‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 234 sur 465 · HERO AIME · texte numérisé non relu

HERO AIME

Dès lors aucun obstacle de la topographie — où à peu près aucun — n’a pu arrêter les constructeurs. Tous les ravins ont été plus ou moins comblés et masqués, toutes les aspérités du sol les plus gênantes ont été nivelées ; l’ascension des pentes s’est poursuivie sans arrêt, favorisée par l’ouverture des chemins qui devenaient bientôt des rues. Si le dessin de la zône périphérique est encore festonné, nous avons vu à quelles causes il faut l’attribuer. Mais dans un avenir plus ou moins proche, ces festons finiront par disparaître et l’amphithéâtre sera garni de constructions. Ainsi le développement en profondeur, que la topographie naturelle du site paraissait devoir contrarier, sera réalisé tout aussi bien que le développement en longueur qu’elle semblait devoir imposer. Ajoutons que l'altitude exerce, dans un pays africain, ou simplement méditerranéen, au bord d’une mer chaude, une influence attractive que l’on ne saurait négliger. Ce que l’on cherche de plus en plus, hors de nos grandes villes européennes, l'air et la lumière, plus faciles à trouver dans les banlieues que dans les agglomérations, on l’obtient, dans un site tel que celui d'Alger, en s’élevant au-dessus de la cuvette d’évaporation, surchauffée en été, que constituent la baie et la nappe d’eau du port. Kouba, El Biar, Bouzaréa sont des lieux de repos pour l’Algérois qui veut fuir, dans la saison chaude, l’atmosphère de bain maure du fond de la cuvette. Peut-être donc ne serait-il pas bien exact, en ce sens, d’aflirmer que la topographie du site d’Alger-Mustapha a perdu de plus en plus toute influence sur le développement des constructions de la ville : peut-être au contraire a-t-elle repris quelques droits qui tendent plutôt à s’afhirmer qu’à s’affaiblir.

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