Population italienne d’Alger-Mustapha de 19014 à
de 1839 en a déjà fait rentrer beaucoup d’autres dans les rangs de la nation française. Or il en reste encore 7.431. Ce ne sont pas seulement des Napolitains ; les grands travaux publics ont depuis longtemps réclamé la main d'œuvre des Piémontais et des ouvriers du Nord de la péninsuie ! ; l’industrie du bâtiment utilise, outre les maçons italiens, de nombreux ouvriers de cette origine, qualifiés dans des métiers et des professions variés. Néanmoins cette population ne s’est pas accrue dans la même proportion que l’espagnole, et ie courant d'immigration est loin d’avoir été aussi continu, comme on pouvait du reste s’y attendre, en raison du plus grand éloignement des lieux de provenance : 15,2 % contre 20,2 % entre 1901 et 1921. Cependant l’excédent de la natalité y est plus fort. Peut-être y a-t:1l eu absorption plus rapide par la naturalisation automatique, les familles étant nombreuses ?. Peut-être aussi y a-t-il un ralentissement de l’immigration, hypothèse que paraît bien
ALGER..... 5713 5728 5891 6236 4568 Musrapna . 1718 1640 2190 2423 1676 Toraz... 7431 7368 8081 8659 6244
4. V. Demontès, o. c., p. 543. Le Milanais et le canton du Tessin (Suisse italienne) ont fourni beaucoup d’ouvriers habiles et d’entrepreneurs. Ce sont des Italiens qui ont démoli et reconstruit une partie de la haute ville et du vieil Alger. Les noms de Citati, de Parodi, de Martinetti, de Gambini donnés à des passages de la ville de 1840 rappellent ce fait. (Voir L. Piesse. Itinéraire de l’ Algérie, 1862, p. 38 et Aumerat J. F. Souvenirs algériens. Blida, 1898, p. 212.
2. Les familles de sept et huit enfants ne sont pas rares. En parcourant les recensements, comme en parcourant les rues du {€ arrt, on a l’impression d’un quartier d'enfants. Sur la natalité et la mortalité, voir D' Lemaire,
070, 1929/:p.:081et 106.
confirmer le dénombrement général de l’Algérie en 1921, où l’on observe une régression sensible dans l’arrondissement de Bône : ; le même fait s’est produit en Tunisie ?. En 1926 en tous cas le recul est nettement accentué, avec une perte de 2.415 unités, de plus de 27 % par conséquent. La partie la plus instable de cette population s’est éloignée d’Alger pour les raisons mêmes qui en ont écarté de nombreux Espagnols. Quant à sa répartition sur le territoire de la commune, la population italienne, comme l’espagnole, est distribuée sur le 4er, le 7e et le 5€ arrondissements, mais dans des proportions différentes. Le quartier de la Marine et de l’ancienne Préfecture est resté le plus italien de la vieille ville et de l’agglomération. On trouve là rassemblés, en 1926, près de 2.500 habitants de cette origine, pêcheurs, marins, charpentiers de marine, magaziniers, journaliers des quais, marchands de poissons et professionnels de petits métiers. La rue d’Orléans, la rue Duquesne, la rue des Consuls 3, et des ruelles telles que la rue de la Charte, la rue Renaud, la rue de la Révolution, la rue des Trois couleurs en contiennent à elles seules près de 1.500 Leurs familles nombreuses voisinent avec le prolétariat indigène, dans des conditions d’hygiène tout aussi déplorables. On retrouve, en parcourant le dédale de ce quartier, le parler, les mœurs et les odeurs des « bassi », des « fondaci » et des « vicoli »
de Naples. Le faubourg de Bab-el-Oued est, en 1926, après cette
1. Pour l'Algérie entière il y a eu une diminution de 4.868 ; pour l’arrondissement de Bône seul, elle est de 1.147.
2. Aug. Bernard. Le recensement de 1921 dans l'Afrique du Nord (Ann. de Géographie, 1922, p. 53 et 55.
3. La rue d'Orléans à elle seule en renferme 378, la rue Duquesne 257, la rue des Consuls, 143.
région, celle qui contient le plus d’Italiens ; il est à remarquer qu’ils y sont même, à cette date, plus nombreux qu’en 1921 1. Ils sont d’ailleurs disséminés un peu partout. Les quartiers de Belcourt et du Hamma exercent, depuis qu’ils ont pris un certain développement comme faubourgs industriels, une attraction évidente sur cet élément étranger ; les [Italiens y travaillent dans les usines, comme d’ailleurs dans celles de Hussein-Dey qui y confine. La tonnellerie est une de leurs spécialités. L’exode des dernières années a été ici, comme pour la population espagnole, particulièrement sensible. Dans les autres arrondissements de la ville, les Italiens sont représentés d’une manière très diffuse et très diverse. Beaucoup de professions sont éxercées par eux, depuis les plus simples, telles que celles de garçons de café et de restaurant, jusqu'aux plus délicates, par exemple celles de marbriers, mouleurs, peintres décorateurs, mécaniciens ; ils fournissent un nombre important de coiffeurs.
Les Anglo-Maltais ? ne figurent dans le dénombrement de 1926 que pour un chiffre faible : 403 ; c’est-à-dire qu’à s’en tenir aux chiffres des statistiques, on serait tenté de croire
1. Population italienne d’Alger-Mustapha par arrondissements, en 1921 et 1926 :
1921 Alger 1926 Compar. 1921 Mustapha 1926 Compar.
I 3386 2052 — 1334 VI 569 B&69 — 100 II 294 AA — 183 VII 1435 929 — 506 III 758 791 nu 133 ANTII 423 284k — 139 IV 729 457 — 272 nr Eu Eee AC Fos EC V 1065 1151 + 86 Tot. 8659 6244 — 2415
2. Population anglo-maltaise d’Alger et de Mustapha de 1872 à 1926 :
qu'ils ont perdu toute importance dans la colonie étrangère. Car, en 1833, ils étaient 689 ; en 1843, leur nombre était monté à 1865 et en 1856, on en recensait encore 1.306. Ils ont été parmi les premiers étrangers accourus à Alger en 1830 ; ils y ont apporté leur ardeur au travail, leur esprit d'économie, leurs aptitudes commerciales. On les a connus dans les premiers temps comme petits commerçants, débitants de boissons, gargotiers, épiciers, fruitiers ! ; ils exerçaient même le métier de pêcheurs ? que l’on ne retrouve plus guère aujourd’hui parmi eux. Le chevrier maltais était, il y a quelques années encore, un des types catalogués de la rue algéroise #. Il en est beaucoup, parmi tous ces immigrants de Malte et
ALGER..... 1.573 Ils ne sont 642 633 561 221 MusTAPHA . 294 pas comptés 223 281 221 182 à part. Cor FRE ee TE
Lorir re -1807 865 914 782 403
1. Aumerat, o. c., p. 215. Les vieux Algérois dénommaient certaines consommations « café maltais », (« champagne maltais ». H. Dumont. Alger ville d'hiver. Paris, 1878. « Tous les Maltais sont fruitiers et tous les fruitiers sont Maltais » (p. 72) écrit l’auteur avec quelque exagération. En 1856, on constate au Conseil municipal (Arch. M., 4 janvier) que la majorité des petits restaurants sont tenus par des Maltais. On comptait aussi jadis à Alger beaucoup de cochers Maltais et même des loueurs de voitures.
2. Dans les Tabl. de la sit. des premières années (1837-1848) on voit en effet figurer parmi les marins se livrant à la pêche des Maltais. Le chiffre maximum a été atteint en 1847 avec 192 hommes d'équipage sur 34 bateaux.
3. I] a disparu, atteint par l'interdiction des importations de chèvres dont le lait communiquait le microbe de la « fièvre de Malte », et par la défense de circuler en ville. En 1849 (Arch. M., 10 août) on se plaignait au Conseil municipal des déprédations que les chèvres commettaient dans les jardins de la banlieue ; un conseiller proposait de les détruire, à raison d’un cinquième par an.
de Gozzo, qui ont fait fortune et dont les descendants sont devenus propriétaires d'immeubles importants. De toutes les populations étrangères, c’est assurément celle qui a été le plus facilement assimilée : la loi de 1889 a consacré pour elle un état de fait. Par ailleurs, elle n’a pas reçu dans les quarante dernières années un apport proportionné à celui des deux populations précédemment étudiées.
Quant à sa répartition sur le territoire de la commune, elle n’a rien de bien caractéristique. Notons cependant que c’est à Bab-el-Oued et dans le 127 arrondissement qu’on trouve le plus de Maltais t. Dans le faubourg, ils habitent plutôt la périphérie, voisine de la banlieue d’où ils conduisaient naguère vers la ville leurs troupeaux de chèvres. Ils ont acheté des vaches et ont continué à exercer la profession de laitiers. Ailleurs, dans le 5€ et le 4° arrondissements par exemple, ils occupent des situations sociales beaucoup plus relevées. Cet élément étranger paraît bien appelé à se fondre rapidement dans la population française.
Il est impossible, faute de documents, de suivre l’histoire des autres minorités étrangères, qui ne sont d’ailleurs représentées que par un chiffre très modeste : 2.030 en 1911, 1881 en 1921, 1.977 en 1926. Les groupes les plus nombreux sont formés par les Suisses, les Anglais et les Belges ?. Les premiers sont venus de meilleure heure que les autres. En 1846, on en dénom-