Voir plus haut, p
rons de Cherchell et des forêts situées au Nord-Est du Zaccar de Miliana t,
On connaît le plan type de la maison dite « mauresque » ; depuis Haëdo qui l’a décrit ?, il n’a pas changé. Si nous éprouvons le besoin de le rappeler ici, c’est que, dans l’histoire de la construction d’un nouvel Alger et de la destruction de l’ancien, bien des erreurs, bien des contre-sens, bien des ruines auraient pu être évités, si l’on s’était toujours rendu un compte exact du caractère particulier de ces demeures, des intentions, des nécessités même qui en ont commandé le plan, de l’imprudence qu’il yavait à les renverser, de la sottise et de l’inélégance qu’il y avait à vouloir les européaniser.
Le seuil une fois franchi, on rencontre tout d’abord un vestibule, la « sqifa », salle d’attente des visiteurs, munie de banquettes de pierre, de marbre ou de maçonnerie supportant des colonnettes et des arcatures tronquées, d’un dessin spécial à, qui découpent souvent des niches dans la paroi du mur. Ce vestibule s’ouvre latéralement, autant que possible, sur la
1. Ces bois sont pour ainsi dire incorruptibles et d’une grande solidité. Le grand usage qu’on en a fait a appauvri les forêts, dévastées de longue date, dès l’époque romaine, où le « citrus » était recherché comme bois d’ébénisterie et exporté en Italie (St. Gsell. Histoire ancienne de l’ Afrique du Nord, tomes I, p. 145-147 et V, p. 211). Les rondins provenant de démolitions peuvent être encore utilisés et sont mêmes recherchés. Le cèdre a été employé dans les plus riches demeures pour les plafonds, les boiseries, les portes, les balustrades, pour les auvents abritant les portes qui sont alors souvent d’un travail délicat. Si la décoration des maisons était généralement l’œuvre de prisonniers chrétiens, italiens surtout, les menuiseries étaient le plus souvent l’œuvre des Maures eux-mêmes. L’acajou et l’ébène y ort été parfois employés (Guiauchain, 0, c., p. 83).