‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 304 sur 465 · Voir p. 513, note · texte numérisé non relu

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2. Le fondouk des huiles et le marché des bêtes de somme où ils travaillaient jadis, n'existent plus aujourd’hui. Des renseignements fournis par M. le chef de l’annexe de Laghouat, il résulte qu’une quarantaine seulement seraient domiciliés à Alger d’une manière plus permanente, tandis que 25 environ y viendraient annuellement chercher du travail, avec des retours fréquents au pays. Il est certain que l'achèvement du chemin de fer d’Alger- Djelfa-Laghouat déterminerait une émigration plus importante. (Rensei-

gnements communiqués par M. le commandant Bélandou, commandant le territoire de Ghardaia).

particulièrement décevants et suspects. En 1921, sans qu’on puisse établir les causes exactes de cette estimation évidemment fausse, il nous était impossible d’en relever plus de 367 sur les feuilles du dénombrement 1. Ce chiffre paraissait d’ailleurs correspondre uniquement à celui des commerçants établis, marchands de tissus, épiciers, bouchers, charbonniers, propriétaires de bains maures. Il est encore vrai que dans ce total ne figuraient pas d’autres gens venus des oasis du Mzab, mais d’une catégorie sociale inférieure et trop pauvres pour tenir boutique : cuisiniers de gargotes, bourriquotiers, porteurs de fumier, ouvriers du port, des fabriques de ciment et de chaux, des scieries, qui sont eux aussi de la secte religieuse Abâdite. Il ressort des enquêtes poursuivies auprès des notables Mozabites les mieux renseignés d’Alger et rectifiées par les autorités militaires des territoires du Sud ?,

1. R. Lespès. Alger. Esquisse de géographie urbaine. Alger, 1925, p. 95 et addendum p. 225. Les mêmes causes de sous-estimation ont certainement eu leur répercussion sur le chiffre donné, d’après le recensement de 1886, par Maurice Wahl. Les villes de l'Algérie. (Extr. de la Revue de l’ Afrique française. Paris, 1887), s. d. L’auteur dénombre en effet 325 Mozabites.

2. L'enquête poursuivie obligeamment en 1925, à Alger même, par M. le commandant Gautier avait donné les résultats suivants. D’après le Cadi Abâdite d'Alger, il y avait dans la ville 1.200 à 2.000 Mozabites ; un autre notable allait jusqu’à donner le chiffre de 3.000. M. le commandant Bélandon a bien voulu faire procéder, dans le territoire militaire de l’annexe de Ghardaia, à une enquête plus précise. Les conclusions du capitaine-chef d’annexe, sont sensiblement différentes. Il ressort des listes d'impôts que, en 1928, il y a 945 Mozabites établis à Alger comme commerçants ou employés. Il faudrait y ajouter 1° quelques Mozabites nés dans la ville même, non déclarés et échappant au recensement, fait d’autant plus curieux que les Mozabites n’amènent pas leurs femmes — celles du Mzab — dans le Tell où leurs séjours sont temporaires d’ailleurs; 2° quelques autres qui ayant quitté le Mzab depuis un certain temps se cachent à Alger ou dans la banlieue sous

que le nombre total des Mozaäbites résidant à Alger serait de 1.200 au maximum. Dans ce nombre ne figurent pas les Indigènes, originaires du Mzab, mais appartenant aux tribus arabes « agrégées » administrativement, telles que les Attatchas et les Châmbas. Tous les témoins s’accordent pour affirmer que le nombre des Abâdites de la capitale a beaucoup augmenté depuis la conquête, par suite de la facilité des communications et de l’expansion commerciale de la colonie 1. On sait par ailleurs que, en principe, cette population ne vit pas en ménage en dehors de son pays d’origine, qu’elle y revient fréquemment et qu’elle se renouvelle sans cesse, le Mozabite aspirant, comme au but final de sa vie laborieuse après fortune faite, à la retraite, dans sa ville natale, auprès

de faux noms et sont censidérés comme disparus dans leurs tribus d’origine qu’ils auraient intérêt à ne pas rejoindre ; 3° Enfin tous ceux qui pour diverses causes, surtout par peur de la conscription, se soustraient au recensement en s’absentant au moment voulu pour aller se cacher, généralement en Tunisie. En outre beaucoup de Mozabites préfèrent être recensés au Mzab dans leurs tribus d’origine ; scrupule religieux et peut-être esprit d'opposition aux lois françaises. Le dénombrement des Mozabites établis à Alger donne les quotes-parts suivantes pour les villes du Mzab : Bou Noura, 250 ; El Ateuf, 195; Beni-Isguen, 180 ; Ghardaiïa, 150 ; Berrian, 90 ; Melika, 50; Guerrara, 30. Total 945. Or nous n’avons pu en relever personnellement sur les feuilles de recensement de 1926 que 664, dont 271 domiciliés dans la haute ville (2€ arrt). On peut en conclusion estimer à 1.200 au maximum le nombre de Mozabites résidant à Alger. Il est à noter que le département d’Alger est dépassé sous ce rapport par ceux de Constantine et d'Oran qui occupent respectivement le premier et le deuxième rang. Il n’en est pas moins vrai que, selon les estimations les mieux fondées, 1/10 au moins de la population masculine des oasis du Mzab réside dans la capitale.

4. De la même enquête il appert que l’attraction progressive du Tell a eu pour conséquence l’emploi de plus en plus fréquent au Mzab des « khammès » arabes ; les jeunes Mozabites ont perdu le goût de cultiver eux-mêmes leurs jardins.

du jardin coûteusement entretenu et loin des impurs qui l'ont enrichi.

À Alger, ceux du moins qui tiennent boutique n’ont pas, à proprement parler, de quartier attitré. Cependant les marchands de tissus sont concentrés dans les rues de la Lyre et Randon, les bouchers principalement au voisinage du marché de Chartres. Les épiciers, les « moutchous » classiques, sont répandus à travers tous les quartiers ; c’est, peut-on dire, le seul commerce indigène qui bénéficie, de par sa nature sans doute, d’une pareille diffusion. Ajoutons toutefois que les listes de recensement désignent le 2€ arrondissement, le plus indigène par sa population, comme étant celui qui abrite le contingent principal des Mozabites.

Il est un autre élément qui jadis constituait une corporation de 400 à 500 individus mâles !, et qui aujourd’hui se trouve réduit à un nombre insignifiant : ce sont Îles nègres. Cette population a littéralement fondu, aucun doute ne peut subsister à cet égard. Depuis la suppression de la traite, elle ne pouvait guère se renouveler que par les naissances. Or ce moyen était inefficace ?, les enfants nègres ne pouvant résister au climat du Tell. En 1860, un auteur très averti sur les choses d’Alger déclarait que bientôt cette race aurait disparu #. En 1878, un autre écrivain notait ‘ que la fête annuelle

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