18 novembre 1921, 29 décembre

2. Idem. 30 janvier 1920. Cet office a déjà créé trois cités, dont deux à Babel-Oued (rue Mazagran, rue de Picardie) et une à Mustapha (chemin Bobillot), soit 295 logements. Il a d’autre part mis en adjudication la construction de la cité du Champ de manœuvre qui en comprendra 484 et préparé

une cité Sitgès de 150 appartements sur les terrains de l'O. M’Kacel ; une cité indigène va être construite en bordure du boulevard Valée,

Alger - Terrains et Servitudes Militaires en 1928.

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