‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 387 sur 465 · Trèves, o. c., p · texte numérisé non relu

Trèves, o. c., p

3. Renseignements fournis par l'Administration de l’Inscription Maritime, Nombreux étaient alors, parmi ces inscrits, ceux qui se livraient à la navigation fictive pour bénéficier de la loi du 24 décembre 1896 et n’accomplir qu'une année de service militaire.

4. On constate malheureusement que les fils de pêcheurs ayant reçu l'instruction ont tendance à abandonner la profession paternelle, trop peu

du reste qu’une partie du personnel embarqué sur les bateaux de pêche. Aux inscrits vient en effet s’ajouter tout un contingent étranger qui, strictement selon l’acte de navigation de 1793, ne devrait former qu’un quart de l’équipage ; en outre, le nombre de ces pêcheurs, dont beaucoup sont des nomades, connus sous le nom de « Gaëtani », se grossit, à l’époque de la pêche à la sardine, de renforts venus d'Italie, dont le contrôle est le plus souvent très difficile. Toutes les tentatives pour attirer et fixer des marins d’origine métropolitaine n’ont abouti qu’à des échecs 1. Il faut donc se résigner à franciser les Napolitains et les Siciliens et à les amener à une meilleure exploitation de la mer. D’aucuns préconisent, avec une foi que les faits du passé et du présent ne paraissent guère justifier, l’éducation de la population indigène et l’utilisation de la main d'œuvre kabyle ?.

À côté de la question du personnel, il y a celle du matériel,

lucrative ; les ateliers de salaisons, les friteries, et d’autres métiers sans rapport avec la pêche les attirent davantage.

1. H. Garrot, o. c., p. 85-110. Il y en eut dès 1845 à Aïn-Benian (Guyotville actuel), en 1848 et en 1872 à Sidi Ferruch, toutes au moyen de pêcheurs bretons. À la suite d’une circulaire du 18 novembre 1891, inspirée par des vues patriotiques inattaquables, mais aussi par un optimisme exagéré sur les richesses « incalculables » de la faune maritime d'Algérie, le Gouverneur Général Cambon fit créer en 1892, 1893 et 1897 les villages de Jean Bart et de Surcouf à l’Est du cap Matifou, de La Pérouse, à l’ouest, en face d’Alger. On installa 60 familles ; au bout de 5 ans, les nouveaux colons devenus propriétaires s’empressèrent de vendre leurs maisons et de quitter le pays. L’échec peut être attribué, moins au choix des pêcheurs et à la nature de l’initiative, qu’à l'insuffisance du matériel fourni, à l’absence d’abris suffisants et à la difficulté d’écouler les produits de la pêche,

2. On signale cependant dans le syndicat de Dellys un progrès réel dans le recrutement des pêcheurs indigènes. (A. Gruvel, o. c., p. 112).

des engins et des procédés de pêche. Elle est étroitement liée à celle de la réglementation. Or celle-ci a subi des variations qui témoignent de la diversité des opinions et de l’absence d’une doctrine bien établie !. Il était inévitable que le rendement de l’industrie elle-même en subît les conséquences. L'exemple le plus frappant est celui du filet-bœuf, filet trafnant remorqué par deux bateaux à voiles, les « pareilles » de 22 à 36 tonnaux ; c’est par excellence l'engin récolteur du poisson blanc, celui qui peut le mieux ravager les fonds. Or, sauf quelques interdictions temporaires, on le laissa librement opérer jusqu’en 1888, pour le reléguer alors au-delà de 3 milles de la côte, ce qui équivalait à le cantonner dans une zône insignifiante, linéaire pour le Syndicat d'Alger, et réduite à l’ouverture de la baie d’Alger, à peu de chose près. Le résultat fut d’abaisser le rendement de la pêche de 3.300.000 kilos à moins d’un nullion ?. En 1894, on fixa la limite intérieure de la zône accessible aux fonds de 40 mètres, du cap Chenoua (Ras el Amouch) au cap Bengut, avec interdiction complète de la fin de mai à la fin d’août 5. En 1912, la quantité débarquée à Alger s’était relevée à 1.676.600 kilos 4 ; en 1922, elle attei-

4. Il faut d’ailleurs reconnaître que la question a été souvent rendue délicate à résoudre par des considérations humanitaires à l’endroit de la population des pêcheurs naturalisés, vivant de cette industrie, à laquelle on ne pouvait pas du jour au lendemain, demander de changer ses procédés.

2. Dr C. Viguier, o. c., p. 24. Par le décret du 5 mai 1888, on appliqua sans considération des conditions spéciales au pays le décret du 10 mai 1862. Voir aussi Trèves, o. c., p. 640.

3. H. Garrot, o. c., p. 52-73. Rapport Félix Faure et décret du 2 juillet 1894. Arrêté du 5 juillet 1894 (D. C. Viguier, p. 25).

4, Ponts et Chaussées, o. c., 1912, p. 27. La plupart des chiffres qui sont mentionnés plus loin ont été empruntés à la même source ; nous ne faisons

gnait 3.089.835 kilos. Une interdiction absolue survenue alors ! fit de nouveau tomber les chiffres à 1.347.875 kilos. A la suite d’une croisière de l'Office technique et scientifique des pêches et d’un vœu du Congrès de Boulogne, on rapporta la mesure en 1923 ?, mais en maintenant l'interdiction pendant la période du 17 avril au 127 août et dans les fonds inférieurs à 50 mètres. En 1927 la pêche a produit dans le Syndicat d'Alger 4.316.879 kilos 5.

Cet exemple n’est pas le seul et la nouvelle réglementation de la pêche au filet-bœuf n’explique pas seule non plus ce dernier résultat. On ne paraît pas davantage avoir été bien fixé sur la nécessité ou l’erreur d'interdire à certaines époques le filet dit « lamparo » et la pêche au feu 4. Or la question a une grande importance, cet engin étant avec le sardinal le grand ravitailleur de la consommation et le grand pourvoyeur des usines et des ateliers de salaisons. D’après les documents officiels, le relèvement notable constaté à Alger en 1927, pour la pêche à la sardine, serait dû au nouveau règlement qui a autorisé ce dernier mode d’exploitation de la surface 5. Or si l’on consulte les statistiques de détail des divers poissons

donc pas de renvois spéciaux. On se reportera aux années correspondantes de cette publication.

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