Ph. Gauckler, o. c., p
Raffeneau de Lisle ! présenta à lui seul, entre 1840 et 1841, quatre plans dont les trois premiers étaient inspirés surtout par des vues militaires ; c’était toujours Toulon qui hantait l'esprit de nos ingénieurs. À sa grande rade correspondrait la baie d'Alger, à la petite rade un avant-port d'environ 50 hectares, couvert du côté du Nord-Est par une digue de 770 mètres enracinée à la pointe Est de l’îlot de la Marine et dirigée vers le Sud-Est, aux darses militaire et marchande un port intérieur de 36 hectares, dont la partie Nord serait affectée au commerce, la partie Sud restant réservée à la marine de guerre. La jetée Sud qui le définissait aussi à l’Est courait du Fort Bab- Azoun à la Roche sans nom. Un quatrième projet, plus timide et plus économique, réduisait l’avant-port et supprimait la darse militaire en reprenant le tracé de Poirel pour la jetée Sud. Ce port eût été bien médiocrement abrité ; l’ouverture, de plus de 400 mètres, en aurait fait la proie de la mer. Bernard fit adopter, en 1842, par les conseils et par les Chambres, un contre-projet, sorte de compromis entre le programme de 1840 trop vaste et celui de 1841 trop restreint, Il reprenait le tracé de la jetée enracinée un peu au nord du ras Tafourah, mais 1l infléchissait la jetée Nord par une courbe, pour aboutir, à la direction Sud-Est un quart-Sud-Est, suivant les instructions données dès 1839 à Poirel?; et c’est finalement en conformité avec ce plan qu’elle se développa de 1842 à 1845, offrant une prise directe aux lames et constituant pour l’avenir un parti décisif sur lequel il serait désormais impossible de revenir.
4. Arch. centrales de la Marine. E. n° 50. Rapports sur la nécessité de modifier sans délai la direction du nouveau môle en construction au port d’Alger, 10 mai 1840.