‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 64 sur 465 · Paul Masson, o. c., p · texte numérisé non relu

Paul Masson, o. c., p

Depuis la fin du xvi® siècle jusqu’au milieu du xvrrr® le principal commerce d’exportation d’Alger fut sans contre, dit le trafic des esclaves chrétiens et des marchandises capturées par les corsaires. Que l’on consulte sur ce point Haëdo, Gramaye, le Père Dan ou Laugier de Tassy, la conclusion est la même, On ne comprendrait pas autrement l'intérêt que portait la population d’Alger aux expéditions des reïsi, ni l’appauvrissement qui résulta du ralentissement de la course. La rédemption des captifs, effectuée par l’intermédiaire des Juifs ?, fournissait des bénéfices importants pour le souverain et pour les particuliers. Quant aux prises, en dépit des interdictions prononcées par les gouvernements, notamment par la France et l'Espagne, elles ne cessèrent d’être rachetées par des commerçants Européens 5. Gramaye 4 déclare ainsi que, pendant les six mois de sa captivité, il est sorti de la Provence et du Languedoc, des ports du duc de

1. Gramaye (0. c., II, IX). « De negotiatione et mercaturis ». Le départ et le retour de la flotte étaient de véritables fêtes pour la population entière accourue sur le bord de la mer ; le marabout de Sidi-Betka était salué comme protecteur des corsaires. Les femmes même engageaient leurs bijoux pour prendre des parts dans l’armement des bateaux.

2. d’Aranda (0. c.) donne à ce sujet des détails intéressants. Voir aussi Haddey (o. c.).

3. « Is sont maintenant réduits à partager ce honteux commerce avec les sujets de la Castille et principalement avec les insulaires de Minorque » (GT Raynal; 0. e., IT, p.182)

4. Gramaye estime que le prix courant des rachats est de 2.000 livres par tête ; les Pères de la Merci rachetaient au xvur® siècle une moyenne de 140 captifs par an. En 1785, le Roi de France en a libéré 315 au prix de 644.200 livres et 60 pour 275.000 (G. T. Raynal, o. c., II, p. 133). Les prétentions des maîtres croissaient naturellement avec l'importance du personnage à racheter.

Savoie, Villefranche et Nice, de Livourne et de Gênes, 80.000 pistoles d’or, soit 800.000 livres destinées à peu près entièrement à ce genre de trafic, toléré d’ailleurs, sinon encouragé par les États italiens. Les Algériens conservaient de préférence pour eux les bois de construction, les armes et les munitions, les draps et les toiles, les cotons et les soies, les drogues et les épices !, et vendaient souvent à vil prix, les vins, les eauxde-vie, les bières, les huiles, les viandes et les poissons salés. Les acheteurs étaient généralement les Juifs d'Alger ?, les Juifs Francs surtout, qui revendaient ces denrées à des Européens de la ville ou les expédiaient à Livourne, grand entrepôt de leurs coréligionnaires * ; les bénéfices pouvaient atteindre

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