‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 46 sur 465 · Idem., p. 518-519. Règlement du 8 déc · texte numérisé non relu

Idem., p. 518-519. Règlement du 8 déc

servent aussi d’intermédiaires avec Alexandrie et Chypre, entrepôts du commerce de l’Arabie, de l’Inde et de la Chine. Gênes, Narbonne, Montpellier, Marseille même arment de moins en moins pour Alger!. La piraterie a d’ailleurs progressé comme le trafic qui l’attire naturellement. Bougie en avait été le principal repaire à la fin du xrv® siècle 2? ; mais la conquête des royaumes maures d’Espagne et la prise de Grenade qui la termina en 1492, eurent pour effet de rejeter sur les côtes d'Afrique toute une population d’émigrants, qui s’accrut encore par la suite, lorsque la persécution sévit contre les musulmans restés dans la péninsule. Alger en reçut tout un contingent, dont les descendants furent longtemps distingués, parmi ses habitants, par le nom général de Morisques et les dénominations particulières de Moudejares ou Andalous pour les émigrants de Grenade et d’Andalousie, de Tagarins pour ceux qui étaient originaires de Valence, de l’Aragon ou de la Catalogne %. La population de la ville en fut accrue de quelques milliers d’unités. En 1580, Haëdo

1. Alger ne paraît pas d’ailleurs avoir eu de « fondouk » régulièrement installé, ni de bureau de douane, comme il en existait à Bône, à Bougie, à Oran ; nous ignorons comment s’y pratiquait le commerce.

2. H. D. de Grammont, o. c. p. 3-4, qui invoque Ibn Khaldoun et le chroniqueur espagnol Suarez Montanez. Une tradition transmise par Vasari voulait que le peintre Florentin Fra Filippo Lippi eût été prisonnier à Alger, à la suite de sa capture par les corsaires près d’Ancône, en 1431, et qu'il eût été relâché, grâce à l’admiration provoquée par son talent. Le Père Dan s’en est fait l’écho (Les illustres captifs, manuscrit analysé par MM. L. Piesse et H. D. de Grammont. Alger. 1884). Il fait d’ailleurs dater sa captivité de 1396, alors que ce peintre a vécu de 1406 à 1469. M. J. Alazard (Revue Africaine, n®% 330-331, 1er et 2€ trimestres 1927, p. 102-104) a montré qu'il n’y avait aucune raison à priori pour rejeter cette tradition.

3. Haëdo dans sa Topographie (0. c. chap. XI) note ces distinctions précises.

estimait ces immigrants à mille « maisons », ce qui peut représenter pour le moins six mille habitants 1. La haine dont ils étaient animés contre les Espagnols, leur connaissance des côtes de leur ancien pays, les intelligences qu’ils y avaient conservées, les encourageaient à s’unir aux Algériens dans des entreprises de course. Selon le chroniqueur Espagnol Mariana ?, Alger « terreur de l'Espagne était riche de ses dépouilles ».

4. Idem. Lorsque les Turcs s’installèrent à Alger, Aroudj et son frère Kheïr-ed-din en attirèrent beaucoup dans leur état naissant. Ils auraient fait passer ainsi la mer à plus de 10.000 (H.-D. de Grammont, 0. p. p. 3). Mais beaucoup ne s’établirent pas à Alger. Haëdo signale qu’ils formaient une partie importante de la population de Cherchell, même avant l’arrivée d’Aroudj, au début du xvr® siècle par conséquent. Voir aussi Marmol. L”Afrique, trad. Perrot d’Ablancourt. Paris. 1667, tome II, p. 399) et Fray Diego de Haëdo. Epitome de los Reyes de Argel, traduite et annotée par H.-D. de Grammont. Alger. 1881, p. 18). Il montre Aroudj emmenant d’Alger, en 1517, 500 arquebusiers formés par les Morisques de la ville.

2. Cité par Adrien Berbrugger. (Le Pegnon d’ Alger. Alger. 1860), p. 14-15.

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