‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 67 sur 465 · Paul Masson (0. c., p · texte numérisé non relu

Paul Masson (0. c., p

2. Albert Devoulx. Relepé des principaux Français, ete., 0. c. Dans les dernières années du xvii® siècle, le chiffre maximum a été de 21 (en 1690). Généralement ils n’étaient guère plus d’une dizaine. Au xvin® siècle, dans les assemblées de la « nation française », on ne voit figurer que cinq à six personnes. Voir aussi, du même auteur À. Devoulx. Les archives du Consulat de France à Alger. Alger, 1865. En 1735 Tollot (0. c., p. 68) n’a trouvé dans la ville que le consul de France et sa famille, le chancelier, deux commerçants et l’agent de la Compagnie d'Afrique. Venture de Paradis (0. c., p. 168) notait en 1789, que les Français étaient réduits à la maison consulaire et à une seule maison de commerce. Von Rehbinder (0. c., I, p. 429) estime à 100 personnes le total des chrétiens libres établis à Alger.

3. A. Devoulx. Les archives du consulat de France (0. c., numéros 11, 26, 36). Ordonnance du 21 août 1685. — Ordonnance du 21 mars 1730. — Interdiction aux Marseillais d'acheter à Alger à d’autres qu’à des Français et de faire des envois à des Juifs ou à d’autres étrangers sous des noms d’emprunt.

le xvrre et le xvrrre siècles, la « nation française » ne compta guère plus de vingt personnes, et elle fut souvent réduite à bien moins. Le commerce français d'exportation, après avoir été partagé entre deux ou trois maisons, finit par être une espèce de monopole entre les mains d’une seule, la maison Gimon, de Marseille, la « Maison Française », comme on l’appelle dans les documents!. Les autres nations ne paraissent pas avoir cherché à développer leurs achats 2. Raynal notait, en 1775, que le commerce était disputé entre les Anglais, les Français et les Juifs de Livourne ; mais 1l ajoutait, relativement aux exportations : &« Les retours, quoique d’un quart plus foris que les expéditions, ne passent pas annuellement un million de livres. La moitié est pour la France, et ses rivaux se partagent à peu près le reste »5. Si médiocre qu’ait été ce

4. G. T. Raynal (0. c., I, p. 134) fait l'éloge de cette maison « placée sous la protection déclarée du Dey, qu’elle a su mériter par sa probité et sa patience ». Elle commerça de 1749 à 1787 sous cette raison sociale ; les maisons Paret (1787-1817) et Eydin prirent sa succession. Sur l’histoire des commerçants français à Alger, voir Albert Devoulx. Relepé des principaux Français qui ont résidé à Alger de 1686 à 1830, déjà cité plus haut.

2. Depuis longtemps, selon le même auteur (II, p. 132-136) les Suédois, les Danois, les Hollandais, les Vénitiens avaient renoncé à tout commerce avec Alger. L’approvisionnement seul de Gibraltar y attirait de loin en loin quelques bâtiments anglais. Les Espagnols essayaient d’obtenir des grains. Von Rehbinder (0. c., I, p. 429-431) parle de quelques marchands italiens de peu de surface et des deux seules maisons importantes : la française établie depuis un siècle environ, qui doit des sommes importantes au gouvernement et qui achète des marchandises onéreuses et inutiles au beylik, et l’anglaise, qui ne dépend d’aucune autre en Europe, qui périclite et dont le gouvernement anglais a payé les dettes en 1788.

3. Raynal. Histoire philosophique et politique des Etablissements et du commerce des Européens dans les Deux-Indes. Genève, 1775, II, p. 364-365. Von Rehbinder (0. c., I, p. 447-448) observe avec raison, et son témoignage

trafic de sortie, il est intéressant néanmoins de noter que Marseille y avait conquis le première place; ses hommes d’affaires, dont 1l faut louer la ténacité, estimaient que le développement en était possible et digne de leurs préoccupations !.

À la veille de notre arrivée en 1830, la situation générale ne s’était certainement pas améliorée ; les exportations avaient même été de nouveau dépassées par les importations ?. Un tableau du commerce général du «royaume d’Alger », à la date de 1822, que Shaler dit avoir copié « sur des documents authentiques », attribue aux exportations la valeur de 273.000 dollars d’Espagne, soit 1.365.000 francs, dont 800.000 pour les laines expédiées sur Marseille, Livourne et Gênes, 400.000 pour les peaux, 90.000 pour la cire et 75.000 pour les autres produits # En rapprochant ces chiffres de celui donné par Raynal, et en tenant compte du fait que Bône et Oran participaient à ces

est confirmé par les archives du Consulat de France, que le nombre des navires français est supérieur à celui des autres, parce que les autres nations ont des navires trop gros pour ces petits chargements.

1. Paul Masson (o. c., p. 584). L’auteur signale même que la Chambre de commerce de Marseille s’inquiétait de voir s’accroître le nombre des Algériens, des Juifs surtout, qui apportaient directement des marchandises dans son port, sans passer par l’entremise de ses commettants. En 1817, un Juif de Marseille, Isaac Tama établissait avec un Français Maurin le premier service régulier de bateaux entre Alger et Marseille (8 février). Ils s'étaient engagés à acheter un « fin voilier de 600 charges au moins » qu’on nommerait le « Courrier d’Alger » et qui ferait quatre voyages par an, aller et retour. Le Consul de France souscrit 4.800 francs par an, ceux d’Angleterre, des États-Unis, de Danemark, des Pays-Bas et de Suède, 500 chacun. (Bloch, o. c., p. 117-118). Il s’agissait sans doute de ramener le commerce à la voie dont il tendait à s’écarter.

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