sur
en abrite 43 %, ; il y a là un groupe important de 7.269 [ndigènes. La présence d’un marabout vénéré, celui de Sidi Abder-Rahman, puis le développement industriel de la plaine voisine ont contribué à la création et à la croissance de ce quartier musulman, véritable îlot au milieu de l’agglomération européenne. Les deux arrondissements où la proportion des Musulmans est la plus faible sont le 6€, quartiers de l’Agha et de Mustapha inférieur (3 %) où l’on ne trouve que 1,6% de la population musulmane d’Alger, et le 5°, Bab-el-Oued (2,8 % et 1,4 % 1). Ce dernier quartier et celui de la Casbah sont donc ceux qui s’opposent le plus nettement, l’un comme agglomération musulmane, l’autre comme agglomération latine. Si d'autre part on tient compte du fait que la population indigène s’accroit surtout par l'immigration, on constate que les deux régions de la capitale où cet élément est numériquement le mieux représenté, la vieille ville et le faubourg du Hamma et de Belcourt sont précisément celles qui ont le plus profité des nouveaux apports. Elles ont réalisé, de 1921 à 1926, un gain total de 7.941 unités ?, supérieur au chiffre de l’accroissement total des Musulmans d’Alger (7.602). Par contre, dans la partie la plus française de la ville, les 4e et 6€ arrondissements, quartiers d’Isly, de lAgha et de Mustapha inférieur, il y a eu recul 8. Ces deux faits n’ont rien que de naturel.
1. 915 sur 25.856 habitants pour le sixième arrondissement — 814 sur 28.507 pour le cinquième.
2. 43.274 contre 37.450 en 1921 pour la vieille ville — 7.269 contre 5.152 pour le septième arrondissement.
3. Il est de 160 pour le quatrième et de 618 pour le sixième.
Aucune des populations indigènes de l’ancienne Régence : n’a fait preuve d’une souplesse et d’une faculté d'adaptation à la civilisation européenne comparables à celles des Israëlites. On sait qu’ils y ont gagné l’accès à la nationalité française, et nous ne songerions pas un moment à les isoler ici dans une catégorie spéciale, si l’histoire de leur évolution n’était particulièrement éclairée par celle de leurs déplacements sur le site de la capitale. Rien ne témoigne mieux en effet de leurs efforts pour concilier leur attachement aux traditions avec les exigences et les progrès de la vie moderne.
Lorsque nous avons pris possession de la ville, les [sraëlites étaient presque exclusivement cantonnés dans les quartiers bas de part et d’autre de la rue Bab-Azoun actuelle et à l’extrémité Nord du quartier de l’ancienne Préfecture !. Le percement des rues françaises et les démolitions opérées dès les premières années de l’occupation ? eurent pour effet d’en refouler une partie vers la haute ville, où l’exode des Musulmans leur permit d'occuper de nombreux immeubles. Le dénombrement d’Alger par quartiers effectué en 1838 nous en donne la répartition à cette date *. Le gros de la popula-
4. Voir p. 179. Les Juifs ont d’ailleurs participé à la modernisation de ces quartiers de la vieille ville. Dans le tableau de la situation de 1844-45 (p. 69) on lit : « Les quartiers habités par les Juifs ne sont plus comme autrefois sous l’ancienne Régence des foyers de malpropreté et d'infection, mais rivalisent avec les constructions des rues européennes ».