Hœc est in gremium victos quio sola recepil
Humanumqiie genus commmii nomine fovit, «
Matris, non domina», litii, civesqiie vocavit Quos tiomuit, nexuque pio longinqua revinxit
(Claldik.n.)
LES RIVAGES ET LES OUEDS DU TELL ALGÉRIEN
loi
V. L'Oued Mellègue, Tebessa, le Kef. — Oued-Mellègue, Oued-Tessa, Oued-Ghezala, rejoignent la Medjerda dans cette expansion majeure de sa vallée; le fleuve en sort donc plus puissant en crue qu'il n'y est entré ; de l'étiage rien à dire, il est assez misérable. Ni le Tessa, ni le Ghezala n'ont de grandeur. Le Tessa ressembla jadis à une avenue sinueuse que bordaient, sur la colline ou dans la plaine, des bourgades romaines parées de monuments : telle Assura, Assura», Oppidum Assuritanum, aujourd'hui Zenfour ou Zanfour. Né au pied des hamadas, sur
Les carrières antiques de Chemtou. (D'après une pliolograpliie de li. Gagnât.)
des revers de déchirement, il va d'étroit en étroit, à travers des bassins fertiles appelés blad, ou bled (pays, terre), ou bàhirt (petite mer et, par extension, plaine). Le très court Ghezula, venant des forêts de la Kroumirie, roule des ondes pures; les plus secs étés ne l'abolissent pas autant que le Mellègue, qui est fort long.
Le Mellègue a bien 200 kilomètres contre les iGO de la Medjerda quand ils se rencontrent en aval de Souk-el-Arba; et il y a encore plus d'inégalité, à l'avantage du Mellègue, entre les aires drainées qu'entre les chemins parcourus. Très grande est pourtant la supériorité de la Medjerda qui ne descend jamais aussi bas que le Mellègue : celui-ci, séparé de la Méditerranée
io2 ALGÉRIE ET TUNISIE.
par plus de djebels, est un oued de Steppe errant sous le soleil qui l'appauvrit, dans un plateau dont l'alfa dénonce la sécheresse; celle-là est la rivière d'un Tell pluvieux.
Des deux oueds dont il tire l'être, l'un, la Meskiana, part de l'Aurès où ses sources avoisinent celles de l'Oued-el-Arab, torrent saharien. Meskiana, c'est-à-dire la Pauvre', et, en effet, née dans lindigence malgré la hauteur du djebel, la Meskiana finit dans la pauvreté malgré ses 100 kilomètres. L'autre, l'Oued-Chabro ou Chabrou reçoit plus d'eau vivante. Issu des monts tébessiens, il commence par la fontaine d'Aïn-Chabro, dont l'expansion dépasse 200 litres par seconde; il boit des sources comme celle d'Youks ou d'Okkous qui sont longtemps des torrents nocturnes dans les antres de la craie aurasienne avant de monter à la lumière par quelque « doux » intarissable; il absorbe ce que n'a pas consommé l'irrigation des jardins de Tébessa « où la monnaie de la Rome impériale avait cours en 1842, lors de l'entrée des Français ».
Cette ville est bâtie à 1 088 mètres d'altitude, au pied de l'Osmor, bastion du massjf des Nemenchas. Elle conserve maints monuments de l'époque où l'une des grandes routes du monde latin l'unissait à Carthage sortie de .^a ruine et devenue la seconde cité du domaine latinophone de l'Empire. En ce temps Tébessa, où respiraient, croit-on, 40 000 hommes, se nommait Théveste. Elle s'abreuve par le moyen du même aqueduc au même aïn que sous les empereurs togés de pourpre ; son arc de triomphe est toujours « quadrifrons », et l'on y entre ou l'on en sort par les quatres côtés au lieu de deux .seulement. Son enceinte de 7 mètres de hauteur n'a pas fléchi, qui reste intacte, avec ses treize tours carrées; à proprement dire, ce mur n'est pas romain, mais byzantin, et fait de pierres tirées par un général grec des décombres de la ville latine détruite par les Vandales.
Au nord-est de Tébessa, Haïdra et Thala, cette dernière à 60 kilomètres, l'autre à 40, sont parmi les lieux numides ou puniques, puis romains, où cent générations dorment, à jamais soulagées de la lourdeur des jours. Les 200 hectares de ruines et débris d'Haïdra (1006 mètres) sont l'effrondrement et la dispersion d'Ammœdara ou Admedera. A Thala — c'est là un nom purement berbère, que traduit le mot « fontaine » — la plupart des antiquaires fixaient le lieu où Jugurtha pensait sauver des Romains tout ce qu'il avait de plus cher, femmes, enfants, or et bijoux. La citadelle fut prise, mais ni femmes, ni filles, ni joyaux n'y récompensèrent les légionnaires de plus de six semaines d'assaut : les assiégés, ayant allumé leurs maisons, flambèrent avec elles, et l'assiégeant n'y trouva que des cendres, des pierres calcinées, des os. Ainsi avaient fait Sagonte et Numarice.
Or il paraîtrait que Thala n'est point cette redoute héroïque. Ce serait, non pas dans le haut pays, entre les bois, près des aïoun, mais tout au contraire dans les bas steppes, dans la région du dattier, de l'olivier, du gommier, entre la ville de Gafsa, les palmeraies des chotts et la mer, que l'usurpateur numide avait cru mettre â l'abri ses trésors.
1. Féminin de meskin : de ce terme arabe, l'espagnol a tiré son mezquino; et du terme castillan mezquino, les Français ont tiré leur mot « mesqnin •.
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