‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 235 sur 465 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

En étudiant le mouvement de la population d’Alger, de 1830 à 1926, et l’histoire de la construction, on perçoit facilement combien a été rapide et presque subite la poussée de croissance qui, en quelques années et surtout depuis 1896, a couvert une partie de la ville-mère et ses anciens faubourgs de maisons et d’habitants. On ne peut nier que toutes les prévisions les plus optimistes furent dépassées par les faits ; la surprise, en pareil cas, devait avoir et a eu en effet plus d’une conséquence fâcheuse. Des besoins nouveaux et pressants se faisaient sentir chaque jour ; les vieux organes d’une ville modeste se révélaient insuflisants et difficiles à adapter à une grande cité. Par surcroît, Mustapha fut livré, en 1904, par le décret de réannexion, dans un état plutôt précaire, imposant des charges que ne compensait pas l’appoint de ses ressources budgétaires. Les édiles d'Alger se sont trouvés alors, il faut le reconnaître, en présence de problèmes multiples dont une solution d'ensemble, suffisant aux deux communes, n'avait pas été prévue. La précipitation des événements — construction et peuplement — la nécessité d’aller

au plus pressé et de satisfaire à des besoins immédiats, l’insuffisance des crédits, les a condamnés trop souvent à des improvisations, à des mesures de détail et de circonstance, auxquelles venait s’ajouter l’héritage d’un passé lourd d’erreurs et de réalisations mesquines. On ne pouvait guère, d’une part, songer à refaire de toutes pièces une ville telle que l’Alger de 1840. Il aurait fallu, d’autre part, préparer longuement et mûrement l’adaptation que commandait cette croissance inespérée. Or nous avons vu qu'il n’en fut pas ainsi. On s’en rendra compte encore mieux en étudiant les solutions apportées à trois problèmes essentiels de l’urbanisme : celui de l’alimentation en eau, celui des égouts et celui de la circulation.

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