‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 388 sur 465 · Exposé de la sit., 0. c., 1928, p · texte numérisé non relu

Exposé de la sit., 0. c., 1928, p

pêchés, on constate que la sardine et l’allache figurent toujours au premier rang pour la quantité !.

Il y a enfin une modification d’un grand intérêt qui a contribué et contribuera certainement de plus en plus à améliorer non seulement le rendement, mais les méthodes de la pêche, notamment celles qui ont trait à la recherche des champs d'exploitation. C’est l’usage de plus en plus fréquent de la vapeur et des moteurs à essence, qui permet au bateau, chalutier ou simple barque, d'opérer plus facilement, plus vite et dans un rayon plus étendu. En 1895, il n’avait été armé pour la pêche à Alger que trois bateaux à vapeur représentant 48 tonneaux ? ; en 1926, on en a compté 20, soit 600 tonneaux montés par 220 hommes d’équipage #. Le nombre des moteurs installés sur les barques augmente chaque année depuis 1923 et l’on est en droit d’attribuer à cette amélioration les meilleurs rendements de la pêche au lamparo 4. Les chalutiers pourvus de ces divers perfectionnements se sont essayés à la pêche dans les fonds de 500 et de 600 mètres, régions Jusqu’alors inexplorées 5. Les résultats ont été encourageants : ces fonds ont été reconnus particulièrement riches en grosses crevettes rouges 5

1. On trouvera ces statistiques dans les publications mentionnées du Service des Ponts et Chaussées.

2. Ponts et Chaussées, o. c., 1895, p. 29-30. 3. Sur les bateaux à moteurs, voir À. Gruvel, o. c., p. 72-73.

4. Exposé de la sit., o. c., 1925, p. 338-1926, p. 339. En 1927 (Exposé, 1928, p. 303) on comptait à Alger une quarantaine de bateaux munis de moteur.

5. Idem, 1925, p. 338 et 1926, p. 339. Un chalutage a été exécuté le 29 avril 1927, en présence des membres du X® Congrès (Bull., o. c., p. 232-233), à 40 milles au large, entre Sidi Ferruch et Guyotville par 500 et 600 mètres de fond. Le chalutier La Méduse a ramené dans la poche de son chalut 200 kilos

de poisson.

6. On observe dans les statistiques de la pêche (P. et Ch., o. c.) un progrès

et en squales d’une espèce particulière (centrophores) intéressants pour leur chair, leur huile et leur cuir.

On ne peut nier ainsi qu'il y ait un relèvement sensible de l’industrie de la pêche dans les dernières années 1. Sans doute, indépendamment des causes que nous avons signalées, convient-il de tenir compte de la hausse du prix du poisson, qui rend cette entreprise plus rémunératrice, et aussi des facultés d'écoulement vers l’intérieur, que le développement des transports automobiles a certainement accrues. Le port d’Alger a été amélioré ? de manière à permettre l’accostage des chalutiers à un môle spécial #, situé dans la partie Nord de l’ancien

port, à proximité du marché au poisson, des voies ferrées et

considérable dans la pêche de ce crustacé particulièrement apprécié. En 1895, le rendement était de 55.500 kilos, en 1912, de 77.470 kilos, en 1924, de 83.385 kilos, en 1925, de 294.500 kilos, en 1927, de 360.000 kilos.

1. Flotte de pêche attachée au port d’Alger, de 1895 à 1926 :

Bateaux à vapeur Voiliers Total Tonnage Effectif 1RÉPo mer 3 179 182 1.214tx 871h ALODOPPREEE 6 266 272 1.414 1.367 ASH ao 15 253 268 1.180 1.294 1808 oo 16 203 212 1.498 965 LODEPPESTE al 7 203 220 1.553 1.458 HODOPAEEEE 20 184 204 1.033 1.£98 166080 20 187 207 4.902 1.435

Quantités de poisson débarquées à Alger de 1895 à 1927 :

1895.. 1.482.420k 1922.. 3.087.835k 1925.. 2.694.560k AJUOPE 996.550 1923.. 2.407.670 1926... 2.341.850 1912.. 1.677.260 1924.. 1.347.875 1927.. 4.316.879 (Synd. d’Alger).

2. Rapport présenté le 26 avril 1927 par M. Lambert, capitaine du port d'Alger au X€ Congrès national des Pêches. Voir aussi p. 680.

3. Idem. Les chalutiers, n'ayant pas de postes fixes, étaient soumis à toutes sortes de tribulations.

des compagnies de navigation assurant les services réguliers avec la Métropole. Les bateaux pourvus de moteurs disposent d'autre part d’un réservoir spécial de 4 tonnes livrant l’essence au prix d'exportation ; 1l existe des prises d’eau, une cale de halage et des formes de radoub où les chalutiers peuvent entrer par groupes de deux, trois, quatre. On peut dire que désormais le port de pêche d’Alger est bien organisé t.

La consommation locale et régionale n’absorbe pas tous les produits de la pêche ; une partie importante est expédiée hors de la colonie. Le poisson frais, dirigé sur Marseille, y figure pour une faible proportion, quelques quintaux. Mais il existe dans le quartier d'Alger des ateliers de salaisons et des friteries qui travaillent pour l’exportation. Les premiers s’installent sur les petites plages de la côte à la saison de la pêche à la sardine et à l’anchois, de mai à la fin d’août, et attirent toute une population nomade de marins italiens ; quelques indigènes apportent aussi leur concours. Il en a fonctionné, en 1927, 15 dans le syndicat d’Alger ?, qui ont traité 712.000 kilos de poissons, notamment à La Pérouse, à Jean Bart, à Surcouf, à Port-aux-Poules, au cap Djinet. Le syndicat de Castiglione en a compté 39 et a traité 860.000 kilos. Des conserves ont

4. Il lui manque une installation frigorifique. Par ailleurs une usine utilise déjà les déchets.

2. Exposé de la sit., o. c., 1928, p. 308. En 1913 (Exposé, 1914, p. 223) on ne relevait que 17 ateliers de salaisons dans tout le quartier d'Alger, dont 40 à Castiglione, et 7 friteries ayant traité au total 735.500 kilos. Il est vrai que l’année était signalée comme déficitaire, avec une diminution de 700.000 kilos par rapport à 1912. Le rendement de la pêche de l’anchois a considérablement augmenté depuis 30 ans (20.000 kilos en 1895, 15.700 en 1912, 40.000 en 1923, 345.000 en 1926, 500.000 en 1927). Celui de la sardine et de

l’allache aussi, mais dans de moindres proportions.

été fabriquées dans huit friteries, dont six à Castiglione, une à Cherchell et une à Tenès, traitant au total 1.313.600 kilos. Il n'existe plus dans le quartier d'Alger qu’une seule madrague fonctionnant périodiquement, celle de Dellys.

Les exportations faites par le port d’Alger se partagent à peu près exclusivement entre la France et l’Italie ; celle-ci reçoit surtout des salaisons destinées à la région napolitaine, les conserves étant dirigées surtout sur la France. Le chiffre total qui était passé, entre 1903 et 1913, de 17.047 quintaux à 25.542 à atteint 33.608 quintaux en 19271. On a le droit d’espérer que les études poursuivies, les encouragements donnés à l’amélioration du matériel et les effets de l’exemple, la meilleure des propagandes auprès d’une population naturellement routinière, contribueront à développer cette intéressante ressource, dont on ne doit ni surfaire ni mésestimer la valeur.

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