Exactement
5. 1.391 en 1921, 1.748 en 1926 pour le quatrième arrondissement (Isly) ; 1125 en 1921, 1.729 en 1926 pour Mustapha. Au total 2.516 en 1921 contre 3.477 en 1926.
où elle était agglomérée en 1871. Mais peu à peu, les commerçants cessent d’habiter les maisons où sont installés leurs magasins et leurs entrepôts pour rechercher des logements plus salubres et plus confortables ; les petits bourgeois abandonnent aussi la vieille ville. Un double courant entraîne ainsi vers le Nord et vers le Sud cette population que viennent renforcer sans cesse des apports de l’intérieur ; ils contribuent sans doute, tout comme ceux que nous avons signalés chez les Musulmans, à compenser dans les vieux quartiers les pertes déterminées par l’exode d’une partie de leurs habitants.
On voudrait pouvoir, dans une étude de la population européenne d’Alger, reconstituer l’histoire des variations de la population française ; car enfin il est du plus grand intérêt pour nous de savoir avec quelque précision ce que l’élément national représente dans notre capitale africaine. Il est regrettable que l’on ait dû renoncer, dans les derniers dénombrements, à faire la distinction des Français d’origine et des naturalisés ; sans aucun doute la discrimination devenait dans bien des cas impossible, par suite du peu de confiance que l’on pouvait accorder aux déclarations mêmes des individus recensés. Les documents officiels fournissent du moins des données sur quelques périodes de cette histoire. Après lavoir suivie jusqu’en 1844, on la perd de vue jusqu’en 1856, les statistiques ne distinguant plus Alger de ses annexes de la commune et du district. De 1856 jusqu’au recensement de 1886 inclus, on reprend le fil pour le lâcher de nouveau en 1891 ; les chiffres de ce dernier dénombrement et de celui de 1896 englobent en effet dans la même catégorie les Français d’origine et les étrangers naturalisés, en vertu de la loi récente
de 1889. On s’est avisé de faire la distinction en 1901, 1906 et 1911 ; elle disparaît en 1921 et en 1926.
De 1830 à 1843, l’élément français s’est accru avec une progression qui n’est interrompue par aucun recul et qui s’accentue sensiblement depuis 1836. On comptait, en 1833, 2.731 Français ; on en recense 13.260 en 18431, En 1856 le chiffre n’est guère plus élevé : 14.580. C’est que dans l’intervalle, après le « rush » que l’on découvre facilement dans les résultats globaux du district, avec un appoint de plus de 8.000 unités en deux ans, la crise de 1846 a provoqué un exode de plus de 10.000. Puis c’est la stagnation de 1856 à 1872 ; on en connaît les raisons ? ; la montée recommence ensuite
d’une allure plus vive $. En 1886, on dénombre 23.891 Fran-
1. Population française d’Alge, de 1837 à 1843 (31 décembre). Pourcentage dans la population européenne.
1837... 4262 —"43,319%, 1841.... 9758 1838 A5 302 PEL ONE 1843.... 13260
3. Population française d’Alger et de Mustapha de 1856 à 1926. Pour-
centage dans la population européenne.
Alger Mustapha Total Da
DÉTSNERI 14580 2013 16593 54 FO 16229 3015 18244 54
1S06ur Dar. 16561 3053 19614 52
TEAM 18216 5166 23382 54,5 * Les chiffres des CRT PRO RS 24180 8461 32641 57 années marquées d’une LESC ar 23891 9826 3971100557 astérisque comprennent MST, 38041 14276 52317 2 Lits ap LL A NECESS 42004 19699 61703 Re ne me ete 100b ES 0 32529 14980 47509 51 buts HODO PET 26990 24006 50996 51 Celui de 1911 est glo- OTHER 57730 51,9 bal faute de documents 2102108 50239 49758 99997 détaillés.
21926-E0crec. 57420 56182 113602
çais. En 1906, il y en a 29.060 ; soit un accroissement de 6.169 en vingt ans, soit 25,8 %, faible proportion comparativement à la population étrangère d’origine qui s’est accrue de 41,8%, et à la population indigène israëlite et musulmane dont le gain dépasse 40 %.
Mais ceci ne s'applique qu’à la commune d'Alger, dans ses limites antérieures à 1904. Si l’on ajoute à ces chiffres ceux de Mustapha, tout change. L’accroissement apparaît comme ayant été de 51 %, et l’on constate qu'à Mustapha, le groupe des Français d’origine et des naturalisés par décret individuel a gagné, de 1886 à 1906, 15.165 unités, c’est-àdire 154 %, tandis que la progression des étrangers d’origine n’était que de 127 %, pourcentage d’ailleurs élevé. L'écart n’est donc pas aussi grand qu’on pouvait le croire tout d’abord à ne considérer qu’Alger proprement dit. Cet examen de détail nous donne en outre une idée de l’exode qui a peuplé Mustapha et auquel la population d’origine française paraît bien avoir pris la part la plus considérable, puisque, dans un gain total de 27.705 habitants, elle figure pour 15.165.
Il convient de s’arrêter un moment à la date de 1906 : elle est en effet la dernière à laquelle nous puissions faire, sur ce sujet, des comparaisons suffisamment précises entre les diverses parties de l’agglomération algéroise. Il apparaît immédiatement que les arrondissements qui, par la nature de leur peuplement, ont la physionomie la plus française, sont le 4€, le 56, le 7€ et le 81, Si l’on sereporte au tracé de leurs
4. Sur 28.665 habitants des deux premiers de ces arrondissements, on compte 14.749 Français d’origine, soit une proportion de 51 %,. Dans le septième, 9.799 sur 16.752, soit 58 % ; dans le huitième, 6.945 sur 11.066, soit 62%.
limites à cette date, on voit qu'ils correspondent à la région située au sud des anciens murs turcs jusqu’au Champ de manœuvre, c’est-à-dire à celle où la ville a pris la plus grande extension, et aussi aux quartiers où l’ensemble des constructions rappelle le plus l’aspect des villes françaises contemporaines. Là 59 % de la population totale sont d’origine métropolitaine, et cette proportion est de 69% dans le quartier d’Isly :. A Bab-el-Oued (6€ arrondissement) elle n’est plus que de 26 %. Elle descend à 20 % dans la région moyenne de la vieille ville de 1830 ; elle tombe à 5,4% dans le cœur de la Casbah ?.
On peut se demander ce que représente l’élément d’origine métropolitaine dans l’ensemble de la population européenne d’Alger. Les recensements nous renseignent, avec des éclipses d’ailleurs, jusqu’à 1911 inclusivement. Antérieurement à 1844, le nombre des étrangers n’a cessé de l’emporter sur celui de nos nationaux qui alimentaient la main d’œuvre dans une moindre proportion. À partir de cette date, le pourcentage des Français nés dans la métropole ou en Algérie n’a jamais été inférieur à 50 ; il a même dépassé ce chiffre entre 1856 et 1886. Les dénombrements de 1901, 1906 et 1911 accusent plus de 51 %. Comme, il n’y a aucune raison de croire à la diminution de ce pourcentage, le nombre des étrangers ayant fléchi dans les dernières années, on peut conclure que la moitié au moins de la population européenne d’Alger est d’origine française. Elle constitue le noyau compact de près de 70.000
4. 7.541 sur 10.891 habitants. À Bab-el-Oued, 4.610 sur 17.507.
2. Le troisième arrondissement correspond à peu près à cette région. Or il y a 1.974 Français d’origine sur 9.784. Dans le deuxième (Casbah), 1.294 sur 23.580.
individus autour duquel se poursuit l’œuvre d’assimilation de ceux, Européens et Israëlites, que la législation a fait entrer dans notre nation. Aucune statistique ne peut nous rendre compte de l’état d'avancement de ce travail; mais on a le droit d’aflirmer que nulle part dans la colonie il ne se poursuit d’une manière aussi rapide et aussi profonde que dans les villes et surtout dans la principale. Capitale administrative, militaire et intellectuelle de l'Algérie, Alger reçoit de la métropole un apport continu d'officiers et de fonctionnaires civils dont beaucoup, par leur séjour prolongé, par des mariages contractés dans le pays et par la fixation de leur descendance, ont contribué à cette œuvre pour une part qui est loin d’être négligeable.
Entre toutes les populations européennes étrangères d’Alger, ce sont les Espagnols qui l’emportent par le nombre. ls étaient, en 1926, 16.397 sur un total de 25.021, soit une proportion de 65 %,. Dès le lendemain de l’occupation, accourus principalement des Baléares, ils dépassaient numériquement les Anglo-Maltais et les Italiens ?. En 1833 on en recensait 981, en 1838, ils étaient 3.346 ; en 1843, 8.164. En dix ans ils s'étaient accrus dans la proportion de 1 à 8, et leur pourcentage dans la colonie étrangère avait doublé, passant de 32 à 64 % 2. Lorsqu'on les retrouve en 1856, on constate plutôt un recul qu’une progression, si l’on tient compte de l'accroissement par les naissances, et malgré la supériorité du chiffre (9.102). Beaucoup d’entre eux, attirés par l’industrie