‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 238 sur 465 · Voir p. 84, note · texte numérisé non relu

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celui de Birtraria, ravitaillé par les sources superficielles du Frais Vallon, qui entrait en ville un peu au-dessous de la porte Bab-el-Oued ; il ne fournissait d’ailleurs qu’une trèsfaible quantité d’eau et réclamait une réfection presque totale. En résumé la partie du Sahel toute voisine d’Alger avait donc seule pourvu jusqu'alors aux besoins de la cité.

Ce furent pendant plus de quarante ans les seules ressources dont disposa la ville. Il avait fallu dès le début exécuter les travaux les plus urgents. Les aqueducs étaient généralement en mauvais état, les conduites en poterie, même quand elles n'avaient pas été endommagées par nos troupes !, laissaient échapper beaucoup d’eau ou s’obstruaient partiellement, les eaux mêmes étaient troubles à la moindre pluie et presque toujours polluées. L’afflux de population qui se produisit entre 1840 et 1846, et sans doute aussi des raisons d’ordre militaire ? déterminèrent l’Admimistration à étudier et à entreprendre non plus de simples réparations, mais des réfections et des travaux neufs. Elle chargea en 1841 un savant distingué, Aimé, professeur au collège d’Alger et membre de la Commission scientifique d’Algérie créée en 1837, de

1. Comme ce fut le cas, pendant et après la marche de nos troupes sur le Fort l'Empereur (Gab. Esquer, 0. c., p. 440). On fut obligé dans la suite de prendre des mesures contre les déprédations de la population militaire et civile. Le 127 juillet 1835, une commission « pour la conservation des eaux » fut instituée (Moniteur Algérien, 11 juillet 1835).

2. En 1840, un rapport sur l’alimentation en eau de la Place d’Alger fut demandé au Génie (Arch. D. F., cart. 4, 6-18. Mémoire du capitaine Guyot- Duclos, 28 février 1840). L'auteur du mémoire fourni à cette occasion estimait à 720 mc le débit minimum par jour des aqueducs, et concluait à la nécessité d'entretenir les 400 citernes de la ville et d’en imposer l’établissement dans les maisons neuves.

procéder à des Jaugeages qui conduisirent aux constatations suivantes ! : à leur origine, les aqueducs débitaient un total de 2.310 mètres cubes par jour. 840 étaient utilisés ou se perdaient avant l’entrée des conduites dans la ville qui ne recevait ainsi que 1.470 mètres cubes ; avec la source dite « du Rempart », on arrivait à 1.510 mètres cubes. Il est vrai que les mesures avaient été prises en octobre, après la saison chaude. On calculait que la population pouvait disposer d’environ 37 litres par habitant et par jour. De 1840 à 1850 ?, on améliora l’aqueduc de l’Aïn Zeboudja, on élargit deux tunnels, on en perça trois nouveaux d’une longueur totale de 1.619 mètres cubes %. De nombreux réservoirs furent créés, on multiplia les fontaines, les abreuvoirs, on aménagea des lavoirs. A la

1. Tabl. de la sit., o. c., 1841, p. 129-131. Aimé donnait les évaluations suivantes :

A la source A l'entrée en ville Aqueduc du Hamma........ 1.080 mc. 550 mc.

— du Telemly. ....... 700 600 — d’Aïn-Zeboudja.... 430 250 = tHidetbirtrarat 17710 100 70 Source du Rempart......... &0 40 Hotale- 207 2.350 me. 1.510 me. par jour.

2. Tabl. de la sit., o. c., 1846-49, p. 346-349. On y trouvera le détail des travaux. Mais les chiffres donnés pour le débit des aqueducs paraissent fort exagérés. Le total, en 1849, est estimé à 5.100 mc. Or, en 1866, Ville évalue le débit maximum à 3.283, le minimum étant de 1620. Notice sur le régime des eaux potables de la ville d'Alger, 0. c.

(Voir aussi les Tabl. de la Sit. de 1850-52, de 1854-55, de 1859-61, de 1862).

3. Ville, o. c., p. 7. On dut modifier une partie du trajet, à la suite d’une série d’éboulements dans la partie haute de Mustapha (ancien consulat de Suède). L’un d’eux, survenu le 22 janvier 1845, coupa cet aqueduc et celui du Telemly (Moniteur Algérien, 25 janvier 1845).

fin de 1851, on avait déjà dépensé plus d’un million, crédit assez important pour l’époque ; on estimait d’ailleurs qu'il en fallait encore 1.750.000 pour achever l’œuvre entreprise et pour reconstruire complètement l’aqueduc du Hamma. On continuait d’autre part à utiliser l’eau suspecte des puits et des citernes dans les maisons de la haute ville ; un arrêté du Gouverneur Général avait même prescrit, dès 1836, Alger étant une place de guerre, que toute maison nouvelle devrait être pourvue de l’une ou de l’autre de ces réserves 1.

À peine les travaux de l’aqueduc d’Aïn Zeboudja, devenu le plus important, étaient-ils terminés qu'ils apparaissaient insuffisants. En 1855 en effet, on constatait au Conseil municipal qu’une partie considérable de l’eau déversée dans les conduites se perdait avant d’atteindre la ville, et que les habitants ne disposaient que de 1.687 mètres cubes, c’està-dire de 34 litres par jour ?. La question des eaux était au premier rang de celles que le Maire, en 1858, recommandait à la sollicitude du Prince Napoléon chargé du Ministère de l'Algérie % ; en 1859, le Conseil demandait la création d’un grand réservoir à la Casbah4#. On se décida à améliorer l’aqueduc du Telemly où furent effectués des travaux importants de 1859 à 1862 5. À cette dernière date, les services des Mines

1. Moniteur Algérien, 7 octobre 1836. Arrêté du 16 août 1836.

2. Arch. M., 21 juillet 1855. Le rapporteur de la commission des eaux estime à 4.074 me la quantité déversée dans les aqueducs. Il n’en arrive dans la ville que 2.245, dont une partie est absorbée par les administrations civiles et militaires ; les habitants n’ont à leur disposition que 1.687 mc.

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