L'ALIMENTATION EN EAU
La question de l’alimentation en eau potable devait être évidemment au premier rang des préoccupations de nos édiles. De fait, ils n’ont cessé d’y songer, de provoquer des études et des projets, de les discuter !. Mais, d’une part, pendant longtemps ils se sont contentés des petits moyens de fortune et des solutions pour ainsi dire annuelles. L’incertitude la plus grande régnait sur le parti à adopter pour donner une satisfaction définitive aux besoins de la population. La fatalité — c’est le terme par lequel on désigne trop
4. Arch. M., 23 février 1885. Un adjoint déclare que depuis 50 ans la question des eaux a toujours été à l’ordre du jour. En 1899 (23 juin) un rapporteur reproche aux Municipalités antérieures de n'avoir jamais procuré « des moyens de vivre qu’au jour le jour. »
souvent l’imprévoyance — a voulu que la date même de la première utilisation, bien timide, des ressources les plus sûres (1880), dût précisément marquer le début d’une période de croissance rapide et de peuplement massif d’Alger-Mustapha, Il était temps encore, dans les premièers années où ce mouvement se dessinait si nettement, de prendre une décision ferme et guidée par des vues à grande portée. Il n’en fut malheureusement pas ainsi. L’absence d'idées claires, la peur des solutions coûteuses, une conception fausse des véritables intérêts budgétaires, commune à l'Administration et aux corps élus, a retardé la solution d’un problème qui reste à l’ordre du jour, alors qu’il devrait être déjà classé dans les archives du passé. Aujourd’hui que l’on a toutefois — et enfin — adopté le parti Le plus sage, préconisé par les techniciens, les géologues et les ingénieurs les plus qualifiés, les besoins à satisfaire apparaissent énormes. Pendant que l’on tergiversait, la population ne cessait d'augmenter et ses exigences devenaient aussi plus grandes, par un heureux effet des progrès de l’hygiène domestique et urbaine. Ainsi s’explique que les améliorations réalisées à l’heure actuelle puissent être simplement envisagées comme une première étape d’un vaste programme.
Nous avons vu ! que trois régions plus ou moins voisines d'Alger peuvent concourir à son alimentation en eau : le Sahel par ses sources, la Mitidja par ses nappes jaillissantes, l'Atlas par ses oueds. Il n’est pas surprenant que, pendant les cinquante premières années, on ait recouru exclusivement à la première de ces ressources naturelles. On y était amené par l’exemple des Turcs qui avaient dû jadis pourvoir aux