‹ Algérie et TunisieChapitre 22 sur 107 · Fraction de tribu, village de tentes · texte numérisé non relu

Fraction de tribu, village de tentes

3. C'est-à-dire algérien et marocain, à l'est et à l'ouest du neuve Malouïa, qui coupe le Tell en deux.

4. Orientaux; les gens de l'Occident sont des Gharaba, c'est-à-dire des hommes du Gharb.

■qu'entourent la Syrte, la Méditerranée, l'Atlantique et le Sable se trouve non loin d'Oran, à peu près aux lieux où la Malouïa filtre en mer, là où le rivage méditerranéen se rapproche le plus de l'Equateur.

Les Ilachem servirent les sultans de Tlemcen en qualité de tribu maghzen ; autrement dit, ils furent les exécuteurs de leurs hautes et basses œuvres, moyennant exemption d'impôts ""et jouissance d'un territoire. Les Carthaginois, les Romains avaient, eux aussi, dompté momentanément l'indomptable Africain par l'Africain lui-même, en divisant pour régner, en armant les tribus mercenaires contre les peuplades fières, indignées, hérissées. Les Turcs également dominèrent surtout par les maghzen, et les Français se servent des turcos, des spahis et de la cavalerie légère des goumiers, contre les récalcitrants de l'Atlantide.

Donc les Hachem levèrent l'impôt pour les rois de la ville aux cascatelles; ils firent leurs guerres, le yatagan toujours prêt, le cheval toujours sellé avec le mors à la bouche. Puis, divisés, ils se déchirèrent; les uns descendirent dans la plaine d'entre Tlemcen, le Maroc et la mer; les autres s'en allèrent dans le pays de Mostaganem, ou bien au pied de l'Ouarensénis; d'autres s'établirent dans la vallée du Chélifî, au bas de l'altière Miliana ; d'autres encore plantèrent leurs tentes sur les plateaux de Bordj-bou-Arréridj, en cette Medjana si haut située que le vent du désert, le souffle de glace et l'haleine de flamme y rompent incessamment l'équilibre de l'air. Ainsi se sont de tout temps unies, désunies, collées, recolLées les tribus algériennes.

Les Hachem de Mascara, l'une de ces branches, furent le maghzen dévoué d'Abd-el-Kader; mais ils s'usèrent vite au service de leur sultan; singulièrement diminués déjà, ils perdirent les plus vaillants des leurs en 1842, par une razzia, dans une afl'reuse journée de mars.

Il neigeait sur les cinquante-neuf douars des Hachem, en tout plus de mille tentes; ils n'attendaient point les Français, qui brusquement arrivèrent, Yousouf en tète; Yousouf, l'homme dont on ne savait s'il était Maltais, Italien, Levantin, sinon même Arabe', le toujours alerte, le follement brave. On sabra sur la neige et sous la neige, dans la Sibérie du moment; la nuit vint, pâle et froide ; une lune blême éclaira ce qui restait de la fuite et de la poursuite^ les bœufs meuglants, les troupeaux bêlants, les chevaux hennissants, les femmes effarées et les enfants gelés.

Aujourd'hui les Hachem mascariens habitent comme auparavant les alentours de la « Mère des Soldats », mais Mascara n'est plus turque en même temps qu'arabe; les Français, les Espagnols y ont remplacé les janissaires de l'Odjac et les métis koulouglis; des villages de colons sont nés sur les champs à grains et les terres de parcours de la tribu; un Roumi possède près de la Rivière des Thermes -, dans un val incendié de soleil, le domaine de la Guetna, lieu de naissance d'Abd-el-Kader; d'autres Roumis, à Cacherou, profanent de leur présence les antiques oliviers, les vieux caroubiers, la claire fontaine de la zaouïa où médita le « sultan », là

où il sentit ses ambitions prendre l'essor, où même il se crut peut-être l'élu de Dieu en même

Page 1