Doc. stat., Port d'Alger, 1919, p
5. Léon Dachot. La fabrication du tabac en Algérie, Alger, 1900. Les pre-
miers achats de l’État datent de 1844 ; en 1854, ils atteignaient la valeur de 2.500.000 francs (p. 1).
lui fût largement ouverte. Les Maures qui pratiquaient le commerce du tabac, après comme avant 1830, se contentaient de le sécher et de la couper pour le débiter aux Indigènes, fumeurs de pipe et de narghilét. Les premières manufactures européennes, pourvues d’un outillage tout aussi primitif que celui des Maures, s’installèrent sommairement dans des maisons indigènes de la ville ; en 1877 encore, les trente fabricants d’Alger ? étaient cantonnés dans l’enceinte. Depuis cette date, et plus particulièrement depuis une trentaine d’années, Bab-el-Oued est devenu le siège principal de cette industrie qui y trouvait la main-d'œuvre féminine espagnole. De véritables usines ont remplacé les anciens ateliers, de nouvelles firmes ont surgi, l’outllage a été remarquablement transformé, un effort sérieux a été fait pour varier les types de produits et leur présentation ÿ. La fabrication des cigares, des cigarettes, du tabac à priser et à mâcher est pratiquée aujourd’hui dans seize établissements qui emploient 1.800 ouvriers, dont 1.070 femmes ; le total se répartit entre
1. Le narghilé est devenu plutôt rare à Alger, même dans les cafés maures. Quant à la longue pipe, si classique dans les gravures des premières années de notre occupation, elle n’est même plus un article de bazar pour les touristes. L'introduction du papier à cigarettes a amené cette petite révolution dans les mœurs des Indigènes. On fabriquait, en 1830, au faubourg Bab-Azoun, des pipes en terre faites avec une argile bleue qui rougissait au feu (Rozet, o. c., 1H19p. 91)
2. Dont 3 Maures et 8 Israëlites (Ch. Gouillon, o. c., p. 170-171).
3. Il ne reste plus que 3 petites fabriques dans la vieille ville ; deux, plus importantes, fonctionnent à Belcourt. Deux manufactures considérables, ayant employé en 1928, 108 et 259 ouvriers appartiennent à des industriels indigènes, 6, plus modestes à des Israëlites. Les deux premières firmes françaises (Melia et Job) comptaient respectivement à cette date 372 et 290 ouvriers.
350 étrangers, d’origine presque exclusivement espagnole, 375 indigènes en grande majorité du sexe masculm et 1.075 Français qui sont pour la plupart des noturalisés. Nous avons vu que ces manufactures alimentent une exportation considérable dirigée principalement sur les colonies et les pays de protectorat français. La prospérité de cette industrie ne va pas d’ailleurs sans éveiller quelques préoccupations relatives à la main d'œuvre, de plus en plus difficile à recruter, à cause du ralentissement de l’immigration étrangère, et peut-être encore plus à conserver, par suite de lattraction d’autres travaux plus rémunérateurs.
D’autres industries, utilisant en totalité ou en partie des produits du sol, ont accru sensiblement leur production pour satisfaire à la consommation locale et régionale, et même pour exporter dans l’Afrique du Nord. Il en est ainsi de la brasserie, de la distillerie, de la fabrication des boissons gazeuses, de la biscuiterie et de la confiserie, de la vinaigrerie, des conserves d’olives, de câpres et de fruits. Aux modestes établissements qui fabriquaient la bière à Alger — on en comptait, en 1877, quatre installés à Mustapha ? — a succédé depuis une quinzaine d'années, une grande brasserie, la plus importante de l’Algérie, dont la capacité de production annuelle a déjà dépassé 48.000 hectos %, chiffre très-supérieur à celui
1. Voir p. 708 et notes 1-2. En 1927, il a été exporté par le port d'Alger, 27.000.000 de cigares, dont 3.600.000 pour la France, 12.000.000 pour le Portugal, 2.100.000 pour Malte et Gibraltar, et le reste pour les colonies françaises, l’Indo-Chine figurant pour 3.300.000 ; 32.863.000 cigarettes dont 4.796.000 vers la France, 18.834.000 vers l’Indo-Chine (Doc. stat., 0. c., 1926-27, p. 385-386).