‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 68 sur 465 · W. Shaler (0. c., p · texte numérisé non relu

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exportations, on ne peut que conclure à une diminution des sorties par Alger. Par là se trouve renforcée l’impression de médiocrité que l’on emporte de cette histoire.

Le commerce d'importation, autant que nous pouvons en juger, en l’absence de chiffres précis, dut être, pendant l’époque la plus fructueuse de la course, sensiblement plus considérable que le trafic d'exportation. Si les facultés de production du pays, contrariées sans cesse par les restrictions et les interdictions édictées par le gouvernement, ne pouvaient augmenter sous la mauvaise administration de ses maîtres, du moins ses facultés de consommation étaient développées par les bénéfices des corsaires, auxquels participait une bonne partie de la population, et par les goûts de bien-être, voire même de luxe qu'ils entretenaient. Il y avait, tout d’abord et avant de parler du superflu, des articles dont l’approvisionnement était une nécessité première pour ces écumeurs de la mer. Tout ce qui touchait à la construction et à l’armement des navires, à la marine et à la guerre, constituait une marchandise de choix. Bien que les forêts du pays, celles des environs de Cherchell : et surtout celles de la Kabylie, au voisinage de Bougie ?, aient fourni des matériaux pour les constructions navales,

1. Haëdo. Hist. (0. c., p. 18). Marmol (L'Afrique, II, p. 394) confirme ce témoignage en précisant le nom et la situation de la forêt la plus exploitée, la « forêt de la Mauvaise Femme », au Levant de la ville, peut-être dans le petit massif du Chenoua. La Régence organisa d’ailleurs un service de la conservation des forêts, ou plutôt de l'exploitation, la « Karrasta » qui fut confié au xvin siècle à un Mokrani (de Grammont, o. c., p. 237).

2. Ce fut dans la Petite Kabylie que les Algériens trouvèrent les principales ressources, chez les Beni Foural; on embarquait les bois à l’oued-Zeitoun, à Ziama, et à l’oued-Taza (Ernest Mercier, 0. c., III, p. 145 qui cite en

cependant les Algériens utilisaient aussi des bois du Nord: livrés par les Anglais, les Hollandais et les Suédois ; les Hollandais vendirent même quelques navires à la Régence. Ces diftérents peuples approvisionnaient la marine des corsaires d’agrès, d’apparaux, de fer, d’acier, de boulets, de poudre et d’armes ?. Les Anglais avaient pu, grâce à ces complaisances, obtenir dès le xrrre siècle des licences d'exportation et au xviri® Alger contribuait au ravitaillement de la forteresse de Gibraltar 8, Dans les traités de paix conclus avec quelques puissances, telles que la Hollande, le Danemark, la Suède, les États-Unis, figuraient à l’actif des Barbaresques des redevances payées en matériel naval et en munitions 4 Ainsi ces importations n’étaient-elles pas à proprement parler les articles d’un com-

note, les articles de Féraud dans la Revue Africaine et son Histoire de Bougie). Voir aussi Laugier de Tassy (0. c., p. 261). Selon cet auteur, les bois de Bougie servaient surtout à construire la quille et le fond des navires.

1. Dr Shaw (0. c., p. 208). Venture de Paradis (0. c., p. 140). Rozet (0. c., p. 384).

2. Il existait d’ailleurs à Alger une fonderie de canons et de bombes, le Dar-en-Nehas », voisine de la porte Bab-el-Oued, reconnaissable à sa coupole sur la gravure des premiers temps de la conquête.

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