G. Bigourdan, o. c. Voir les cartes d’isonèphes
320NSambuct oc up. 74
4. Cette affirmation du DT Sambuc est confirmée par les tableaux de mortalité publiés par le DT Lemaire, directeur du Bureau Mun. d’hygiène. Il y a cependant une hausse légère en Juillet ; mais elle est due à la mortalité infantile dont le maximum est d’ailleurs en janvier. Juin à ce point de vue est l’époque du minimum. (Voir le Compte-Rendu des travaux de 1922-23, p. 119 et 126).
5. Nous avons calculé que, de 1916 à 1921 inclus, pour 235 observations de brouillards, 186 se rapportaient à la période mai-août inclus et 6 seulement aux mois de l’hiver
téristique du mois d’août sur la côte d'Algérie ; il coïncide généralement avec des vents d'Est!. Ces brouillards d’été peuvent être assez opaques pour réduire la visibilité à cinquante mètres au Cap Caxine ? ; le fait est plus rare à Alger, bien que l’on puisse constater parfois vers dix heures du matin que l’Amirauté est à peine visible de la Place du Gouvernement. Beaucoup plus fréquemment, le matin, au lever du soleil, l'horizon du côté de la mer est complètement embrumé, au point de gêner la navigation et de retarder l’entrée des navires. Le voile se déchire avec la montée du soleil, puis la brise de mer chasse les vapeurs, qui s’accumulent dans la cuvette de la baie, en estompent les horizons les plus proches, encapuchonnent la cime des coteaux et ne se dissipent qu’à la nuit tombée. Par ailleurs, en été, une buée plus forte que celle qui voile ordinairement en cette saison les horizons de la baie d’Alger est le signe avant-coureur du sirocco ; la sécheresse des couches supérieures de l’atmosphère, déterminée par l’arrivée des vents chauds, favorise alors une évaporation plus intense.
Les précipitations de pluie, à Alger Ÿ comme dans toute la zône du littoral, sont en relation étroite avec les vents de la
1. Instructions nautiques, 0. c. p. 13. Le tableau adjoint au texte indique pour les mois de juillet (observations du sémaphore de Bouzaréa) 14 jours de brume contre 6 en janvier. Le terme de brume que les météorologistes réservent pour désigner le phénomène du « brouillard sec » désigne ici le brouillard humide. (Voir Angot, o. c. p. 217).
2. Les observations faites au phare du cap Caxine en témoignent : du 26 au 30 juin 1921, brouillard « intense et continu »; le 8 juillet, aucune visibilité au-delà de 50 m. ; de même le 23 juillet 1922, le 8 août, le 17 juillet 1923, le 25 juillet 1926,
3. Angot. Etude sur le climat de l’ Algérie. (Ann. du Bur. cent. Mét. 1881,
partie Ouest, plus ou moins chargés d'humidité lorsqu'ils abordent une région côtière où la tension de la vapeur d’eau de l’air est toujours élevée : la saison fraîche, automne, hiver et printemps, est par suite la plus arrosée, et si l’on ne tenait pas compte du mois de juin, on pourrait dire qu’elle l’est exclusivement. Les moyennes mensuelles considérées par le Service Météorologique Algérien comme représentant la normale font parfaitement ressortir cette distribution générale : 1
Sept. Oct. Nov. Déc. Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Total
OM LRO LME 20 ALORS 0:57 188:m112 04 un 719
Un A ne. ne 24 EE
Ha 328 mm 166mm Dom 12
On voit d’après ce tableau que la période des pluies est essentiellement celle des trois mois de novembre, décembre et janvier, avec un maximum en décembre; que, par contraste avec celle-ci, les trois mois de l’été sont les plus secs, avec un minimum que linsignifiante différence enregistrée 1ci permet d'attribuer aussi bien à juillet qu’à août ; enfin que la progression depuis cette époque de l’année jusqu’en décembre est beaucoup plus rapide que la descente de la courbe sur le versant opposé. Celle-ci n’est d’ailleurs pas régulière ; car elle accuse une recrudescence de pluie sensible en mars.
t. I, p. B, 7-36. Paris, 1883) n’a établi ses conclusions que sur la période 1860-1879. Thévenet (0. c.) résume celles de 1838 à 1894. Les Ann. du Bur. central (observ. du réseau africain) permettent de les compléter jusqu’à 1914. A partir de cette date, ou dispose des Bull. du S. M. A. (Université d'Alger).
4. Ces moyennes ont été établies d’après les observations d’une longue
période (1848 à 1922).
Le groupement que nous avons fait des divers mois de l’année nous paraît donner une physionomie plus exacte de la répartition des pluies que la division classique en saisons. Avril et mai sont sensiblement moins humides que février et mars et se rapprochent davantage de septembre-octobre.
Mais de pareilles données, portant sur une grand nombre d'années, sont, de ce fait même, une image infidèle de la réalité : car elles dissimulent trop évidemment les caprices du climat d’un pays où l’on s’est toujours plaint de l’instabilité du régime des pluies. Les habitants, ceux du moins qui comptent de longues années de séjour, traduisent leur sens plus ou moins vague de ces variations en parlant de changements de climat ; des observateurs plus avertis ont patiemment déduit d’un examen consciencieux des résultats enregistrés par le pluviomètre des conclusions mieux fondées, qui permettraient de croire à un rythme assez régulier des périodes sèches et des périodes humides !. Nous nous contenterons ici de donner une idée des écarts les plus fréquents et de quelques extrêmes qui restent, en tout état de cause, des possibilités intéressantes à connaître. Aussi bien, si un citadin d'Alger n’a pas le droit de rester indifférent aux rapports de la pluviosité avec la prospérité agricole du pays dont la prospérité de sa ville même est fonction directe, du moins
1. Ph. Gauckler. La pluie à Alger. (Ann. de géographie, 1903, p. 324-332), avec un graphique intéressant p. 327) et plus récemment L. Petitjean. La prévision des précipitations atmosphériques en Algérie. (Congrès de l’eau. Alger. janv. 1928). L’auteur a établi la courbe des pluies à Alger de 1857 à 1927 ; elle témoigne d’une périodicité et d’une symétrie curieuses qui viennent à l’appui des observations et des conclusions de Brückner et de Wagner sur les variations périodiques de 35 et de 15 années.
[Comparaison des Pluies à Alger et à Paris de 1888-89 à 1907-08. (en millimétres)