‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 354 sur 465 · Ponts et Chaussées, 0. c:, 1912, p · texte numérisé non relu

Ponts et Chaussées, 0. c:, 1912, p

À. C'est-à-dire où les bateaux chargés de grains dans la mer Noire ou aux Indes venaient recevoir leur ordre de destination définitive.

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bonnage de nombreux clients venus de l’Inde ou de la mer Noire. Il y avait mieux : dans la colonie même un rival avait surgi depuis 1903. Oran qui, à cette date, avait ravitaillé 42 relâcheurs jaugeant 47.000 tonneaux, en ravitaillait, en 1911, 1.084 de 1.935.000 tonneaux !; on y préparait des aménagements et un outillage spéciaux. Il y avait enfin lieu de s'inquiéter de la substitution progressive du mazout au charbon, qui pouvait révolutionner les conditions de la relâche. Or dans les statistiques de la navigation, le tonnage de jauge des navires relâcheurs figurait pour plus de la moitié du tonnage total (aux entrées, 5.210.053 tonneaux sur 9.694.988 tonneaux, en 1915) et le tonnage métrique des charbons pour près de la moitié (1.789.738 tonnes sur 3.482.161 tonnes) ?. On comprend que toutes ces raisons commandaient une vigilance particulière et pouvaient susciter des alarmes

pleinement justifiées.

40 De 1912 à nos jours.

Le service des Ponts et Chaussées n’avait pas attendu l’achèvement de l’arrière-port de l’Agha pour envisager et étudier

4. Direction des Douanes. Documents statistiques sur le commerce de l Algérie. (Années 1904 à 1912 et particulièrement 1912, p. 46. Notice sur Oran). Les chiffres sont de 1903 à 1911 :

1903. ."42 navires jaug 47.079 tx 1908 +. 394 navires jaug. 673,443 tx 1904.. 190 — 305989 HONOËS 578 — 994.327 LOL 219 — 361411 1911.. 1.084 — 1.934.921

2. Chambre de commerce. Doc. Stat., 1913, p. 29 et Ponts et Chaussées, 0. c., tabl. 10.

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la création de nouveaux bassins. Un avant-projet d'extension du port au Sud-Est était présenté par les ingénieurs et adopté par la Chambre de commerce le 19 juin 1912. Après toutes les discussions et toutes les formalités, le projet de l’ingénieur Butavand, légèrement amendé, avait fini par réunir tous les suffrages ? et l’on pouvait, dès le 27 mai 1914, procéder à l'établissement du dossier définitif à présenter au Parlement. Il y avait eu un accord complet entre les diverses commissions appelées à statuer sur le projet pour en proclamer, non seulement l’utilité, mais encore la nécessité. Celle des inspecteurs généraux des Ponts et Chaussées, après avoir rappelé que le tonnage effectif du port avait triplé au cours des onze dernières années par une progression annuelle continue de 200.000 tonnes, ajoutait : « La prospérité de la colonie, pays encore neuf et aujourd’hui en plein développement, ne paraît

1. Exposé des travaux de la Chambre de commerce d’ Alger. Années 1912-1913. Alger 1913, p. 248-306. On y trouvera un plan au 1 : 8.000 de l’Avant-projet d'extension du port vers le Sud-Est.

2. La Commission nautique l’examina et l’adopta dans ses réunions des 12 et 13 novembre 1912 et la Chambre de commerce conclut dans le même sens le 20 novembre. Les 19 et 20 décembre la Commission des inspecteurs généraux des Ponts et Chaussées étudia l’avant-projet sur place et l’approuva, avec quelques réserves légères d’ordre technique et d’ordre financier. La Chambre de commerce adhéra à ces réserves dans sa séance du 26 mars 1913 : elle demanda la réalisation complète du programme adopté au moyen d’une subvention de 8 millions du département de la Marine, d’une participation de la Colonie pour 20 millions, et de la Chambre même pour 75, à réaliser au moyen d’un emprunt, de droits de péage et de la concession pour 75 ans des terre-pleins créés, Le Ministre de la Marine acquiesçait ; l’assemblée des Délégations Financières votait le 16 juin 1913 la participation demandée, le Conseil de gouvernement ratifiait sa décision. Les conférences mixtes et l’enquête d'utilité publique n’ayant soulevé aucune difficulté, la Chambre n'avait plus qu’à transmettre le dossier au Parlement.

pas près d'atteindre son maximum »1. La Chambre de commerce, s’adressant aux Délégations Financières ?, représentait que le mouvement du port d'Alger, en 1913, était d’environ 13.000 navires (entrées et sorties) jaugeant plus de 18.400.000 tonneaux, que le trafic dépassait 3.600.000 tonnes, que, à elles seules, les expéditions de minerai de fer atteignaient 1.500 tonnes par jour. Elle estimait donc nécessaire et urgent de constituer un port apte à la manipulation de 4.000.000 tonnes de marchandises et propre à recevoir 15.000 navires (entrées et sorties). « Mais, ajoutait-elle, on ne doit pas se borner à prévoir les besoins du port d’Alger d'ici à dix ans. On doit voir plus loin, et le développement énorme constaté depuis huit ans y oblige. Il n’est pas téméraire de prévoir pour Alger un avenir comparable à la situation actuelle de Marseille et de Gênes. C’est donc à créer un port de 7 millions de tonnes et de 18 à 20.000 navires qu'il faut travailler, et cela représente 13 à 14 kilomètres environ de quais accostables ?.

L'ouverture et la longue durée des hostilités retardèrent l’aboutissement du plan adopté; le projet de loi présenté par le Ministre des Travaux Publics et des Transports ne put

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