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Mot berbère : pic, aiguille

torrents qui accourent de cascade en cascade, en des défllés de noire profondeur. Ce qu'il roule de trop manque à l'Oued-Sahel en sa A'allée poudreuse, ennammce, de soif mourante au pied du mont qui fait sa beauté. D'ici, du pied méridional de l'adrar, le Jurjura tente superbement l'ascension du ciel, d'un seul élan, sans terrasses, de haut en bas visible; tandis que des bords du Sébaou l'on ne voit que des avant-monts, et que, pour le contempler dans la gloire de ses déchirures, il faut gravir les pitons couronnés par des bourgades kabyles.

n. Tamgout de Lalla-KIiédidja. — 21 mètres de moins que le Chélia, c'est-à-dire 2 308 mètres, à cette altitude monte le pic majeur du Jurjura, le Tamgout de Lalla-Khédidja, ainsi nommé d'après une voyante, une thaumaturge. — L'Islam, dont on vante la simplicité, n'en est pas moins prodigieusement encombré de saints dont la plupart ont entassé les miracles les plus ridicules. Ce Tamgout s'élève presque exactement au midi du Fort-National, au nordouest de lîéni-Mansour, bourg riverain de l'Oucd-Sahel, qu'il domine de près de 2,000 mètres et d'où sa grandeur est magnifique. De par son élévation, c'est un mont des cèdres de même que beaucoup de djebels de l'Algérie supérieurs à 2 000, ou à 1 800, ou même 1 oOO mètres seulement; ainsi, tout près de Blida la Métidjienne, un mont de 1 629 mètres est sombrement cédrifère. Ce fut aussi un mont des glaces, mais de ses glaciers il ne reste que des moraines, à l'ombre du Ilaidzcr (2123 mètres). Entre l'Haïdzer et le Lalla-Khédidja, le Ras Timédouïn (2 303 mètres) est le second dans celle chaîne de craie qui plonge au midi sur les terrains lacustres de l'Oued- Sahel et descend au nord vers l'Oucd-Sébaou par des gneiss et des schistes. D'autres pointes ont 2 200, 2 1.jO, 2 100 mètres. C'est là le Haut Jurjura dont les 40 kilomètres font à peu près le quart de l'arête entière, qui a plus ou moins 130 kilomètres en arc de cercle, de Palestro sur risser jusqu'au Gouraya qui tombe à pic sur lu mer de Bougie.

De même que dans nos Pyrénées, du pays Basque au pays Catalan, les ports, très élevés, indenlent fort peu l'arête hispano-française, ici les tizi ' ne s'échancrent qu'à 1 aOO, 1 600, l 800, même I Uil mètres; de ces ensellements étroits, que des vents glacent, que des pluies fouettent, que des neiges encombrent, le sentier s'abat plutôt qu'il ne descend sur des villages de grande altitude ayant 1 000, 1 100 et jusqu'à 1 196 mètres de supériorité sur la mer.

IlL La Grande -Kaby lie. — Bien que très fldèlement visité parles souffles, les giboulées, les ondées, les déluges, le val du Sébaou ne s'ouvre pas franchement sur la JJéditerranée; une chaîne littorale l'en sépare, qui a 1 278 mètres au tamgout des Béni-Djennad. C'est là le sahel de Dellis qui commence au couchant par les roches volcaniques du cap Djinet et s'achève au levant par les calcaires et les craies du Gouraya de Bougie. Avec le val da Sébaou et la concavité de l'arc de cercle du Jurjura, il compose la Grande-Kabylie, pays célèbre entre tous parmi ceux de notre Atlantide, et sans contredit le plus beau.

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