CHAPITRE IV
L'Adrar Idréren. — La grande extumescence de la Berbérie ne monte souverainement dans les neiges que sur le territoire du Maroc. Là le Déren, l'Adrar, l'Atlas ' des Berbères dresse, entre le Tell et le Sahara, des pics dont les neiges luisent presque éternellement; vers les sources de la Malouïa et à l'horizon de Maroc il y a des Jungfraus, des Maladettas qui reçoivent assez de neige pour verser à l'Atlantique, et même au Désert, des oueds comme l'Algérie n'en a point, de vrais fleuves coulant toujours à pleines rives, tandis que nos rivières d'entre Nemours et Gabès unissent à peine par un ruisseau dans le sable, à l'ombre du laurier-rose, la tarissante lagune d'amont à la lagune presque tarie d'aval.
Les cols suprêmes des monts marocains ont une altitude égale à celle des cols supérieurs des Alpes, même des Alpes les plus sublimes; leurs « Monts Blancs », leurs « Pelvoux » s'élancent à 4 000, 4 500 mètres. En Algérie, les cimes les plus neigeuses n'ont leur blancheur que d'octobre ou novembre en mai. Pas une seule n'atteint 2o00 mètres, comme le mont majeur des Basques, l'Anie, qui n'est pourtant qu'une Pyrénée moyenne. L'Atlas algérien monte donc deux fois moins haut que le marocain.