‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 259 sur 465 · M. Maris, o. e . p · texte numérisé non relu

M. Maris, o. e . p

3. Le collecteur de Bab-Azoun débouchait en effet à l’enracinement de la jetée Sud de l’ancien port.

3. Renseignements fournis obligeamment par M. Poulain, chef du service des travaux communaux, d’après les dossiers relatifs aux inondations. Parmi les régions de la ville les plus souvent atteintes figure la partie la plus déprimée de la rue Sadi-Carnot, à l'Agha, où le moulin a été plusieurs fois inondé, notamment en 1905, 1908 et 1912. L’égoût débouchant dans larrière-port au-dessous de ce point est facilement engorgé, par suite du refoulement des eaux de la mer par gros temps du large.

pour effet à Mustapha de raviner les rues en pente dépourvues trop souvent de pavage ou de macadam, d’entraîner les terres jusque sur les grandes voies de la circulation, de les obstruer partiellement, d’engorger les égouts et de provoquer de la part des propriétaires des actions en dommages-intérêts contre la Ville. A la suite d’un orage survenu dans la nuit du 24 au 25 octobre 1908, sur un parcours de quelques mètres d’une des rues de Mustapha, la rue Berthézène, 1l fallait procéder à l’enlèvement de 721 mètres cubes de terres et de graviers apportés par les eaux de ruissellement.

Trois projets furent discutés en 19081, celui des services communaux, celui d'Eug. de Redon et celui de la Compagnie de salubrité de Levallois-Perret. Bien que le Conseil de la Ville reconnût la supériorité du premier, le second étant lié à l’exécution du vaste plan d’agrandissement et d’embellissement de l’auteur, et le dernier paraissant trop dispendieux, 1l décida de mettre la question au concours. Mais en 1910 il adopta, pour être soumis au Gouvernement général et à la la Chambre de commerce qui offraient leur participation financière, le projet de l’ingénieur de la ville Descamps ?, amendé selon les suggestions de la Commission extra-municipale. Les lignes principales étaient les suivantes. Du côté du Nord, au lieu d’une branche de grand collecteur passant

4. Arch. M., 27 novembre 1908. Le projet de la Compagnie de salubrité comportait un double réseau dont un réservé aux eaux usées aboutissait à quatre réservoirs d’où elles étaient refoulées par de puissantes machines jusqu’en pleine mer.

2. Idem, 8 avril 1910. La Chambre de commerce, eu égard à l’intérêt que ces travaux présentaient pour le port, offrait 500.000 francs. Le Gouvernement général offrait la participation de la Colonie pour 40 % de la dépense jusqu’à concurrence de 2.000.000 francs (19 mai 1911).

sous la rampe de l’Amirauté et l’ancien îlot de la Marine pour conduire les eaux de pluie et les eaux usagées en pleine mer, en dehors des jetées du port, on se contentait de reporter le débouché du collecteur existant à 75 mètres plus à l'Est du quai. Du coté du Sud, on créait un grand collecteur cheminant de la place du Gouvernement par la rue de Constantine, le boulevard Baudin et la rue Sadi-Carnot jusqu’au Ruisseau, et de là à la mer, avec une station de refoulement intermédiaire pour les eaux des quartiers situés entre la rue Sadi-Carnot et l’arrière-port débarrassé désormais des déjections de la ville. Enfin on installait un collecteur des crêtes recueillant les eaux, les sables, les moëllons, les branchages, tout le long du chemin du Telemly, depuis le ravin des Sept Sources jusqu'à celui des Sept Merveilles.

Devant les critiques formulées par les Ponts et Chaussées, le Conseil chargea Eug. de Redon d’élaborer un plan définitif qui vint en discussion le 22 décembre 19121. Trois collecteurs étaient prévus par l’auteur : 1° un collecteur Nord, du carrefour de l’Agha à l'O. MKacel sur 3.485 mètres provisoirement réduits à 2.514 ; 20 un collecteur Sud, de la même origine à PO. Kniss et à la mer, recueillant toutes les eaux de Mustapha, sur 4.357 mètres dont 3.942 en tranchée et 1.415 en galerie ; la construction exigeait le relèvement de la patie la plus déclive de la rue Sadi-Carnot, mais on évitait ainsi le refoulement par une usine ; 30 un collecteur des Crêtes, des Sept Merveilles au Champ de manœuvre par le Telemly, la rue Michelet supérieure et le chemin Yusuf sur 4.261 mètres. Le

1. Idem, 22 décembre 1912. La Chambre de commerce avait, le 29 novembre 1911, élevé jusqu’à 750.000 francs le montant de sa participation.

projet fut adopté par le Conseil, mais devant les objections du Génie et surtout des Ponts et Chaussées, on décida de s’en tenir à la construction du collecteur Nord!. L’exécution de ce travail n’a pas encore été réalisée et 1] manque encore à la ville d'Alger un des organes essentiels d’une grande cité.

Du moins des améliorations sensibles, sinon suffisantes, ont été apportées au réseau des égouts. On a créé notamment, à la tête des ravins de Mustapha, des chambres à sable qui recueillent les produits de la désagrégation des grès de la mollasse et les débiis végétaux susceptibles de boucher les conduites ; ce sable fin est d’ailleurs utilisé pour les travaux communaux. On a reconnu d’autre part, par des observations suivies, que les inondations se produisent presque uniquement à la suite de périodes de sécheresse, soit à la fin d’un printemps peu humide, en mai particulièrement, soit à la fin de l’été et au début de l’automne, en fin septembre ou en octobre. Les fossés et les caniveaux des chemins de Mustapha Supérieur sont alors encombrés d’herbes, de végétaux et de débris minéraux que des pluies torrentielles entraînent dans les égouts. Les grandes averses amenées par des vents de la partie ouest coïncident presque toujours avec un état agité de la mer, et la houle pénétrant, même dans l’arrière-port, refoule les eaux dans les canalisations. Le curage des fossés et le nettoyage des caniveaux avant l’époque prévue ont donné d’heureux résultats. Mais il n’en reste pas moins que le réseau hâtivement ou maladroitement établi à Mustapha, sans plan d’ensemble, sans coordination, et souvent par des rac- cords de sections différentes, exige des transformations, que

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