‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 413 sur 465 · Idem, p · texte numérisé non relu

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2. Ch. Gouillon. Annuaire administratif et commercial des trois départements de l’ Algérie, Alger, 1877, p. 176-177, d’où sont tirés également les renseignements qui suivent.

le développement de la construction ouvraient à toutes les industries du bâtiment des perspectives encourageantes, L'introduction de la traction automobile dans une ville et dans un pays où la traction animale, électrique ou à vapeur se révélait de plus en plus insuflisante nécessitait tout un outillage et une main d'œuvre spécialisée sans lequel l’usage en eût été bien difficile. Enfin, d’une manière générale, les pays neufs parvenus à un certain degré de croissance travaillent à se rendre, dans la mesure permise, aussi indépendants que possible des pays de production et de fabrication qui les pourvoyaient dans leur premier âge, et tendent à traiter sur place leurs propres produits ou à manufacturer des matières ayant déjà subi une première transformation. L’Algérie n’a pas échappé à cette évolution ; ses ports, et notamment Alger, étaient tout naturellement désignés pour en éprouver les premiers effets.

D'autre part, c’est un fait avéré que, depuis la fin de la guerre, les usines et les ateliers se sont multipliés à Alger et dans sa banlieue, et que de nouvelles industries s’y sont installées. Sans doute peut-on voir dans cette reprise plus accélérée d’un mouvement que les hostilités avaient arrêté, quelque chose d’analogue à cette crise de production intensive qui a affecté l’Europe ; mais d’autres causes sont intervenues dans la colonie. On peut en donner ici comme raisons le prix élevé comme aussi la longueur des transports, l'interruption trop fréquente des relations maritimes avec la Métropole, les retards apportés dans la livraison des marchandises à une chentèle qui veut être rapidement servie. Cette dernière considération n’est pas négligeable dans un pays où la production et la consommation ont, comme le climat, un carac-

tère bien accusé d’irrégularité et de fièvre. On peut ajouter d’ailleurs que, si elle intervient comme un stimulant de l’activité industrielle, elle explique aussi cette instabilité qui, pour beaucoup d’établissements, est un des traits particuliers de leur physionomie. On ne saurait faire ici, faute de documents suffisants, une analyse de toutes les conditions dans lesquelles se sont créées et ont évolué les diverses industries algéroises ; du moins est-il permis, en les parcourant, de saisir quelques faits qui peuvent donner une idée des causes qui ont présidé à leur prospérité ou des obstacles qui ont ralenti leur développement.

On ne s’étonne pas que la première industrie créée à Alger, après notre arrivée, ait été celle de la minoterie. Elle trouvait un débouché assuré dans le ravitaillement de l’armée, que les moulins à vent installés par le Génie ! ne réussissaient pas à satisfaire. À Bab-el-Oued, où la force hydraulique était manifestement insuffisante, on dut y ajouter de bonne heure la vapeur. Aujourd’hui il existe sept moulins munis d’un outillage perfectionné, dont deux, l’un, à Hussein-Dey, et l’autre, à Maison-Carrée?, ont un rendement annuel de 300.000 quintaux, sur un total d'environ 900.000 qui place la minoterie algéroise au premier rang de la colonie. Le personnel compte environ 300 ouvriers sur lesquels les Indigènes

4. H. Klein, o. c., II, p. 43. Ces moulins, installés aux environs de la pointe Sidi el Kettani, sont figurés dans l’album de Otth (pl. XXVITT). En 1842, il existait à Alger deux moulins à vapeur, l’un au faubourg Bal-el-Oued, dont la première installation avait été faite en vue d’utiliser la force motrice de l’0-Mkacel, ce qui constituait une erreur singulière ; l’autre était au faubourg d’Isly, (Aumerat, o. c., p. 219). Sur les bords de l’Harrach on installa dans la suite un moulin à eau qui a fonctionné jusqu’à une époque toute récente.

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