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supériorité plus accentuée depuis la guerre t. La matière première, le palmier nain (chamoerops humilis) s’est en effet raréfiée d’une manière générale en Algérie, et le Maroc oriental, limitrophe du département d'Oran, est devenu le principal centre d’approvisionnement. Cependant dans la région du Djendel, dans la plaine du Cheliff, autour de Duperré et de Pont du Caïd, on récolte de belles qualités, supérieures même à celles de l’Oranie, qui sont usinées sur place par les exportateurs d'Alger.
Les commerces que nous venons de passer en revue consistent essentiellement, mais pas exclusivement, en exportations de produits algériens. D’autres, non moins importants, approvisionnent la colonie de ceux qu’elle ne peut fournir et reposent exclusivement sur les importations. Ils sont nombreux et variés ; mais pour la plupart il est difficile de faire exactement la part des affaires de gros et du commerce de demi-gros, voire même de détail. Aussi devons-nous nous borner ici à parler des commerces de gros nettement concentrés dans quelques grandes maisons vraiment spécialisées. À ce point de vue, les quatre principaux sont ceux des tissus, des denrées coloniales, du bois et du charbon ; ils représentent en valeur près de 40 % des importations ?.
1. En 1926, le port d'Oran a exporté 273.547 quintaux, celui d’Alger 156.305. Les ports de l’Oranie ont expédié au total 429.282 quintaux. (Exposé des trav. ch. de com. Oran, o. c., p. 810 et 819).
2. C’est la proportion que l’on peut calculer au moyen des statistiques douanières. En 1926, ces articles y figurent pour 626.539.000 francs sur 2.223.855.000 francs soit 28 % ; mais dans ce dernier total sont compris les colis postaux dont beaucoup contiennent des tissus, et qui sont évalués à 315.485.000 francs ; par ailleurs, cette année-là, en raison des grèves anglaises, les importations de houille ont été exceptionnellement faibles.
Le commerce des tissus est certainement le plus important de tous les commerces d'importation : en 1926, la statistique douanière portait inscrite sous cette rubrique une valeur de près de 300.000.000 francs, certainement inférieure à la réalité’. Alger est inconstestablement la première place de la colonie pour cet article, et depuis la guerre, le chiffre des marchandises de ce genre entrées par son port dépasse celui d'Oran et de Philippeville réunis ?. Le nombre des maisons est d'environ 70, si l’on y comprend quelques maisons qui pratiquent aussi le commerce de demi-gros. La grande majorité est française ; quatre ou cinq seulement sont dirigées par des Indigènes . Il est vrai que l’on ne compte pas dans ce nombre les commerçants Mozabites, qui cependant ne sont pas seulement des détaillants, mais qui pratiquent aussi le commerce de demi-gros avec des chiffres d’affaires parfois très supérieurs à un million. L’aire d’expansion du commerce algérois des tissus dépasse de beaucoup les limites du département, grâce surtout à la clientèle indigène qui absorbe la plus grande partie des tissus de coton. Ce sont d’ailleurs ceux qui constituent le principal objet de ce trafic4. La France est représentée dans le total des importations de tissus par
1. Exactement 290.823.000 francs. Mais il faudrait, comme on vient de le dire, ajouter une partie de la valeur des colis postaux. On estime, au Syndicat commercial d'Alger que un quart au moins des importations (ad valorem) consiste en tissus. (Rapport de M. Albert Stora, 1929).
2. Oran a importé en 1926 pour une valeur de 128.290.000 francs en tissus ; Philippeville, pour 123.170.000 francs. (Dir. des Douanes de l'Algérie. Doc. stat., année 1926, p. 255).