Idem, p
3. Des considérations d’ordre militaire étaient également invoquées pour justifier la participation de la Marine à l’œuvre projetée. Il était nécessaire d'offrir à la Marine de guerre et à ses Dreadnoughts un abri plus spacieux (l’avant-port) et des moyens de ravitaillement en charbon plus importants. Alger n’était-il pas « le troisième point d’appui ou de refuge qui doit, avec Toulon et Bizerte, assurer à la France la maîtrise de la Méditerranée occidentale, indispensable à la sécurité de l’empire colonial français ». Ces considérations ont perdu leur valeur depuis la dernière guerre.
être voté définitivement par le Parlement que le 21 avril 19211. Les travaux étaient estimés à 4162.500.000 francs dont la Colonie prenait 20 millions à sa charge, le reste de la dépense étant couvert par la Chambre de commerce au moyen d’un emprunt, de droits de péage et de l’exploitation des terre-pleins pendant 75 ans. On rappelait que le port d’Alger n’avait coûté jusqu'alors que 70 millions, y compris les travaux d’entretien, et que, pour ne pas parler des ports étrancers, le dernier programme d’avant-guerre en cours d’exécution au Hâvre exigeait à lui seul 87 millions ?. Il n’est pas inutile non plus de faire remarquer que l’adoption de ce projet grandiose à été décidée au lendemain d’une guerre qui avait profondément troublé les fonctions du port d'Alger. En 1918, le nombre des navires entrés et sortis était tombé à 2.075, leur jauge à 1.874.736 tonneaux, les relâcheurs n'étaient plus que 95, le tonnage métrique des marchandises s’était abaissé jusqu'à 836.958 tonnes, dont 302.536 seulement pour les importations, la houille ne figurant que pour 162.682 tonnes. Sans doute un relèvement brusque et continu avait suivi, mais 1l fallait une foi bien ancrée dans l’avenir — dont on chercherait en vain un pareil exemple dans l’histoire antérieure — pour oser entreprendre sans retard des travaux d’une telle importance. La prudence a d’ailleurs commandé de restreindre la déclaration d'utilité publique à une partie
1. Chambre de commerce d'Alger. Documents statistiques. Port d’Alger. Année 1921-1922, p. 26. Ce résultat a été dû en grande partie à la persévérance et à l’inlassable activité de M. Billiard, Président de la Chambre de commerce, dont le nom restera attaché à l’histoire de notre port africain.
2. Bulletin de la Chambre de commerce d’ Alger. Rapport de M. Billiard du 27 mars 1913.
seulement du programme ; encore les travaux ne seront-ils pas exécutés dès le début dans leur totalité, vu la hausse du prix des matériaux et des salaires.
Le projet complet « d'extension du port d’Alger vers le Sud-Est »!, devenu ainsi un programme idéal, comporte la création d’un avant-port et de deux grands bassins, soit au total une nappe d’eau abritée de 255 hectares.
L’avant-port, de 115 hectares, se développe au Sud-Est de l’ancien port. Il est couvert d’une part, du côté du Nord et du Nord-Est, par la jetée Nord prolongée dans sa dernière direction de manière à former une digue de 850 mètres, et d'autre part, du côté de l'Est par une jetée de 838 mètres légèrement infléchie, qui laisse entre elle et la première une passe de 175 mètres. Les préoccupations d’ordre militaire qui jadis inspiraient le projet de Lieussou ? et qui ne furent pas absentes dans les premières discussions du nouveau programme ont été dans la suite reléguées à l’arrière-plan. Il ne s’agirait plus désormais que de faciliter le redressement des navires entrants, avant leur arrivée à la passe de l’ancien port désormais mieux abritée, et surtout d’assurer la couverture des nouveaux bassins dont l’ouverture sera orientée au Nord-Nord-Ouest. Les plus grands navires, par exemple les bateaux de touristes d’un tonnage généralement élevé, pourraient s’y abriter dans les meilleures conditions et y évoluer sans le moindre risque à.
4. Voir le plan au 1 : 20.000 annexé aux Documents statistiques. (Années 1921-1922) et l’opuscule : Chambre de commerce d’Alger. Extension du port d’Alger vers le Sud-Est. Notice sur le port d’Alger. 1919.