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2. Ce calcul est établi d’après les chiffres données par la Statistique industrielle de l'Algérie et les documents fournis par les inspecteurs du Travail. Ce ne sont naturellement que des approximations.
tries du fer, du bois, de la brique, du ciment, du charbon, du gaz et de l'électricité, du tabac, du liège, de la tannerie, des produits chimiques. Au demeurant il en est bien peu où ils ne figurent pas ; le plus souvent ils y sont simplement manutentionnaires. Les femmes indigènes ne trouvent place que dans quelques manufactures, celles de tabacs et d’allumettes entre autres, et pour une faible part d’ailleurs ; le nombre oscille autour de 200. Celles qui travaillent hors de la maison — et elles sont nombreuses — sont attirées par les métiers de domestiques, de femmes de ménage, de femmes de peine ; quelques-unes sont employées dans les entrepôts pour la manutention et le triage. Dans ces dernières professions, elles remplacent de plus en plus les Européennes qui les ont désertées. Dans la population européenne des usines, la main d’œuvre féminine, beaucoup plus considérable, est représentée par environ 2.500 ouvrières : on les trouve surtout dans les manufactures de tabacs, d’allumettes, de pâtes alimentaires, de biscuits, et de conserves, de chaussures, de bâches et de tentes, de bouchons !. Les étrangères en composent moins du tiers.
Pour conclure, on ne peut manquer tout d’abord d’être frappé par la multiplicité des fabrications et le grand nombre des établissements que révèle un examen même superficiel. À cela rien d'étonnant, si l’on songe que presque toute l’activité industrielle de la colonie est concentrée dans les trois principaux ports, Alger, Oran et Bône, par où arrivent les combustibles et les matières premières importées, et par où se font les exportations principales. Or nombreux et divers
1. Nous laissons de côté ici les ateliers nombreux travaillant pour l’habillement féminin ainsi que ceux qui travaillent pour la confection militaire.
sont les besoins auxquels elle doit satisfaire ; à première vue le champ des possibilités apparaît très étendu. Mais il y a, pour les réaliser, à surmonter des obstacles sérieux. On doit se garder évidemment des espoirs trop ambitieux et des comparaisons avec les centres industriels européens, où l’industrie, solidement assise, dispose de matières premières abondantes, d’un personnel de chefs d’établissements héritier de longues traditions et d’une main d'œuvre vraiment qua- Lfiée. À Alger, pour ne parler que de notre ville — mais on pourrait dire Cen Algérie » — les capitaux ne vont guère vers l’industrie ; on en comprend aisément les raisons. En second lieu, ceux qui sont à même de surveiller la marche des établissements sont frappés de l’instabilité générale des firmes. Il y a certainement des exceptions importantes ; mais une poussière de petits ateliers et d’entreprises plus ou moins éphémères gravite autour de quelques affaires bien fondées et durables ; le nombre ne diminue pas, tout au contraire, mais les traditions familiales sont rares. Les moins pessimistes n’y verront qu'un signe de jeunesse. On peut l’admettre ; mais il faut alors supposer, ou bien qu'il se formera dans la colonie même un personnel spécialisé et poursuivant de génération en génération une œuvre nettement orientée, ou bien que l’industrie européenne, la française tout d’abord, apportera son concours de capitaux, de compétence et de personnel. Une expérience, encore courte il est vrai, semble montrer que les entreprises récentes assises sur des affaires d'outre-mer déjà consolidées ont toutes chances de succès. Le prix élevé des transports d’objets fabriqués et par contre le prix inférieur de la main d'œuvre algérienne doivent attirer vérs l’Algérie nos industriels métropolitains.
Mais encore faut-il qu'ils y trouvent, sinon des ingénieurs, du moins des contremaîtres et des ouvriers qualifiés. Or, si pour certains travaux qui n’exigent aucun apprentissage spécial, on peut tirer de la population européenne et indigène une main d'œuvre suflisante, il n’en est plus de même pour beaucoup d’autres. Le problème n’a pas échappé à l’attention des pouvoirs publics et de quelques particuliers bien avisés et dévoués aux œuvres sociales 1. Pour ne parler que des institutions qui fonctionnent à Alger, il existe une « Société mutuelle de Préapprentissage » qui dresse de jeunes ouvriers. La Chambre de commerce et le Syndicat commercial algérien ont créé des cours professionnels où figurent, entre autres travaux, la métallurgie, la mécanique, la serrurerie, la chaudronnerie, la charpenterie, la menuiserie, la charpenterie de marine. L’Administration du Gouvernement général, secondée par les Assemblées Algériennes, a élaboré tout un programme d'organisation de l’enseignement industriel comportant deux degrés. Déjà fonctionne à Alger | « École pratique d'industrie » du Hamma, destinée à former des ouvriers qualifiés dans les principaux travaux industriels. Au-dessus, il a été créé un « [Institut industriel de Maison-Carrée », qui prépare des agents de maîtrise dans les industries du fer, du bois, de l’électricité, de la mécanique et dans les travaux publics. La « Maison de l'Artisanat », récemment fondée à Alger, forme des monitrices qui enseigneront aux femmes indigènes la technique des industries existantes ou à créer, en particulier celle de la filature et du tissage. Il va sans dire
1. Voir la Stat. ind., o. c., p. 225-298 et l'Exposé de la Situation générale de l'Algérie en 1927. Alger, 1928, p. 517-528.
que l’industrie d'Alger est appelée à profiter aussi de toutes les autres institutions fonctionnant dans la colonie, écoles pratiques, cours nombreux d’éducation professionnelle organmisés et patronnés, notamment dans les centres indigènes, par la Direction des Affaires Indigènes ou par l’Université. Nous croyons avoir suffisamment démontré l'utilité et la nécessité d’un pareil effort.
L'activité commerciale d'Alger peut être envisagée sous plusieurs aspects. Une agglomération de plus de 226.000 habitants, de plus de 280.000, si l’on y ajoute la population des communes de sa banlieue !, constitue tout d’abord un centre important de consommation qu’alimente en produits de toutes sortes le commerce local de gros, de demi-gros et de détail. On ne saurait entreprendre ici une étude de cette fonction : les éléments les plus utiles feraient défaut ou ne pourraient être extraits de l’ensemble des opérations qui font de la capitale algérienne une grande ville d’affaires Z. Du moins peut-on affirmer, sans crainte d’être contredit, que, dans les vingt-cinq ou trente dernières années, la demande comme l’offre ont été sensiblement amplifiées, non seulement par le simple effet de l’accroissement numérique de la population,