‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 303 sur 465 · Elle est cependant encore de 22%, soit 1.304 sur · texte numérisé non relu

Elle est cependant encore de 22%, soit 1.304 sur

3. Les Kabyles vivant en célibataires à Alger sont en effet nombreux. Ils forment généralement des petits groupes qui louent une chambre où ils s’entassent la nuit. La propriété étant extrêmement morcelée en Kabylie, beaucoup d’entre eux possèdent au pays natal un lopin de terre, quelques oliviers ou quelques figuiers. La récolte des figues détermine généralement un retour temporaire au pays. Les femmes Kabyles vivant en ménages ou seules trouvent de plus en plus à s’employer comme femmes de peine ou comme domestiques. Les enfants même recrutent en majeure partie la population, bien connue des Algérois, des « Yaouleds », cireurs, porteurs et marchands de journaux. Ceux-ci forment souvent de véritables associations dirigées par l’un d’eux qui tient la caisse et distribue une nourriture des plus frugales. La misère de ces pauvres êtres ne paraît d’ailleurs pas nuire à leur gaieté naturelle de gavroches ; beaucoup ne sont pas, au demeurant,

LES ÉLÉMENTS DE LA POPULATION Sin À

Parmi les anciennes corporations des Berranis figuraient, du temps des Tures, les Biskris, porteurs d’eau et portefaix 1. Ils n’ont pas cessé d’émigrer vers la capitale, où leur nombre dépasse aujourd’hui sensiblement les chiffres les plus élevés que fournissent les recensements de 1830 à 18552. Il faut d’ailleurs entendre par cette dénomination non pas tant des natifs de Biskra même, qui sont fort peu nombreux, que des immigrants originaires des oasis des Zibans, surtout des Ouled Djellal et de Sidi Khaled. En 1923, on en comptait 1.667 au total #, et sans doute ce chiffre est-il un peu au dessous de la réalité. La plupart (1572) exerçaient les métiers traditionnels de journaliers et de portefaix. Il est à remarquer que cet élément est aussi très-mobile ; le plus grand nombre d’entre eux ne vit pas en ménages 4 On les trouve

des enfants abandonnés, au sens propre du mot, mais bien plutôt des auxiliaires qui apportent leur contribution journalière au budget familial ; ceuxlà s’élèvent peu à peu dans la hiérarchie du travail, sans apprentissage et par le seul concours de leur intelligence et de leurs facultés d'adaptation.

2. Voir p. 513 et note 1. Le chiffre le plus élevé est celui de 1855 ; on en compte alors 1.187.

3. M. le commandant Gautier, alors chef du Service des Affaires indigènes militaires du Gouvernement général a bien voulu nous fournir des renseignements précis émanant de l’annexe de Biskra et du poste des Ouled Djellal. À cette date, 844 appartenaient à la tribu des Zibans et des Arab Cheraga (Oasis d'El Bordj : 162, de Tolga : 114, de Lioua Sahira : 98, de Farfar : 96 de Bouchagroun : 82, de Lichana : 79, de Sidi Okba : 52, et d’autres). De la commune de plein exercice de Biskra on n’en comptait que 12. En revanche les Ouled Djellal figuraient pour 625 et Sidi Khaled pour 186. Parmi les professions, on notait 29 marchands de fleurs, 23 cafetiers et gargotiers, quelques menuisiers, tailleurs, ferblantiers et trois chauffeurs. Les journaliers — la majorité — travaillent principalement sur les quais.

4. Les feuilles individuelles de recensement en font foi. Il en est du reste

cantonnés d’une manière assez nette dans la partie basse de l’ancienne ville turque (1®7 et 3 arrondissements) où ils logent souvent par petits groupes constitués d’après leurs oasis d’origine.

Les Laghouatis, au nombre de 81 en 1838, et qui ont atteint en 1855 le chiffre de 887 !, ne sont plus à Alger qu’une infime minorité. On est tenté d'attribuer cette diminution à deux causes : leurs métiers traditionnels à Alger ont aujourd’hui disparu, et par ailleurs, ils ont trouvé de plus en plus à s’employer dans leur pays même, où la culture des jardins a notamment progressé. Cependant on signale chez eux une tendance de plus en plus marquée à reprendre le chemin de la capitale pour des séjours plus ou moins temporaires ?.

Les Mozabites forment, dans la population indigène d’Alger, une minorité isolée, véritable communauté, importante sinon par le nombre, du moins par l’activité commerciale et les capitaux. S'ils n’ont pas conservé les monopoles que leur avaient conférés les Turcs, ils ont su du moins profiter de la prospérité générale. Les recensements sont à leur endroit,

qui sont propriétaires de quelques palmiers dans les oasis. Quelques-uns ont été amenés à émigrer par le dépérissement partiel de quelques palmeraies, comme c’est le cas pour une partie de celles du Ouled Djellal et de Sidi Khaled.

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