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Il n’en est plus de même, si l’on considère cette position à un autre point de vue, et si l’on regarde non plus du côté du canal de Suez ou de la mer Noire, mais bien du côté du Maroc ou du Sud’. De ce côté de belles perspectives apparaissent ouvertes au grand port de l’Oranie, et l’avenir peut lui réserver un sort plus brillant encore que celui d'Alger. L’aire d’attraction et d'expansion commerciale du port d'Alger, dans son hinterland, est en effet limitée, et l’on ne saurait comparer le développement possible du trafic des régions steppiennes et sahariennes du département avec celui que l’on peut entrevoir à l'Ouest. Le Maroc oriental trouve son débouché naturel vers l'Algérie, et nous devons veiller à ce que ses importations comme ses exportations se fassent de ce côté et non par Melilia ou tout autre port espagnol du Rif. D'autre part, les confins marocains se révèlent riches en minerais, et nous savons combien ces matières lourdes sont intéressantes pour l’activité d’un port. Il ne s’agit plus que d’une question de voies ferrées. Même s1 on laisse de côté pour le moment la voie Transsaharienne, dont 1l semble bien qu’Oran doive être ia tête de ligne, mais dont on ne peut encore estimer le rendement, toute la région du Maroc oriental et la région algérienne voisine peuvent déverser ou attirer sur les quais d'Oran un tonnage fort important, de produits agricoles et miniers, ou de denrées coloniales, de produits manufacturés et de machines, rails, ete. Encore faut-il que ce soit Oran qui en soit le port et que l’on n’éparpille pas les efforts sur plusieurs points de la côte ; or sur ce point l’accord est loin d’être fait ?. Il est à remarquer d’ailleurs —

1. Aug. Bernard. Oran, port du Maroc et du Sahara. (Bulletin de la Société de géographie et d'archéologie d'Oran, 15 avril 1928, p. 83-98). 2. Voir par exemple les discussions sur la ligne directe à créer entre Oran

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et c’est une infériorité pour Oran — que ses voisins immédiats le long du littoral ne sont pas comme ceux d’Alger de simples satellites, mais bien des ports indépendants, dont la vie propre s’est déjà affirmée depuis longtemps. Mostaganem, Arzeu, Beni-Saf, et prochainement Nemours ne sont pas et ne seront jamais assimilables à Tenès, Cherchell ou Dellys qui ne sauraient être des concurrents pour le port de la capitale en lui enlevant du trafic. La question se posera ici aussi de savoir s’il y a lieu de multiplier les travaux ou de concentrer la plus grande partie au moins sur un objectif principal bien outillé, le port d'Oran t.

Telles nous apparaissent les données principales de la question. De toutes manières, l’avenir est loin d’être menaçant pour le port d'Alger ; mais 1l faut qu’il modernise son outillage, que l’exploitation en soit conduite en vue d’un maximum de rendement maritime et commercial, que sa fonction de port de réparation et de refuge soit développée, que les liaisons avec l’intérieur soient mieux assurées, et qu'aucun des moyens d'attraction, de la mer ou de la terre, ne soit négligé. Peutêtre aussi quelque jour, la question jadis débattue ? de la création d’un port franc, reparaîtra-t-elle, avec des bases et

et Oudjda (Exposé des travaux de la Chambre de commerce d'Oran, 1928, p. 134-196).

1. Si le choix de Nemours comme débouché du Maroc oriental a été définitivement arrêté, comme il le semble bien, dans la dernière conférence Nord-Africaine de Rabat, avec participation du Protectorat à la construction des lignes devant y amener le trafic, il faudra évidemment créer dans le port désigné un outillage important. Oran verrait-il s’évanouir une de ses perspectives de développement, de celles qui paraissaient les moins problématiques ?

2. Chambre de commerce d’ Alger. Etablissement de zônes franches dans les ports maritimes. Rapport de M. P. Rigollet, Alger, 1910.

des facilités nouvelles. Le développement industriel de la banlieue d’Alger et l’extension des terre-pleins du port autorisent à envisager l’utilité d’une tentative à laquelle on s’est jusqu'ici refusé en France. Les produits susceptibles d’être transformés pour l’exportation au moyen d’autres produits reçus d'outre-mer en franchise, ne lui manqueraient certainement pas, à commencer par les vins, les tabacs, les huiles, les lièges, les peaux. La question mériterait de nouvelles études.

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