Haëdo. Top., ch. XL
Beau fraisier, Frais Vallon) qu’il compare, pour leur végétation et le grand nombre des habitations au littoral de Gênes *. Quelques voyageurs et les habitants eux-mêmes de la ville distinguaient d’ailleurs deux aspects différents du paysage, celui des collines du Nord, plus sec et plus aride, et celui des coteaux du Sud (Mustapha actuel) qui avaient mérité d’être appelés « l’aile verte » d'Alger ?. La plaine du Hamma, au Sud-Est de la ville, entre elle et l’'Harrach, était cultivée, du moins au xix® siècle. « Elle est bien habitée, dit Shaler, et produit des légumes en abondance pour la consommation d’Alger »%. Le chiffre de 10.000 jardins que donne Haëdo paraît quelque peu exagéré 4. Le Père Dan, qui parle aussi de la ferülité des environs de la ville, estime à 18.000 le nombre des propriétés qui s’y trouvent ; mais il étend le rayon jusqu’à huit à dix lieues et embrasse ainsi les domaines de la Mitidja $. En 1725, Laugier de Tassy est surtout frappé par la vigueur de la végétation, tout en reprochant aux habitants « d’abandonner la nature à elle-même ». S'il vante la beauté des vignes, plan-
1. W. Shaler (0. c., p 67) admire aussi le paysage du Frais Vallon actuel, « Une gorge profonde pénètre dans la campagne où se montrent dans des sites romantiques une foule de maisons de campagne ».
2. Les descendants des vieilles familles Maures se souviennent encore de cette appellation. Von Rehbinder (0. c., 1, p. 116-133) qui décrit bien les environs de la ville note que les pentes de la Bouzaréa sont «tristes et mélancoliques ».