G. Marçais. Histoire d’ Algérie, 0. c., p
jelli et Mostaganem. C’était une fortune subite et imprévue, dont Alger était redevable à la mer et au brigandage maritime.
Capitale, la ville des corsaires le fut aussi par le chiffre de sa population. Au milieu du xvu£® siècle, à l’époque la plus prospère de la course, plus de 100.000 habitants se serraient entre ses murs. Le peuplement s’était fait surtout par l’immigration d'outre-mer, avant comme après la venue des Turcs. Ville de réfugiés, Juifs et Musulmans d’abord, puis centre d'attraction pour tous les aventuriers de la Méditerranée, Alger ne recevait qu’un faible appoint des pays de l’intérieur. Les Turcs se méfièrent toujours des « Berraniya », les surveïllèrent et leur mesurèrent la place dans leur cité. On a vu comment cette population, essentiellement allogène, ne cessa de s’éclaircir, du jour où l’unique source de ses richesses fut menacée d’être tarie.
Quant à faire d'Alger une capitale commerciale, ou même simplement un centre économique, les Tures n’y songèrent jamais. Ils n’exploitèrent sa position dans la Méditerranée occidentale que pour les avantages qu’elle pouvait procurer à leurs entreprises de corsaires. Ils ne se préoccupèrent à aucun moment d’en faire un débouché de l’arrière-pays. Ils ne s’intéressaient guère aux territoires de la Régence que pour les tributs qu’ils en tiraient, et que leurs mahallas allaient chaque année recueillir, les armes à la main. De favoriser la production et les exportations, ils n’avaient cure ; ils les contrariaient plutôt. Ils laissaient incultes la plus grande partie du Sahel et de la Mitidja ; ils s’en remettaient aux Arabes et