Voir les Bull. mensuels du $. M. A. de l’Université
Au demeurant, ces considérations sont ici secondaires, bien que ces variations puissent avoir une influence sur les organismes humains.
Le régime des vents, qui en découle, mérite qu’on s’y arrête, ne fût-ce que pour comprendre celui des pluies. Alger est soumis au régime général des régions algériennes situées au Nord des steppes et du Sahara, c’est-à-dire à l’action et à la réaction de l’atmosphère méditerranéenne et de celle des hautes terres du continent. En hiver, et même depuis octobre jusqu’à mai, les vents prédominants sont ceux de la partie Ouest, (Ouest, Nord-Ouest et Sud-Ouest). La Méditerranée, mer chaude, attire les dépressions de l’Atlantique qui l’abordent plus ou moins près du littoral algérien, tandis que les hautes terres du Maghreb forment une dorsale de plus hautes pressions. Ces dépressions sont souvent symétriques de celles de l'Europe septentrionale. Le mécanisme de la giration des venis a été trop bien décrit et expliqué pour qu’on s’y attarde ici. Le vent du Sud, le sirocco, plus ou moins fort, annonce l’approche de la dépression, le vent du Nord en signale l’éloignement vers l'Est ; dans l’intervalle soufflent les vents de la partie Ouest. Inversement, dans la saison chaude, les dépressions tendent à s’établir sur les hautes terres surchauffées des steppes et du Sahara, attirant par suite des vents qui soufflent surtout du Nord et du Nord-Est. Il peut se former aussi dans cette saison des dépressions dans les régions européennes situées en bordure de l’Atlantique ; elles déterminent alors un appel des vents du Sud, du sirocco, qui amène des
1. Voir Thévenet (0. c.) et, du même auteur, Recherches sur la prévision du temps en Algérie. Alger, 1905.
montées de thermomètre et des maximas exceptionnels. On s’explique ainsi l’influence des courants atmosphériques sur le régime thermique des stations du littoral, telles qu’Alger. La persistance des vents du Nord-Ouest et du Nord, dans la saison fraîche, est la cause des minimas extrêmes, tout comme ceux du Sud provoquent l'ascension de la température. Il est heureux d’ailleurs pour Alger que la fréquence des vents du Nord et du Nord-Est soit un des traits du régime de l’été dont ils atténuent malgré tout les ardeurs. Notons que toute une partie de la ville d’Alger, l’ancien Alger et la partie Ouest de Mustapha se trouvent, par leur exposition et par le relief, abritées dans une large mesure des vents violents du Nord-Ouest et même du Nord, qui frappent tout au contraire de plein fouet les quartiers et les stations situées au Nord du promontoire de Sidi-el- Kettani. Ce fait a déterminé l'établissement de la «ville d’hiver » à Mustapha. Par contre la région Nord est mieux exposée pour ressentir l'influence des brises d’été : St-Eugène est, pour cette raison, devenu une station d’estivage.
La tension absolue de la vapeur d’eau à Alger ne diffère pas notablement de celle des autres stations du littoral algérien !. Elle présente, très normalement d’ailleurs, son minimum en hiver (7"Mm 6) et son maximum en été (17mm 5), Comparée à celle d’une station continentale comme Paris, elle lui est sensiblement supérieure, de 4MMm en moyenne pour l’année, de 2Mm8 3 en hiver et de 5m 8 en été?. L'influence de la mer
1. À Tunis, l'humidité atmosphérique est nettement inférieure, L’humidité relative est de 73 pour l’hiver, 69,6 pour le printemps, 69,6 pour l’automne et seulement de 55,6 pour l'été.
2. Pour l’évaluation, voir Angot, 0. c. p. 175. Pour les valeurs comparées, voir C. Sambuc, o. c., p. 72-74.
entretient un état généralement voisin de la saturation que signalent bien les valeurs de l'humidité relative, dont la variation annuelle est faible 1. Mais si l’on tient compte des écarts entre les températures moyennes de janvier et d’août (110 9 et 240 7), de l’hiver et de l’été en général (122), on se représente mieux ce que peut être pour l’organisme humain l’état hygrométrique d'Alger, à la saison chaude. Car ce ne sont là que des moyennes ; mais les maximas moyens de l’humidité relative oscillent entre 88 et 902. Cette humidité, combinée avec la haute température de l’air, exerce une action particulièrement déprimante que connaissent bien les habitants d’Alger. Ils ont qualifié par l’expression de «bain maure », la sensation de vapeur chaude enveloppante qui répond à l’état hygrométrique et thermique de leur ville, de juin à septembre. Cette circonstance contribue grandement à déterminer et parfois à précipiter l’exode annuel des Algérois vers les stations sinon toujours plus fraîches, du moins plus sèches de la Métropole. L’humidité atmosphérique a aussi certainement pour effet d’exacerber les sensations de refroidissement plus ou moins subit que l’on éprouve parfois à Alger en automne et en hiver 5.
1. Le Bull. du S. M. A. donne comme normales les évaluations suivantes :
Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept. Oct. Nov. Déc.
73 el 70 70 73 73 72 72 71 70 Te Te
2. En 1925, les chiffres ont été les suivants, pour les trois mois de l’été :
Juin tr... 90 2 D llet An Lo 95 Les écarts de la moy. de température ci 7. Ron 95 sur la normale étaient de A 04
3. Il n’est pas rare de voir, l’humidité s’étant déposée sur le sol, les trottoirs et les chaussées mouillés comme après une pluie légère. Notons à ce
Nous avons vu précédemment que l’insolation présente à Alger une durée particulièrement longue. La nébulosité dont elle est fonction, est en effet faible, comparativement à cebe de Paris ?. Elle lui est inférieure de deux points en hiver et de 3 en été. Ce sont à peu près les conditions que l’on trouve à Nice ?. Elles sont, comme on l’a remarqué, particulièrement heureuses pour rendre (énergique et efficace l’action des rayons bactéricides du spectre solaire »% ; elles font que, malgré la hauteur de ‘a température et du degré hygrométrique, l’été d'Alger n'est pas dangereux pour les races acclimatées ; c’est notamment l’époque de la moindre mortalité dans la population indigène 4.
Si la nébulosité est réduite à son minimum en été, cette saison est cependant celle où l’on observe le plus souvent des brouillards ; ce phénomène est beaucoup plus rare en hiver 5. Les instructions nautiques, qui doivent en tenir compte pour la navigation, le signalent comme étant carac-
propos qu’il y a une différence de 2 à 30 entre la température prise à 10 centimètres du sol et celle prise à hauteur d'homme.
4. C. Sambue, o. c. p. 72-74. La nébulosité est mesurée de 0 à 10 (Angot, 0.0. p: 211)