‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 336 sur 465 · I. — Hisrorre DES TRAVAUX · texte numérisé non relu

I. — Hisrorre DES TRAVAUX

On peut distinguer dans l’histoire des travaux du port d’Alger trois dates essentielles qui permettent de la partager en quatre périodes : 1° De 1830 à 1848, on travaille à améliorer l’ancien port des Turcs, et, tout en reconnaissant la nécessité de l’agrandir, on hésite entre plusieurs solutions, ce qui n’empêche pas de pousser les travaux d’une jetée dont la direction doit, en cours d'exécution, se conformer à des programmes différents; c’est par excellence la période des tâtonnements. 20 En 1848, on adopte enfin définitivement un projet inspiré surtout par des préoccupations d’ordre militaire. L’exécution qui dure plus de vingt ans dote Alger d’un port qui, sans être parfait, suflit néanmoins à ses besoins. 30 En 1892, l’accroissement du trafic au-delà de toute prévision réclamant l’extension de la nappe d’eau abritée et surtout des quais et des terre-pleins, on se décide à adopter un nouveau programme d'amélioration et d’agrandissement, celui d’où est sorti l’arrièreport de l’Agha, constitué progressivement par deux bassins et trois môles. 40 Enfin de nouveaux progrès, traduits par le triplement du tonnage métrique en douze ans, conduisent à des conceptions beaucoup plus vastes et plus modernes, celles du programme de 1912, dont les travaux sont actuellement en cours d'exécution. |

19 De 1830 à 1846.

Le port que nous avaient laissé les Turcs était une darse d’environ 3 hect. 50 ares, profonde de 3 à 6 mètres et ouverte vers le Sud par une passe de 130 mètres ; elle pouvait contenir au maximum 60 bateaux de 300 à 400 tonneaux. Abri plutôt précaire ?, dont ils avaient maintes fois éprouvé l’insuffisance, et qui, médiocrement entretenu dans les derniers temps de la Régence, se ressentait de leur décadence maritime. Incertains sur la destination et sur la conservation même de leur conquête, les nouveaux maîtres d'Alger étaient bien obligés cependant d'utiliser ce mouillage, et à cet effet de l’entretenir et de l’améliorer. Les ingénieurs Noël, en 1831, Prus en 1832-1833, et Poirel de 1833 à 1837, travaillèrent successivement à refaire à neuf tout le corps de la jetée Kheïr-ed-din, qu'ils avaient trouvé dans un état lamentable, à combler les affouillements produits dans le massif même par les lames du large, à réparer le Grand Môle * dont le musoir était ouvert par une large brèche et à en doubler l’épaisseur, à reconstruire les quais de la darse du côté du Nord et du Nord-Ouest. La protection fut ainsi assurée, au moins du côté le plus vulnérable. Poirel avait utilisé pour les fondations à la mer, mais en la perfectionnant, une invention de l’ingénieur français Vicat, l'immersion de

1. Voir la description précise et le plan de Sander-Rang (0. c.). On trouvera un historique général des travaux du port d’Alger dans la notice de Trèves (Min. des Trav. Publics. Ports maritimes de la France. Paris s. à.

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