Ginestous, 0. c
calcul des rapports entre les années les plus et les moins pluvieuses des deux stations. De ces nombres, qui sont respectivement pour Tunis et pour Alger, 1,87 et 2,5, il est difficile de tirer une conclusion. Quant aux moyennes mensuelles, elles présentent entre elles dans les deux stations des relations analogues. À l’opposite d'Oran et de Tunis, nous pouvons citer Djidjelli, la station la plus arrosée du littoral algérien : sa situation avancée et sans abri montagneux, la largeur de la Méditerranée sur le parcours des vents humides l’expliquent suffisamment. Pour une période à peu près équivalente (1879-93) 1, on enregistre une moyenne de 1007mm 1, contre 760 5 à Alger. Cette dernière station a donc bien, à ce point de vue, le caractère d’une moyenne entre Oran et Tunis d’une part, et Djidjell de l’autre.
De cet exposé 1l ressort que la station climatique d’Alger offre des conditions assurément favorables à l’hivernage, mais sous certaines réserves : une température de la saison fraîche relativement élevée, une faible nébulosité, une insolation fréquente, une absence à peu près complète de brouillard et de neige, mais une humidité atmosphérique et des précipitations assez importantes dans les années normales, contrairement à une opinion trop facilement accréditée auprès des métropolitains et des étrangers. De novembre à mars, il faut s’attendre à une moyenne d’environ soixante-dix jours de pluie sur cent cinquante, avec cette atténuation d’ailleurs que les journées sans éclaircies et les longues séries de jours pluvieux sont plutôt l’exception.
1. D’après les tableaux de Thévenet. A. Lasserre évalue le coefficient de variabilité de Djidjelhi à 1,7, Angot à 2,1.
Si lon compare ces conditions d’hivernage à celles que l’on trouve dans d’autres stations climatiques, telles que Nice et Ajaccio, on aperçoit quelques différences sensibles. Au point de vue de la température, Alger est certainement plus favorisé. La moyenne de janvier y est supérieure de 30 à celle de Nice, et de 20 environ à celle d’Ajaccio ! ; cet écart entre la station de la côte d’azur et celle du littoral nordafricain s’atténue d’avril à septembre ?, période de l’année qui n'intéresse pas les habitués de l’hivernage.
Quant aux précipitations atmosphériques, Nice en reçoit une plus grande quantité qu’Alger ; il paraît en être de même d’Ajaccio. Ces deux stations sont adossées à des reliefs beaucoup plus élevés que ceux du Sahel et influencées directement par les dépressions qui s’établissent pendant la saison froide dans le golfe de Gênes. Mais le régime des pluies est sensiblement différent de celui d'Alger. A Nice, comme d’ailleurs dans la région maritime du Sud-Est de la France ?, le maximum est en octobre et les trois mois d’octobre, novembre et décembre sont les plus arrosés, sous l’influence des
4. Annuaire du Bureau des Longitudes, 1923, p. 184. Moyenne de janvier à Paris (pour mémoire), Nice, Ajaccio et Alger :
PATES CRE Latitude : 48049 moyenne de janvier. 20,3 Nice RACE rer — 43041 — 8,4 ANACCIOn eee — 41055 — 10,2 AD OR ce — 36048 — 1479
2. La moyenne du printemps est de 140,2 à Nice. (G. Bigourdan. La température moyenne des diverses parties de la France. Ann. du Bur. des Long. 1912) ; à Alger, elle est de 15,9. Les moyennes d’été sont respectivement de 239,3 et de 23, 5.
3. À. Angot. Régime pluviométrique de la France. (Ann. de géog. 1921, p. 32- 49).
vents d'Esti. À Ajaccio, on observe le même fait, mais le maximum est en novembre, par l'effet du vent du Sud-Ouest, du « libeccio » attiré par la dépression du Golfe de Gênes ?. À Alger, il est en décembre et les trois mois les plus humides sont ceux de novembre, décembre et janvier. Il y a donc recul, du Nord au Sud, pour la période des grandes pluies. Le tableau suivant met en évidence ces différences dans la répartition des pluies ; les chiffres ont été établis pour la même période(1896-1910), la seule pour laquelle 1l était possible de faire entrer Ajaccio dans la comparaison à.
Oct. Nov. Déc. Janv. Fév. Mars Moy. ann.
Nice 134mm 95 HAS SD 75 159 NON der
Ajaccio 4100 126 96 62 60 76 746 Be" Lee
Alger 77 404 FLO 87 697 At Fe
On voit que l'hiver est sensiblement moins pluvieux que l’automne à Nice et que la pluviosité de cette saison augmente de Nice à Ajaccio et d’Ajaccio à Alger. Cette dernière station se trouve de ce fait dans un certain état d’infériorité vis-àvis des deux autres, de Nice surtout ; les hiverneurs ont des chances de rencontrer sur la côte d’azur un hiver plus sec
1. E. Bénévent. La pluviosité de la Corse. Rec. des trav. de l’Institut de géog.. alpine. Tome IT, p. 239 ; 1914, Grenoble.